Archive for the ‘Objection !’ Category

Des héros urbains

Que peut-on faire contre un malotru de livreur qui se gare en plein couloir de bus et empêche tout le monde de passer ?superprof

Rien, apparemment, si l’on en croit un billet de Hell. Hell est une bloggeuse au style agréable, mais qui n’a pas peur de paraître "tête à claque" ou provocatrice, ni d’être politiquement incorrecte : elle s’en est déjà pris par le passé à ces assistées de mères qui osent espérer un coup de main quand elles doivent trimballer une poussette dans un bus. Elle est d’une fragilité et d’un mal-être palpables, avec des jugements d’adolescente  en croisade sans merci contre la médiocrité du monde qui l’entoure.

Hell, donc, s’est retrouvée coincée dans un autobus (encore!) avec quelques personnes.

Le livreur, donc, n’a pas cédé à la demande polie du conducteur de déplacer son fourgon de deux mètres (!) mais a fini par céder lorsque deux passagers s’en sont mêlés, chauffés à blanc.

Hell a pris le parti de rester en retrait et de se moquer intérieurement (mais supérieurement) des deux "salauds" (sic), à qui elle reproche, si j’ai bien compris, de s’être sentis des héros à peu de frais alors qu’ils ne sont que des individus très communs.

Moi je trouve qu’ils ont plutôt bien fait, les deux héros urbains. On est d’accord : une situation comme ça n’est pas la fin du monde. Certes. Mais ce genre d’incivilité, si mesquine soit-elle, m’insupporte. Le couloir de bus, c’est fait pour les bus, et la moindre des choses, quand on bloque la circulation et qu’on peut faire autrement en se déplaçant de deux mètres, c’est de le faire. Là, le livreur avait les moyens de mettre un bus entier devant le fait accompli (et de faire perdre une demi-heure à un nombre de personnes non précisé) et ne s’en est pas privé. Peut-être qu’il a fallu un héros au petit pied pour réagir à un villain au petit pied ?

Hell n’a pas non plus apprécié le physique des héros en puissance : une femme "dont la taille ridicule [lui] a donné envie de la faire valser d’une chiquenaude" (sic) et un professeur un peu trop vieux. Si je comprends bien, pour avoir le droit de ne pas se faire piétiner, aux yeux de Hell, il faut être jeune, grand, athlétique, et ne pas exercer un métier trop intellectuel. Moi qui croyais niaisement qu’il y avait d’autant plus de mérite à se conduire comme un héros (oui, même petit) si l’on n’en avait pas la carrure ou l’étoffe.

En plus, ce n’est effectivement pas facile de remettre à sa place un type comme ça, qui assume pleinement le fait de faire perdre son temps à tout le monde et qui exploite le fait que face à tant de mauvaise foi et de désinvolture, on n’a qu’une alternative : la passivité ou les grands moyens (appeler la fourrière?). Pas facile de faire face, avec la seule force de ses arguments, à la loi du plus fort infligée par un minable !

Paradoxalement, c’est d’autant moins facile que l’enjeu est faible. Cela me rappelle les escrocs qui s’arrangent pour que leur victime ne perde que quelques euros dans une arnaque. Elles ont trop honte pour protester, ce qui laisse aux aigrefins le champ libre pour la suite.

Rester en retrait et observer d’un air ironique et supérieur ceux qui essaient d’agir pour sortir d’une situation injuste (bon, d’accord, c’est une petite injustice, une broutille, mais une injustice quand même), c’était l’attitude la plus zen, certes, mais aussi la plus facile, si l’on a du temps à perdre….

Bon, d’accord, ça avait sûrement un côté absurde qui méritait un sourire intérieur. Mais ce n’est pas une raison pour faire l’autruche.

Darwin en culotte courte

Comment imaginez-vous la kermesse annuelle d’une école maternelle ?

Un truc super mignon et dégoulinant de bons sentiments ? Que nenni.

