Archive for the ‘Job’ Category

Rupture glaciaire

Une fois bien installé dans la vie, il est important d’apporter son tribut à la société et de permettre à la génération montante, à son tour, d’avoir accès à la Connaissance, de lui proposer une place modeste, mais ô combien précieuse, dans le monde du travail, bref, de l’initier par l’exemple à l’excellence et à l’épanouissement personnel.
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C’est ainsi que TB Team accueille en quasi continu un défilé de petits jeunes, doués, ambitieux et nullipares (donc tout à fait disposés à payer de leur personne pour s’attirer les grâces du dieu du Travail).
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Incontournable

Quand on est à un même poste depuis près d’un an, il vient un moment où l’on devient indispensable.

Comme il est gratifiant, ce moment où l’on devient une référence, où, confrontés à un problème, vos collègues se souviennent que vous avez déjà traité des soucis similaires avec brio, et où ils se tournent tout naturellement vers vous en sachant que vous êtes sur le point, une fois de plus, d’accomplir un miracle sous leurs yeux émerveillés ?

Moi, c’était pour une opération chirurgicale. Et quelle urgence.

La machine a café était coincée.

C’était un boulot pour Super-Cinn. Read the rest of this entry »

T’a as voir ta gueule à la pause café (2)

Binômette n’allait pas bien du tout. Binômette avait menacé Djeunette très violemment.

Lorsque Djeunette m’a raconté cela, j’étais à la fois révoltée et franchement amusée. On était où là ? Dans un quartier d’affaires plein de jeunes cadres dynamiques en costard, ou au fond d’un ghetto ? On allait en venir aux mains, là, dehors ? Pourquoi pas rameuter nos grands frères et nos beaux-frères, pour défendre notre honneur dans une grande bagarre virile ?
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T’a as voir ta gueule à la pause café (1)

Cela faisait plusieurs jours que Binômette était d’humeur sombre. Elle ne disait pas grand-chose, mais ses gestes laissaient toujours passer une espèce de rage enfouie qui donnait l’impression qu’elle transportait autour d’elle un nuage lourd d’orage menaçant.

Psyko, elle, était malade depuis une petite semaine lorsqu’un matin, l’orage a éclaté.

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Journée noire

« Il y a des baffes qui se perdent dans ce bureau! » a grondé Binômette sans quitter des yeux son écran.

L’ennui, c’est que apparemment personne n’a compris pourquoi.

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Camouflet

Il était une fois un mendiant qui était assis tous les jours devant un immeuble de bureaux.

Un jour, une jeune femme au coeur tendre passa près de lui et vit que malgré le froid et la neige, le mendiant restait mains nues.

N’écoutant que son grand coeur, prise de pitié, elle lui donna ses moufles.
Elle avait froid aux mains maintenant mais elle s’était dit qu’il en avait plus besoin qu’elle.

Les jours suivants, en passant devant lui, elle s’aperçut qu’il ne les mettait pas et continuait à apitoyer les passants de ses mains nues bleuies de froid.  Il évitait son regard.

Et voilà comment Djeunette ne fera peut-être plus jamais confiance à un mendiant…

Procès en sorcellerie

Attention, histoire vraie.
Ca se passe à la cafét’. Je suis en train de finir de déjeuner. Sémire a fini aussi depuis un moment, mais est restée assise jusqu’à ce que tous les autres s’en aillent. Nous voici seules.
Sémire (l’air de quelqu’un qui va aborder un sujet délicat): « Cinn, j’ai une question à te poser….  » Read the rest of this entry »

Douche froide

En temps de crise, les mauvaises nouvelles ne sont pas seulement brutales. Elles se suivent sans se ressembler.

C’est un collègue qui envoie à tout le monde un e-mail pour dire qu’il s’en va ce soir. Oui, il a une pensée pour toutes ces années passées en notre compagnie. Il souhaite à tout le monde une bonne continuation. A leurs amis, ils écrivent un deuxième mail où ils disent qu’ils ont appris ça aujourd’hui, qu’ils sont consternés et qu’on va « quand même » fêter ça autour d’un pot ce soir. Read the rest of this entry »

Fausses confidences

En temps de crise, une mauvaise nouvelle peut être brutale.

Ca s’est passé comme ça, au détour d’une conversation avec notre comptable, Paciolia. Read the rest of this entry »

Esprit de Noël, es-tu là ?

Binômette : « Ah, tout de même, un paquet de chocolats… Il est joli, hein ?. … »

(Djeunette sourit en montrant le paquet qu’elle a reçu, une sorte de petit vase blanc où sont plantés comme un bouquet de fleurs de grands morceaux de tablettes de chocolat : noir, au lait, aux noisettes… )

Binômette : « …Au moins, il y en a qui sont généreux : dans l’autre bureau, ils ont eu des dizaines de boîtes de chocolat, des dizaines. (une pause pour juger de son petit effet), ici, pas du tout… ce sont des radins.  Ce qui est bien avec Noël, c’est l’esprit de partage, les valeurs chrétiennes. C’est ça, Noël. C’est important. C’est l’esprit de Noël, la générosité, le partage ».

Pas de réaction.Comment, le message n’arrive pas à passer ? Soyons plus précise, mais agissons finement en ayant l’air de plaisanter :

Binômette : « Tu vois, il y a des gens, à Noël, ils sont égoïstes, ils ne partagent pas. Ils ne partagent pas leur chocolat. C’est incroyable. »

…(Raté : Djeunette, sans rien dire, ne se départit pas de son petit bouquet de chocolats et le glisse dans son sac)

Binômette : « Non, sans rire, tu n’en donnes pas,  là, je ne plaisante plus, c’est de l’égoïsme, voilà ce que c’est, c’est ça que tu appelles l’esprit de Noël, et bien bravo, tu me déçois, c’est de l’égoïsme. »

Et elle est sortie fumer une cigarette, pas contente du tout.

Djeunett, qui avait héroïquement résisté à la pression, n’était pas restée tout à fait insensible : c’est à ce moment qu’elle s’est crue obligée de m’expliquer qu’elle n’était jamais la dernière à partager gâteaux ou bonbons (ce qui est entièrement vrai) et que celui-ci, elle voulait l’emmener chez elle pour le manger en famille. En plus, sa présentation le rendait difficile à partager, bien plus qu’un banal coffret de pralines.

Que ne ferait-on pour un peu de bon chocolat.