Communication gestuelle piétonne

Ralphy racontait hier une mésaventure piétonne : il semble que les automobilistes rennais soient de nature extrêmement impatiente, pas très au courant du Code de la Route (on peut passer à un feu rouge) et pas très désireux de laisser traverser un piéton.

En écho à la "communication gestuelle concise" du conducteur saluée par Ralphy ("D’un geste, il lâche le volant, me faisant comprendre que c’était bon, qu’il n’allait pas me renverser, que je pouvais passer, qu’il avait compris que j’avais la priorité, traversant au feu vert sur un passage piéton très nettement balisé, qu’il ne comprenait pas que je le regarde avec un air d’incompréhension et de stupeur, et que j’avais intérêt à me dépêcher, parce que manifestement, il était pressé."), j’aimerais évoquer le pouvoir du langage gestuel du piéton. Cela fonctionne aussi pour les vélos. C’est même leur seul moyen d’arriver quelque part, il y a des stages pour ça.

Dans les deux cas, on peut avoir plein de droits sur le papier (vous savez, le gros bouquin qu’on étudie pour passer un examen devant des diapositives quand on veut apprendre à conduire, là, le Machintruc de la route), mais les automobilistes citadins ont tendance à privilégier plus simple : la loi du plus fort.

C’est là que le piéton ou le cycliste, tout en restant prudent (car il y a des vrais chauffards, ivre morts, psychopathes, toxicos, chauffeurs de taxi ou de bus), doit savoir déceler le bluff de l’automobiliste et y répondre à son tour, en ne se laissant pas toujours impressionner.

"Oui, je m’engage sur le passage piéton alors que ta voiture est en train d’approcher. Je sais que tu vas ralentir, car premièrement, j’ai priorité, deuxièmement si tu ne le fais pas, tu vas me renverser. Si tu me renverses, 1) tu vas perdre beaucoup plus de temps qu’en t’arrêtant pour me laisser passer, et 2) tu risques même d’abîmer ta voiture, ce serait dommage. Une voiture si chère. En plus, 3) je te raconte pas le malus sur ta police d’assurance et les points en moins sur ton permis si tu te fais choper. Et puis, 4) si tu vas en prison, ça risque de mettre en jeu le bon cours de ta carrière. Donc, je passe, c’est mon droit. Je n’accélère pas le pas, ça t’apprendra à essayer de m’impressionner comme ça". Voilà ce qu’il faut réussir à communiquer d’une attitude et parfois, d’un regard.

Ca ne marche pas toujours. Mais on gagne pas mal de temps comme ça.

Les automobilistes citadins, faut les dresser.

2 commentaires

  1. Natacha dit :

    Le dressage, version dure

    Effectivement, les automobilistes citadins, ou du moins parisiens, il n’y a que la loi du plus fort qu’ils comprennent. Mais personnellement je n’utilise pas le regard pour ça. Ou plutôt si, mais par son absence. La tête légèrement baissée, je ne regarde que tout droit, et je marche tout droit sans ralentir. Je ne fais pas de cadeau aux consommateurs d’énergie fossile. Autant j’attends toute seule comme une conne quand le feu piéton est rouge mais qu’il n’y a pas de voitures, autant quand le feu est vert j’y vais sans me poser de questions. Et j’en ai encore fait l’expérience ce matin, ce n’est pas un cinq tonnes qui me fera broncher. C’est vert, je passe, et c’est tout. C’est une habitude que j’ai prise dans une période plus sombre de mon existence, et que je n’ai pas encore perdue. Je n’avais aucune considération pour mon corps ou pour mon existence, donc échanger ça contre tenter de remettre dans le droit chemin un abruti qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est ce machintruc de la route, ça me semblait très bon marché. Je me souviens même qu’à une époque je laissais mon baladeur (cassettes + FM) chez moi parce que ce serait dommage de le casser en cas d’accident, ça montre où je me situais dans mon échelle de valeurs. Résultat, en exactement deux ans de marche parisienne (4 à 4.5 km deux fois par jour), j’ai vu passer à moins de 30 cm de moi une bonne douzaine de voitures. Pas encore de collision à déplorer, sauf la collision de ma main gauche à toutes les vitres arrières qui passent à ma portée. Une fois j’ai même failli me faire démolir par un black furieux à cause de ça. « Le danger ? Je me ris du danger, hahaha. » (le Roi Lion)

  2. Cinn dit :

    C’est moi Simba, c’est moi le roi !

    > Natacha : Tu vis dangereusement ! Attention, Simba s’est quand même trouvé dans une situation un peu épineuse lorsqu’il s’est « ri du danger » ! Les hyènes en voiture, c’est dangereux…

Leave a comment

Les commentaires sont fermés.