Déjà, sa raison d’être, c’est d’apporter un coup de pouce au financement de l’école, en mettant au maximum les parents à contribution. Eux, ils sont motivés puisqu’il s’agit de la vie sociale de leur rejeton. Qui, il est vrai, passe un super moment et fait ses premiers pas en tant qu’artiste choriste. Qu’on se le dise haut et fort : commercialement, c’est une arnaque.

C’est donc en faisant la queue pour racheter une part de la même salade que j’avais apportée un peu plus tôt, que je me suis aperçue qu’une maman resquillait dans la queue (donc pour gagner du temps sur une attente de trois-quatre minutes à tout casser).

La technique méritait d’être saluée. Madame faisait gaiement un bout de conversation à la personne derrière moi, puis se déplaçait insensiblement se se retrouvait à faire tout aussi gaiement la conversation à la personne devant moi. Et ainsi de suite.

Les autres queues pour les autres jeux étaient plus un amas de personnes de grande ou petite taille qui jouaient des coudes/donnaient des coups de sac à main pour passer avant les autres.

Voilà où le bât blesse. J’aurais pensé que ce comportement (déjà pas bien folichon ailleurs à mon avis) est à la limite de l’indécence, vu le contexte. Mais non… les gens ne sont pas moins rats qu’ailleurs, et ici aussi ils marcheront sur les pieds de leur prochain pour leur disputer des queues de cerise. C’est juste qu’ici, on ne peut se permettre aucune remarque parce qu’on est là pour la bonne cause et que ça gâcherait l’ambiance.

Bon à savoir pour la prochaine fois ?…. Je suis perplexe.

Chasse aux papillons

Je m’étais juré que l’on ne m’y reprendrait plus, mais me voilà récidiviste.

Normalement, on trouve difficilement plus borné réglo que moi en matière de prévention routière. Je n’ai pas tellement de compassion pour les automobilistes qui se plaignent de s’être fait flasher par un radar (en cas de fièvre, faut-il casser le thermomètre?) ou qui jugent qu’ils doivent adapter le code de la route à leur cas (par exemple, un "bon conducteur" autoproclamé aurait le droit de brûler les feux rouges la nuit, le fait d’avoir une grosse voiture permet d’infléchir les règles de priorité en sa faveur, etc.). Les règles sont peut-être arbitraires, mais elles ont le mérite d’exister et de créer les conditions d’un usage commun de la route.

Oui, mais là je me suis fait avoir par une règle TRES arbitraire. Le stationnement alterné.

Quelle règle de shadok ! Une place tout à fait autorisée au moment où l’on se gare qui devient formellement prohibée le lendemain. Et pourquoi faire ? Pour revenir au cas précédent, deux toutes petites semaines après. Ca devrait être interdit, une interdiction comme ça.

Et puis, quelle absurdité ! Jusqu’au 15 du mois à 23h59, cette place m’est ouverte sans limites et m’accueille en toute légalité. A partir du 16 à minuit pile, une pervenche a le droit de passer et de me coller un papillon sur le pare-brise. Evidemment, si j’ai le malheur de déplacer Titine avant 23h59, la même pervenche aura le droit de venir coller le même petit papier, mais un peu plus tôt.

Logiquement, donc, deux fois par mois, à minuit pile, PERSONNE ne doit être garé dans les rues où le stationnement est alterné.

J’en conclus que dans l’esprit du législateur, une immense partie des français citadins sont censés sortir de chez eux le soir, deux fois par mois, pour venir déplacer leur voiture, dans un ballet aussi gracieux que complexe. Pour être vraiment en règle, tout l’art consistera donc à démarrer le véhicule avant minuit, à faire un ou deux tours de pâté de maison, et à se regarer dans la même rue, mais de l’autre côté.  Vous imaginez les embouteillages ?

