T’a as voir ta gueule à la pause café (1)

Cela faisait plusieurs jours que Binômette était d’humeur sombre. Elle ne disait pas grand-chose, mais ses gestes laissaient toujours passer une espèce de rage enfouie qui donnait l’impression qu’elle transportait autour d’elle un nuage lourd d’orage menaçant.

Psyko, elle, était malade depuis une petite semaine lorsqu’un matin, l’orage a éclaté.

Binômette a commencé à me provoquer, façon un peu passive-agressive, sur la question du territoire. J’étais au téléphone avec un client quand elle m’a pris à partie, me demandant de jeter des dossiers de mes étagères pour qu’elle puisse elle-même y mettre « temporairement » ses affaires à elle. Comme je ne pouvais pas répondre, elle a pris les choses en main et tout entassé elle-même dans un coin. Une fois mon appel terminé, je lui ai reproché son comportement. Elle ne pouvait pas attendre que j’ai terminé pour me demander mon avis ? Avait-elle imaginé une seconde comment elle réagirait, elle, si je déplaçais ses dossiers pendant qu’elle était en train de gérer un appel ? « Je n’ai pas de temps à perdre » a t’elle répondu, bougonne, déclarant ainsi la discussion close.

En fait, c’est en mon absence que ça s’est gâté.

Une fois Binômette seule dans le bureau avec Djeunette, la plus « premier degré » et fragile d’entre nous, elle a essayé de la prendre à témoin, Djeunette a répondu que Binômette n’aurait pas dû me parler ainsi et qu’elle m’avait manqué de respect.

…..Djeunette, prenant ma défense face à Binômette !!….. Rien que ça, ça valait le détour.

Alors Binômette s’est fâchée. Elle a dit à Djeunette que ça suffisait comme ça, que maintenant elle allait parler avec les poings, qu’on allait régler ça dehors avec Djeunette et moi, qu’elle allait nous casser la gueule. Elle a même répété tout cela au téléphone avec une collègue, sous les yeux terrifiés de Djeunette.

A mon retour, Djeunette, visiblement très affectée, m’a raconté la scène. Elle n’arrivait même plus à travailler correctement tant elle était perturbée. Elle se voyait déjà agressée à la sortie du bureau. Évidemment, ce n’était pas pour rien que Binômette avait dit une chose aussi violente devant Djeunette et pas devant moi.

Finalement, ça prouvait que Binômette me craignait au moins un peu, et ça, c’était plutôt une bonne surprise.

(à suivre)

5 commentaires

  1. Roman Age dit :

    Est-ce que ce genre de menaces d’agression, sans aucune provocation, si elles étaient vérifiées par la direction, ne pourraient pas conduire Binômette à de sérieux problèmes disciplinaires?

  2. Letesle dit :

    D’après moi ça vaut un licenciement pour faute grave… Menacer quelqu’un de coups et blessures n’est-il d’ailleurs pas un délit ?

  3. Cinn dit :

    Roman Age, Letesle : Je pense qu’il y a une certaine différence entre ce que l’on PEUT appliquer comme sanction, si on cherche des poux à la personne, et ce que l’on va effectivement faire pour gérer quelqu’un qui a dérapé, mais que l’on veut tout de même garder (parce qu’elle est compétente, parce qu’elle est là depuis longtemps, parce qu’elle est difficilement remplaçable, etc)…

  4. Natacha dit :

    « Le pôle emploi est rempli de gens (compétents et) difficilement remplaçables » ?

  5. Cinn dit :

    Certes, certes… Il est peut-être aussi rempli de gens à qui on a versé une indemnité de licenciement représentant vingt ans d’ancienneté et que l’on a remplacés en mettant quelque temps et argent à recruter et former leur remplaçant. Mais ce genre de décisions ne s’est certainement pas pris sans un sérieux temps de réflexion.

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