Le dernier tabou

Un des principaux tabous de notre société, c’est la mort et la maladie.

Pourtant, elles nous concernent tous, à des degrés divers…

J’ai vu il y a quelques années une femme hospitalisée qui parlait de ses "polypes" et à qui l’équipe médicale avait caché qu’elle avait en réalité un cancer du côlon, histoire de ne pas la faire paniquer. Le cas ne doit pas être isolé.

Il me semble que l’approche probable de la mort pour une personne est une chose tellement importante à "gérer" que dans l’idéal, elle ne devrait pas être cachée.

Evidemment, les choses sont peut-être très différentes pour quelqu’un qui ne croirait pas à une forme d’existence après la mort.

Je parle évidemment aussi pour moi. On peut partir n’importe quand, tôt ou tard, brutalement ou en pouvant s’y préparer. Il reste que c’est à mes yeux une porte à franchir et que si j’avais le choix, je préfèrerais la voir venir.  Tant qu’à subir un examen de passage, autant avoir révisé plutôt que subir au débotté une interrogation surprise.

Mourir, c’est se séparer d’une immense partie de ce qui faisait notre identité, c’est laisser derrière soi toute notre personne et notre vie en ce monde et aller vers l’inconnu. Pas évident à imaginer. Tant qu’à partir pour un continent inexploré, autant laisser des affaires en ordre derrière soi.

Je ne voudrais pas non plus que l’on me parle avec plus de réserve ou de déférence si j’étais malade. Si mon corps se dégrade, je reste une personne. Je voudrais que mes proches restent proches et soient capables de me dire au revoir le moment venu, que mes amis restent prêts à partager des moments plaisants jusqu’au bout. Tant qu’à être sur le départ, autant ne pas perdre les derniers instants.

Voilà pourquoi je ne voudrais pas qu’on me cache une maladie potentiellement mortelle, si j’étais malade. Je voudrais bien sûr avoir une idée assez claire des risques que je cours, des espoirs de guérison aussi et avoir la possibilité, si je le souhaite, d’avoir à quelqu’un à qui parler de la mort.

Il semble que ce n’est pas le cas de tout le monde : faire le deuil de sa vie, c’est quelquefois passer par les différentes phases du deuil, y compris le déni. Cela dépend des personnes, des habitudes, des croyances sûrement. Je ne pense pas qu’il faille forcer le passage de ces phases, simplement être là en cas de besoin.

Je souhaite à tout le monde de quitter ce monde à la manière de mon grand-père. Très croyant, il s’est éteint chez lui, après avoir pu dire au revoir à tous ceux qu’il aime.

Et il était prêt… Il priait : "Seigneur, c’est quand Tu veux…!"

2 commentaires

  1. vol de nuit dit :

    la chambre verte

    J’aime bien ta façon de parler de la mort… j’avoue qu’elle me fait un peu peur, mais juste par le risque de néant qu’elle laisse supposer après… C’est peut-être aussi une des raisons de ma passion pour la généalogie, parce qu’alors là, c’est incroyable comme les ancêtres peuvent revivre ! 😉 On est toujours quelque chose pour ceux qui restent, et ma façon de me souvenir de ceux qui m’ont été très chers, c’est un peu (beaucoup) celle de François Truffaut dans La Chambre Verte. Avec un petit côté mystique en moins quand même… sourire Et oui, quand tu parles de ton grand-père, on peut qualifier son départ de « belle mort »… Dommage qu’à côté de ça on n’ait pas toujours une « belle vie » !

  2. Prof_galm dit :

    moi préfére que ça m’arrive d’un co________________

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