Evidemment, il y aura toujours des esprits bassement terre-à-terre et matérialistes pour me dire qu’il suffit de se garer le 15 au soir (ou le 31 au soir)après que les contractuelles aient fini leur journée de travail (après 16h au plus tard, donc?), pour échapper au couperet. Oui mais voilà, la loi de Murphy commande typiquement dans ce cas que j’aie justement l’esprit ailleurs ce jour là (alors que la veille, je me suis dit qu’attention, demain on était le 15, et que l’avant-veille, je m’étais dit qu’attention, après-demain on était le 15).

Ah, si la qualité de grande tête-en-l’airisme était reconnue comme circonstance atténuante devant un Tribunal de police…

Auto-censure

La disparition du blog BD de Nico Shark, commentée un peu partout, me met mal à l’aise. Oui, moi, qui suis à peu près aussi inculte en BD qu’en politique, je suis troublée.

Le week-end dernier, non seulement Frantico a cessé de tenir le blog BD, mais toutes les pages du blog ont disparu, mis à part le jeu "Nico Prout". Entretemps, le site a eu un comportement étrange, affichant une page d’erreur, qui, il est vrai, sent le canular (« error/gouv/rg/halt.htm »).

De quoi lancer toutes sortes de rumeurs sur des pressions politiques qui auraient fait cesser la parution de la BD.

Selon une interview, Frantico aurait décidé tout seul de mettre fin à la BD et aurait orchestré la fin du blog en la faisant dans un premier temps ressembler à s’y méprendre au résultat d’une censure.

Frantico s’est amusé à retourner contre Sarkozy sa mauvaise réputation en matière de pressions médiatique (pour promouvoir un futur album?). Cela a l’avantage de nous alerter davantage sur le personnage : oui, nous sommes capables de croire qu’il a cherché à censurer une caricature de lui, un malheureux dessin qui ne lui plaît pas. Cela s’est vu.

Oui, mais il a été aussi précisé que Frantico avait subi des menaces de mort, que le serveur Zanorg avait connu des attaques importantes et que Frantico se lassait de s’attaquer à des personnages "intouchables".

A partir de là, toutes les hypothèses sont permises. Et pourquoi l’interview de Frantico ne serait-elle pas elle-même le résultat de pressions ? Ou bien, au contraire, ces histoires d’intox et de menaces ne feraient-elles pas partie du jeu instrumenté par le dessinateur?

Frantico a joué à la victime de censure, à crier "au loup".  Il n’en faut pas plus pour semer un doute sur d’éventuelles futures victimes (et pourquoi pas les victimes passées et présentes?) du loup.

« … elle ou moi! »

"Je dois avouer que j’ai essuyé une petite crise de jalousie hier soir à cause de toi…" m’a répondu Spokenfor. Il avait laissé son ordinateur allumé et Madame Spokenfor s’est "étonnée" que l’on puisse s’écrire.

"Que lui as-tu dis ? Tu lui as expliqué ?" commençai-je par répondre. Puis, un doute m’est venu et j’ai terminé mon mail par "parfois une explication ne suffit pas, devrons-nous rompre le contact?".

"Je crains que oui, je m’y suis engagé". Comme quoi parfois il suffit de tendre une perche à un homme pour remédier à un accès de couardise. "Petite crise de jalousie", qu’il disait. Petit malin, va. Doux euphémisme.

Il m’a proposé de le contacter dans quelque temps, mais avec une autre adresse, en vue d’une activité à laquelle il m’avait proposé de participer cet automne (en toute chasteté!). Je lui ai répondu qu’à mon avis, il avait renoncé à être en contact avec une personne et non un pseudo. Bête Loyale à manger du foin. Je pense qu’il aurait été aussi gêné de contourner ainsi la promesse qu’il avait faite, que je l’aurais été de l’y aider.

Je ne reverrai donc plus Spokenfor.

