La fin de l’allaitement long et le délai entre deux tétées
Posted in Allaitement long on 08/30/2008 10:30 am by CinnEn juillet, je suis partie en vacances pour une grosse semaine, sans les enfants. J’ai oublié mon tire-lait.
D’habitude, quand je pars pour plus de deux jours, je l’emmène. Le but est de tirer un peu de lait, de temps en temps, pour maintenir la lactation. J’ai découvert que la lactation se poursuivait quand je ne tirais rien pendant deux ou trois jours, donc j’en profite pour espacer les séances. C’est vrai, c’est désagréable et contraignant, ce bidule.
Mais oublier le bidule ne pouvait signifier qu’une seule chose : j’étais, inconsciemment, d’accord pour ne plus stimuler ma lactation.
Ça a été une réelle tristesse. Je suis certaine qu’en arrêtant maintenant l’allaitement long, Laura n’en souffrira pas, mais pour moi cette idée que plus jamais je ne la réveillerai en douceur, plus jamais je ne l’apaiserai de cette manière, était un deuil à faire.
Pourtant, au bout de cinq jours, j’ai eu la curiosité de refaire l’essai. J’avais encore du lait.
On me l’a rappelé depuis : plus longtemps on poursuit l’allaitement long, plus on peut le poursuivre ou le reprendre selon les nécessités. Il y a des sociétés où les grand-mères offrent un allaitement « de compassion ». (Non ! Je ne compte pas allaiter mes futurs petits-enfants!).
Je pouvais donc continuer, en fait.
Avec une contrainte en moins, puisque je sais maintenant qu’il suffit de très peu de tétées pour ne pas complètement perdre une lactation « en veilleuse ».
Laura, en me revoyant à la fin de ladite semaine, a très rapidement demandé le sein.
Et voilà ! Très simplement, vous emmenez le matin votre tire-lait et vos biberons vides, tout ça stérilisé. Vous prenez votre pause, tirez le lait que vous pouvez, nettoyez votre matériel, mettez les biberons pleins au frigo au fur et à mesure. En pratique, lorsque je tirais mon lait trois fois par jour, je ne le stérilisais que le matin, et ne faisais que le laver (soigneusement) pour les autres tirages du jour. Le soir, vous faites votre petit paquet (biberons plus sachets de froid pour les garder au frais pendant le voyage) et le ramenez chez vous. Vous préparez avec le lait du jour les biberons pour le lendemain (ou le lundi, si on est vendredi soir), et la boucle est bouclée.

Il semble que certains practiciens français, mal informés, aient tendance à conseiller soit des biberons de complément en cas de baisse de lactation (ce qui, encore une fois, a pour effet un cercle vicieux : l’enfant qui a moins faim tètera moins, et donc la lactation sera moins stimulée, donc on aura besoin de plus de biberons de complément, etc), soit l’arrêt complet de l’allaitement.
Selon Marie Thirion, aux endroits où l’allaitement est la norme, seules trois femmes sur mille n’ont pas suffisamment de lait. En France, le taux de femmes qui cessent d’allaiter pour ce motif (… à tort ou à raison…) est bien plus important. J’ai en mémoire au moins dix fois plus.
