L’aventurier, la femme en détresse et les moutards

Les familles recomposées sont-ils un sujet à aborder chez les petits, voire les tout-petits ? Et auriez-vous cru que ça se faisait déjà en 1970 ?

La scène est celle d’une jolie dame en détresse (elle est jouée par Eva Gabor, tout de même) avec ses enfants.evagabor1 C’est le matin, et les trois enfants dorment encore. L’héroïne, elle, croise le chemin du jeune premier, un baroudeur nonchalant qui commence par s’auto-congratuler d’être à la fois "unique" et libre ("je fais ce qui me convient, la Terre m’appartient, si votre route est mon but, votre chance est unique…").

Puis, le jeune premier fait des avances non dissimulées à l’héroïne : Sourire, haussement de sourcils, approche de la target d’une démarche dansante. Pendant ce temps, la demoiselle minaude un peu en rajustant sa tenue et en baissant les paupières: "Vous avez un grand talennnt!..."

PharrisLui s’approche, enhardi par ce SdI et déclare sans ciller :

"Vos yeux… vos yeux sont comme deux saphirs brillant de mille feux. Le jour en est plus lumineux, plus radieux". Et de s’autosatisfaire de son talent poétique : "Ca me vient tout seul. J’en ai des millions comme ça."

Dès qu’il découvre que la jeune fille a des soucis, il s’exclame avec aplomb que:

"Sortir d’affaire les jolies filles….euh, les demoiselles en détresse, c’est ma spécialité… nous allons regagner Paris sur mon tapis volant…..côte à côte…. et les étoiles nous guideront.seuls tous les deux…".

Bref, un beau parleur de première.

C’est là évidemment qu’interviennent les mouflets, qui n’avaient pas été dupe de la tendance au baratin de leur sauveur ("C’est du blabla!"). 

Le charmeur à la noix marque un temps de surprise : "… trois… cinq?… euh… c’est que… vous comprenez…"..

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"La poésie n’est d’aucun secours en l’occurrence… vous pensiez à un tapis volant seulement pour deux…? " insinue la demoiselle en soupirant. "Je vous ai parfaitement compris".

Vous connaissez la suite : Se sentant tout morveux, ("O’ Malley, tu n’es pas un chat, tu es un rat!", l’aventurier décide d’aider tout de même la petite famille. Ensuite, Duchesse et Thomas 0’Malley triomphent des méchants et Thomas devient le "papa" d’adoption des chatons.

Recomposer une famille en 1970, d’accord, mais uniquement si ce sont des chats et si il n’y a pas d’ex ni de papa au départ. C’est quand même plus simple.

(nota : Eva Gabor et Phil Harris, ci-dessus, sont les voix originales de Duchesse et de O’Malley)

4 commentaires

  1. Jerry dit :

    Quand on sait qu’une chatte peut porter simultanément des chatons de pères différents, ça facilite les recompositions, sûr. Cela dit, paraît que dans ces cas-là, un bon plat de spaghettis, ça aide.

  2. Cinn dit :

    Je proteste. C’est chez les chiens nullipares que ça marche, le coup du plat de spaghettis : http://images.chron.com/content/chronicle/ae/movies/tramp.jpg

  3. ralphy dit :

    Parler le langage des tout petits

    Comme quoi, on peut effectivement aborder tous les sujets avec les enfants, sous condition d’y mettre des formes et de ne pas chercher la complexité dès le départ.

  4. Natacha dit :

    Et lorsque lesdits enfants seront un peu plus grands, on pourra même aborder les couples homosexuels qui font l’apologie du dopage, qui prônent la violence pour résoudre les conflits et dont la nutrition est douteuse, au travers d’Astérix et Obélix. Quelle richesse dans les outils pédagogiques à notre disposition \o/

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