C’est trop injuste ! Donc il ne me présentera pas son copain célibataire. Alors que je vois mal en quoi j’aurais pu représenter un danger pour son couple, sachant que 1) on ne s’est vus qu’une fois et la prochaine occasion qui devait nous rapprocher, c’était qu’il me serve d’entremetteur 2) Il a été remarquablement transparent avec moi, et je n’avais pas plus de vues sur lui que lui sur moi, 3) mon dernier e-mail tentait de le convaincre de l’importance de rester vrai s’agissant des circonstances de leur rencontre. D’ailleurs j’ai réussi, c’est déjà ça de gagné !

C’est pour lui que je me fais un peu d’inquiétude maintenant. Si l’on résume la situation, Spokenfor va donc, imminemment, fonder une famille avec une femme qui fouille dans ses mails et qui pique une crise s’il a une amie femme. Voilà deux choses qui me feraient fuir chez un homme !! Bien sûr, je ne suis pas seulement une connaissance féminine, je suis aussi un ancien contact Meatix, et je suis une connaissance suffisamment lointaine pour lui pour qu’il puisse faire une croix sur moi sans dommage. Soit.

Ben oui, mais s’il n’est pas capable de se dresser avec sa petite colonne vertébrale et d’expliquer à sa chérie qu’elle n’a rien à craindre et qu’elle peut lui laisser ses amies….

Enfin… c’est lui qui voit, hein…

Et vous, vous avez déjà vécu avec un(e) jaloux(se) ?

A partir de quel stade vous méfiez-vous d’un(e) ami(e) de l’autre sexe dans l’entourage de votre partenaire?

Quelles concessions seriez-vous prêts à faire, à qui seriez-vous prêts à renoncer pour rassurer votre moitié ?

D’art et d’effluves

Ce week-end, momentanément sans enfant, j’ai rendu une visite au petit cinéma de ma ville. C’est une petite salle, à deux pas de mon sweet home, pas très chère, et on peut y voir des films assez récents.

Oui, oui, j’y suis allée seule (Lex n’a pas voulu me croire… ), mais en me changeant et on me pomponnant quand même. D’ailleurs, tout le monde est sur son trente et un dans cette salle-là.

Donc j’arrive, laisse le jeune homme déchirer le ticket que je viens d’acheter, m’installe, regarde les bandes annonces…

…et là, une odeur incongrue, mi munster, mi moisi, vient me chatouiller les narines.

Quelqu’un mangerait-il un morceau de camembert bien fait dans le cinéma? Dans ma ville si correcte et bien-pensante ?

Je regarde à gauche : rien à signaler.

Je regarde à droite…:

Une de mes voisines de derrière vient de se déchausser et de poser son pied nu entre deux sièges. Et moi, j’en sens les relents à trois sièges d’intervalle. Berk !

C’est la deuxième fois que cela m’arrive. La première fois, j’étais à un seul siège des orteils surélévés et à l’odeur s’ajoutait la sensation un peu gênante de voir un truc bizarre au coin de mon champ de vision.

Je conçois que ça doit être agréable et excellent pour la circulation de se délasser ainsi les pieds… mais mince alors, vous trouvez ça correct, vous ?

Les fuyants numériques

Avez-vous déjà reçu ce genre de texto ? "Salut, comment vas-tu?".

Agaçant, non ? Voilà un ami, une connaissance qui daigne se rappeler de vous, mais ne prend pas la peine de décrocher le téléphone ou même vous envoyer un petit mot par mail pour vous proposer se voir. Et qui en plus voudrait vous obliger soit à commencer une sorte de tchatt par sms (oui, si vous lui répondez, vous avez la garantie de recevoir un second message avec une autre question… et non, je n’ai pas un forfait qui me permette d’échanger des banalités à volonté par sms avec tous mes amis!) soit de le/la contacter à votre tour d’une autre manière. Autrement dit, on vous laisse le soin, soit d’entrer dans le même jeu, soit de faire l’effort qu’on n’a pas daigné faire. J’y vois un manque de courtoisie.

