Cent cinquante lignes

Il y a des moments où je me demande si mon boulot d’élue a une si grande utilité.

L’autre jour, je me suis retrouvée seule représentante des parents d’élève au dernier conseil d’école. Logiquement, c’est moi qui aurais dû rédiger le compte-rendu (car il faut un compte rendu, pour que les  autres parents d’élève soient un peu informés de ce qui s’y est passé). Mais la directrice était trrrrès pressée d’avoir le document et m’a donné le choix entre la laisser le faire ou le lui rendre dans un délai ridiculement court. Donc, je l’ai laissée faire.

Résultat : un coup de téléphone embarrassé de la directrice hier, en plein coup de feu.  J’adore ça, quand je suis déjà débordée, me retrouver au téléphone avec quelqu’un qui met un quart d’heure à tourner autour du pot pour dire des choses simples : Ah oui mais alors, elle était tellement pressée de le finir, ce compte-rendu, qu’elle a fait les choses un tout petit peu à l’envers. Voyez-vous, au lieu de le soumettre à tout le monde (notamment à moi) avant de le diffuser, elle a malencontreusement oublié de me demander mon avis avant de tout photocopier.

Résultat : Raphaël a ramené de l’école une jolie chemise avec 150 compte-rendus, que j’ai  autographés un par un hier soir pour qu’ils puissent être rendus ce matin.

Bizarre, d’ailleurs, le compte-rendu. Par certains aspects, on aurait cru qu’il aurait été préparé à l’avance.  Du genre, il n’y avait aucune trace des remarques que j’avais pu faire pendant la réunion, ou des suggestions faites par les institutrices. Et il y avait même des choses qui n’avaient pas été dites ce soir là et qui s’y trouvaient quand même, dites donc.Mais ce n’est pas possible, bien sûr : j’ai même prêté à la directrice les notes prises pendant la réunion pour qu’elle puisse se souvenir de tout, c’est dire si elle avait tous les éléments pour écrire un machin fidèle et conforme à la réalité. C’est pas elle qui sous prétexte d’emploi du temps débordé, aurait eu l’idée, par exemple, de recopier ses notes de préparation de la réunion.

Cette fois-ci, je me suis fait mettre au pied du mur : vu le délai, j’étais obligée soit de tout parapher, soit de faire un esclandre (et retarder tout le monde) pour quelques ajouts ou omissions qui, au fond, ne changent pas la face du monde.

Ben oui, j’ai beau être une élue à haute teneur en candeur naïve de novice, il faut bien le reconnaître : si je veux vraiment que les choses soient faites au carré, il faudrait que j’y mette ma patte avec un peu plus de sérieux.

"Either lead, follow, or get out of the way"...

2 commentaires

  1. Never dit :

    Conseil d’instit (ayant souvent rédigé des compte-rendus de conseil d’école) – faire le compte rendu pendant la réunion, en prenant des notes le plus détaillées possibles – recopier ces notes en les modifiant le moins possible dans les 24h – le remettre à la directrice dans les 48h. Elle t’a complètement coincée, là…

  2. ralphy dit :

    Avoir le pouvoir vient la responsabilité

    En fait, à bien y réfléchir, j’avoue que je ne me souviens pas de réel impact des parents d’élèves sur ma scolarité, ni même des délégués de classe. Enfin, disons que les délégués de classe, il y en avait eu un suppléant qui avait fait un boulot grandiose : il a demandé à notre prof de mathématiques de cinquième de cesser de raconter sa vie en cours et de se concentrer sur les mathématiques. Il a parlé au nom de tous. Purée, c’était presque mon héros, ce type. Résultat, au cours suivant, la prof de maths, passablement énervée, nous a demandé à tous de prendre une feuille, de marquer notre nom, et puisqu’elle nous racontait sa vie de long en large, de la lui raconter. Autant dire que l’essentiel des élèves a joué les faillots en rendant la feuille blanche. Mais bon, hein, ses courses à l’autre bout du département pour être forcée, puisqu’elle a fait le déplacement, d’acheter une veste en cuir hors de prix dont elle n’avait pas besoin juste pour justifier le déplacement et parce que la promotion de la publicité était en rupture de stock, on en avait un peu trop entendu… Et concernant les parents ? Disons que des syndicats de parents d’élèves, au lycée, avaient organisés la récupération des livres. C’est qu’au lycée, le lycée ne veut rien entendre. Il donne la liste des livres, aux élèves de se débrouiller pour les acheter, louer, ou va savoir voir. Bref, là, les syndicats de parents d’élèves étaient intéressants. L’un louait les livres, l’autre les vendait-rachetait. Et au fait, dis donc, toi, à part assister à des réunions dont tu ne rédiges pas les comptes-rendus, et qui ne reflètent pas la réalité, tu fais des choses qui servent aux enfants ou bien tu apprends juste que les cahiers d’acquisitions ne sont que des photocopies des élèves de l’année passée ? 😛

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