Les sauveurs
Posted in Mes demi-clones on 04/03/2008 10:30 am by Cinn
Dans une situation de détresse, le premier réflexe de Laura est de rechercher un sauveur ou une sauveuse.
Exemple de situation de détresse : on essaye de la contraindre à mettre des baskets alors qu’elle préfèrerait des bottes, à mettre des après-ski alors qu’elle voulait les sandales, à aller à la crèche alors qu’elle serait volontiers restée à la maison, à mettre un pantalon alors qu’elle voulait une robe, ou bien les chaussures marron à la place des chaussures roses (trop petites, certes, mais très jolies), etc. On ne compte plus les ordalies pour une petite fille, surtout si elle a du goût en chaussures.
A qui faire appel, alors, dans une situation aussi abominable ?
Deux conditions : il faut que la personne soit 1) une personne de confiance, et 2) différente du bourreau auquel elle a présentement affaire. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit présente (après tout, on ne sait jamais, la personne pourrait arriver puisqu’on l’appelle).
Ensuite, tout dépend des circonstances.
On peut appeler à la rescousse Papi ou Maman si Mamie vous fait des misères alors qu’on passe des vacances chez elle. Ou Mamie, si c’est Papi qui vous tourmente.
De retour de vacances, on peut pleurer après Mamie quand Maman vous emmène de force à la crèche.
Chez Papa, on peut appeler Maman, et vice versa.
Le postulat est limpide : si l’on fait appel au bon coeur d’une personne extérieure, il y a une petite chance qu’elle ne partage pas l’opinion de l’autre sur le calvaire qu’on vous fait endurer et qu’elle vole à votre secours. En gros, elle mise sur les divergences éducatives entre les uns et les autres.
Hier, pour la première fois, elle a eu l’idée d’appeler au secours son grand frère.
C’est vrai, c’est connu, les grands frères, c’est fait pour protéger les petites soeurs. Pour intervenir si un importun vous fait des misères dans la cour de récré. Pour régler son compte au malotru qui vous ferait "prrrrrt" en vous tirant la langue alors que tout ce que vous avez fait, pauvre innocente, c’était lui faire "flebllelblrrrt" en tirant la langue et essayé de le taper (c’est comme ça qu’on drague les grands de 3 ans, quand on a 2 ans). Ah, que de souvenirs de bravoure. Ce jour là, "Af’ël" s’est physiquement interposé entre sa petite soeur et le fâcheux, lequel n’a pas tardé à se carapater.
Revenons à nos moutons. Maman, donc, entraînait Laura vers sa chambre pour l’obliger (c’est atroce!) à se mettre en pyjama. Alors a jailli l’appel de détresse : la main tendue d’espoir vers le sauveur potentiel, Laura s’est écriée :
"Af’ eeel! Af’eeel!".
Raphaël, en apparence stoïque (mais qui était certainement la proie d’un déchirant conflit de loyauté interne) a répondu :
"J’te sauve même pas, moi". N’est pas superhéros qui veut.
venu exploser par terre.
presses et de quoi faire un pansement rudimentaire. Non sans l’impression fugitive, au choix, d’être en train de faire disparaître les preuves d’un crime atroce. Ou d’être en train d’opérer un truc à moitié mort.
Vous connaissez un seul enfant de maternelle capable de jouer aux Pokémon, vous ? Le jeu est très complexe : il y a autant de règles que de cartes différentes. Plus de 150 cartes dans la série initiale, sans compter les nombreuses séries supplémentaires : "Forces Cachées", "Légendes Oubliées", "Gardiens de Cristal" "Fantômes Holon", et j’en passe. et la pochette annonce qu’il convient aux enfants "à partir de 10 ans".
J’ai interrogé l’animatrice du centre de loisirs, en fait parce qu’il m’était venu un doute : les cartes étaient peut-être interdites à l’école ?