J’ai affaire en ce moment à un prétendant d’une espèce particulière. Il s’agit au départ d’un meatix boy avec qui il n’y avait pas eu d’ "étincelle", mais avec qui je trouvais les échanges très intéressants et agréables. Nous nous sommes rencontrés une fois, et il m’a aussi posé deux lapins. Le paradoxe, c’est que depuis, non seulement il n’a plus reparlé de se voir et laissé choir téléphone et e-mail pour me parler, mais qu’il m’envoie ça et là des sms d’un genre particulier.  Belle Cinn, comment vas-tu depuis tout ce temps, moi je suis débordé de boulot. Belle demoiselle, je me sens si bien avec toi, tu me manques terriblement. Belle Cinn, je pense à toi.

Autrement dit, il se languit, mais en ayant pris l’initiative de limiter nos rapports à la forme la plus superficielle et la moins riche qui soit. S’il faut en croire "Msn Dating & Personals" (je n’ai pas retrouvé l’article), le sms étant la manière de garder le contact qui demande le moins d’application, un garçon qui limite à cela ses échanges avec une femme a des intentions au-dessous de la ceinture ! Pire, je n’ai le choix qu’entre deux rôles : 1) la cruelle qui l’ignore et qui le laisse souffrir, 2) l’éperdue qui lui court après en le suppliant de la revoir et en se chargeant de tout organiser (ah oui, un côté maman aussi, donc).

Touchant, mais exaspérant.

Moi, les sms, je les vois plutôt comme utilitaires (puisqu’ils ont l’avantage de faire passer un message sans beaucoup déranger) ou outils permettant de faire un clin d’oeil à quelqu’un, un petit mot comme ça, en général sans obligation de réponse, le nombre de caractères limités permettant de surcroît de se livrer à un exercice de concision (j’utilise peu le "langage sms"… encore mon côté vieux jeu).

De nous deux, il doit certainement y en avoir un encore plus tordu que l’autre, mais lequel ?

To fool or not to fool

Il était une fois Invidia, une jeune femme visiblement stupide, vulgaire, égoïste, méchante et prétentieuse, mais qui se décrivait comme parfaite, physiquement et moralement. Son avatar était un plan rapproché de la générosité de son bonnet D (voire E). Le nom de son blog ? "Parfaite en tous points". Après des billets où le trait de provocation était devenu de plus en plus gros, ce blog a, à ma connaissance, disparu. Je n’ai jamais été sûre à 100% de son inauthenticité. Quelle démangeaison intellectuelle ! J’y étais devenue régulière, même si je m’amusais plus, à la fin, des commentaires qu’Invidia suscitait que du contenu des billets en lui-même.

Dans "Princess Bride", (le livre), William Goldman présente son histoire comme des extraits d’un livre beaucoup plus long -et rasoir!- qui serait essentiellement une satire politique. En somme une intrigue tout à fait secondaire et insignifiante aux yeux de Simon Morgenstern, l’auteur originel. Il nous explique avec moulte détails, tous plus fictifs les uns que les autres, comment il en est arrivé à rédiger cette version "expurgée". Le jeu avec le lecteur, dans ce cas, est patent.

Là où le romancier dit : "Je vais vous raconter une histoire (….quitte à ce que ce soit un peu la mienne)" le bloggeur dit " je vais vous livrer mes pensées (… même si ce sont, au choix et pêle mêle, mes rêves, mes histoires, mes mensonges, mes passions, mes compétences et ma vie)". Autrement exprimé, à mes yeux de néophyte, le romancier est présumé être dans l’imaginaire (même s’il s’inspire de la réalité) et le bloggeur présumé être dans la réalité, même s’il présente son imaginaire comme une réalité.

Je n’ai absolument rien contre l’idée de blogs fictifs ou semi-fictifs (réalité enjolivée…). Les possibilités sont infinies et il serait dommage de s’en priver. Il est de sucroît franchement sain, que ce soit devant une oeuvre littéraire (blog ou autre) ou un site (ou support) journalistique, de pouvoir se questionner sur l’authenticité de ce qu’on lit.

