Chasse aux papillons

Je m’étais juré que l’on ne m’y reprendrait plus, mais me voilà récidiviste.

Normalement, on trouve difficilement plus borné réglo que moi en matière de prévention routière. Je n’ai pas tellement de compassion pour les automobilistes qui se plaignent de s’être fait flasher par un radar (en cas de fièvre, faut-il casser le thermomètre?) ou qui jugent qu’ils doivent adapter le code de la route à leur cas (par exemple, un "bon conducteur" autoproclamé aurait le droit de brûler les feux rouges la nuit, le fait d’avoir une grosse voiture permet d’infléchir les règles de priorité en sa faveur, etc.). Les règles sont peut-être arbitraires, mais elles ont le mérite d’exister et de créer les conditions d’un usage commun de la route.

Oui, mais là je me suis fait avoir par une règle TRES arbitraire. Le stationnement alterné.

Quelle règle de shadok ! Une place tout à fait autorisée au moment où l’on se gare qui devient formellement prohibée le lendemain. Et pourquoi faire ? Pour revenir au cas précédent, deux toutes petites semaines après. Ca devrait être interdit, une interdiction comme ça.

Et puis, quelle absurdité ! Jusqu’au 15 du mois à 23h59, cette place m’est ouverte sans limites et m’accueille en toute légalité. A partir du 16 à minuit pile, une pervenche a le droit de passer et de me coller un papillon sur le pare-brise. Evidemment, si j’ai le malheur de déplacer Titine avant 23h59, la même pervenche aura le droit de venir coller le même petit papier, mais un peu plus tôt.

Logiquement, donc, deux fois par mois, à minuit pile, PERSONNE ne doit être garé dans les rues où le stationnement est alterné.

J’en conclus que dans l’esprit du législateur, une immense partie des français citadins sont censés sortir de chez eux le soir, deux fois par mois, pour venir déplacer leur voiture, dans un ballet aussi gracieux que complexe. Pour être vraiment en règle, tout l’art consistera donc à démarrer le véhicule avant minuit, à faire un ou deux tours de pâté de maison, et à se regarer dans la même rue, mais de l’autre côté.  Vous imaginez les embouteillages ?

Evidemment, il y aura toujours des esprits bassement terre-à-terre et matérialistes pour me dire qu’il suffit de se garer le 15 au soir (ou le 31 au soir)après que les contractuelles aient fini leur journée de travail (après 16h au plus tard, donc?), pour échapper au couperet. Oui mais voilà, la loi de Murphy commande typiquement dans ce cas que j’aie justement l’esprit ailleurs ce jour là (alors que la veille, je me suis dit qu’attention, demain on était le 15, et que l’avant-veille, je m’étais dit qu’attention, après-demain on était le 15).

Ah, si la qualité de grande tête-en-l’airisme était reconnue comme circonstance atténuante devant un Tribunal de police…

5 commentaires

  1. En Pleine Poire dit :

    C’est mignon…

    Je compatis…. En tout cas, je trouve que tu tiens un concept… interdire certaines interdictions abusives !

  2. vol de nuit dit :

    précision

    je suis tout à fait d’accord avec toi sur cette irresponsabilité des conducteurs qui se réfugient derrière la pseudo-injustice des radars… moi j’ai un truc pour ne pas me faire flasher : je respecte bêtement les limitations de vitesse… et j’ai l’impression d’aller ainsi moins vite vers ma propre mort (ce qui est égoïste), mais surtout d’éviter (un peu) celle d’autrui… j’ai trop accueilli – dans mon métier – des familles décimées par des chauffards pour ne pas y être sensible. Par contre, pour ton histoire de stationnement, juste une petite précision, n’est-ce pas à 20h ou 21h que le changement se fait, et non pas minuit ?

  3. Eva dit :

    J’ai eu peur

    Durant un instant je me suis imaginé que tu as découché ! Dans une rue inconnue, tu descends à moitié heureuse, à moitié endormie et tu decouvres ta voiture, abandonnée par toutes ses copines (qui ont changé de trottoir, elles) avec un PV collé à la vitre. C’est là que tu jures et devant une histoire qui aurais pu commencer, tu décides de le prendre pour un signe et ne plus jamais repondre aux coups de fils du type de ce matin là. Mais ce n’était que le fruit de mon imagination !

  4. La souris blonde dit :

    Au pays des Shadocks

    Moi aussi j’ai grandi au pays des Shadocks. Dix-huit ans dans une rue à stationnement alterné. Depuis ma chambre au premier étage, j’avais une vue imprenable sur la situation. La vue des voitures slalomant entre leurs congénères harmonieusement stationnées en zig-zag les jours de changement de côté était on ne peut plus gracieuse. Et pour les embouteillages le 1er et le 15 de chaque mois, je confirme. A ceci, l’on se doit d’ajouter : quand, en tant que femme et souris, on a déjà bien du mal à distinguer sa gauche de sa droite, comment fait-on pour se souvenir de quelle période correspond à quel côté? Non, décidément, je suis bien contente d’avoir quitté le pays des Shadocks aussitôt obtenu mon permis de conduire. Et jamais eu de voiture depuis :p

  5. Cinn dit :

    EPP > aaaahhh, j’en étais sûre. Ici aussi, on va créer un lobby 😉 Vol de Nuit > Je vois que tu as d’excellentes raisons concernant les limitations de vitesse…. pour le 20h/21h, tu as peut-être de meilleurs souvenirs que moi du Code de la Route ; mais de toute façon, à cette heure ci, je peux pas ! Ou alors avec les enfants, ce qui est assez laborieux. Eva > Waouh, quelle imagination effectivement ! Prémonition peut-être? 🙂 Souris Blonde > Quelle puissance évocatrice ! Je les vois d’ici, les voitures effectuant leur gracieux ballet. Mais je peux difficilement me passer d’une voiture : la crèche est bien trop loin de chez moi. Cela dit, je vais au travail en transports en commun.

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