Oui, mais jusqu’où peut-on faire confiance à la clairvoyance d’un public tout en prétendant continuer à le respecter ? Le bloggeur qui provoque joue avec les réactions de ses lecteurs, lesquels peuvent éventuellement réagir légitimement à une situation perçue, au départ, comme réelle. Il ne joue plus avec eux, il se joue d’eux. Et si cela pouvait même parfois conduire à des situations dangereuses ?

 

C’est aussi un jeu parfois , pour des sites d’actualité, de présenter de fausses nouvelles présentées comme vraies. Au lecteur le plaisir du jeu de discerner le vrai du faux… Je vous parle des poissons d’avril, bien sûr, qu’alliez-vous imaginer ?

A partir de quel moment est-il nécessaire de préciser qu’une oeuvre est une oeuvre de fiction lorsqu’elle présente l’apparence de la réalité ?

Jusqu’où peut-on jouer ?

Connectus interruptus

Eclair de génie. J’ai compris pourquoi tant le monde se connecte du boulot.

Ils sont comme moi. Ils ont une connexion pourrie chez eux.

La mienne, de connection, a des caprices de diva. Le pire, c’est quand on n’est pas bien sûre si ‘elle est interrompue ou non. Tout mouline interminablement, puis, miracle ! Une fenêtre s’affiche, imparfaitement certes, mais prouvant incontestablement qu’une poignée d’octets ont réussi à passer à travers les mailles de la "Toile". Mais c’est pour mieux continuer à mouliner tout en m’empêchant de me décourager complètement.

Je soupçonne le personnel de mon fournisseur d’accès (qui restera anonyme, je ne vais pas faire ma cafteuse, mais ça commence par un O et c’est un nom de couleur) de  me couper volontairement l’accès au net plus ou moins aléatoirement, par pur sadisme et parce qu’ils s’ennuient au boulot. Peut-être même ont-ils réussi à allumer ma webcam à mon insu pour surveiller mes réactions. Autant dire que personne ne fait rien au travail alors ?

A côté de ça, il y a une blonde en robe noire qui me drague. Mais les pixels sont-ils vraiment plus verts ailleurs ?

Attention, perverse !

Je viens d’apprendre que l’on peut tenter de retirer à une mère la garde de ses enfants pour cause de blog.

Enfin, à dire vrai je force un peu le trait. Il semble simplement que l’ex-mari d’une bloggeuse lui reproche, entre un tas d’autres inanités, de participer à des rencontres entre bloggeurs. Sait-il seulement qu’elle a son propre blog ? J’en frémis.

Je vous laisse réfléchir un instant à l’étendue de cette révélation. Vous rendez-vous compte, ma pauvre dame, que cette femme d’apparence inoffensive, non seulement ose délaisser ses enfants pour faire une sortie (ce qui montre déjà que quelque part, c’est une mère indigne) mais encore pour se joindre à une bande de maniaques pervers, de dangereux narcissiques qui exhibent leur pensées plus ou moins intimes devant n’importe qui, parfois même en payant pour assouvir leur pulsion d’être exposé ainsi, cérébralement nu, au vu de parfaits inconnus ??

C’est bien la première fois que je vois ce type de méfiance exprimée envers des bloggeurs. Cela me rappelle l’époque où le fait d’être adolescent(e) et de jouer à des jeux de rôle donnait l’impression aux gens que vous vous livriez à je ne sais quel rite satanique dangereux, que vous êtiez membre d’une sorte de secte plus ou moins gothique et en tout cas dégénérée (alors que vous essayiez juste de faire en sorte que Calypso, votre elfe magicienne, arrive enfin à maîtriser les sorts de niveau 2 tout en sauvant une quelconque princesse d’une mort certaine).

Ouf ! Pour l’instant Lex n’est pas au courant que je m’adonne au même genre de choses. Je fais quoi, je ferme boutique au cas où?..