Singing in the train

Leur plan était parfait, bien construit, rien à dire. Je ne sais pas si je m’en remettrai un jour.

Qu’y a t’il de plus mignon que des enfants qui jouent dans un train ?

J’avais pris avec mes demi-clones le train (pas très plein)  qui nous ramène vers ma banlieue. Ils étaient en pleine forme et de très bonne humeur. Je me suis installée, Laura s’est tout de suite fait remarquer en s’asseyant assez loin de moi et en me faisant des grimaces en rigolant quand je lui faisais signe de me rejoindre.

Un ou deux regards interloqués, mais la majorité du wagon s’est mise à la regarder du coin de l’oeil, attendris et rafraîchis par cette vision d’innocence.

Raphaël, lui, s’est contenté au début de regarder par la fenêtre, depuis mes genoux, la progression des rails sur le côté. Puis, ils se sont installés dans le même espace, près des portes, ont saisi chacun une barre d’appui et se sont mis à tourner autour.

Des rires frais, des sourires innocents, des exclamations joyeuses quand ils se heurtaient (ben oui, des barres d’appui, c’est trop rapproché pour qu’on puisse jouer autour sans faire les auto tamponneuses de temps en temps). Les sourires sont apparus autour d’eux. Lorsque Laura a trébuché à cause d’un coup de frein, quatre ou cinq mains se sont tendues vers elle pour la rattraper.

Un bonheur.

Et puis, deux stations avant la nôtre, Laura a demandé :

« Y’a pas de poilettes dans ce train….? »

Puis, après un instant d’examen de la configuration des lieux :

« Non, y’a pas de poilettes… »

J’ai commencé à dire qu’on était presque arrivés, qu’il fallait qu’elle se retienne un peu. Je n’avais pas fini ma phrase que ma fille s’était immobilisée à côté d’une porte, très concentrée, et une petite mare a commencé à s’arrondir sous ses pieds.

Ma fille, propre depuis des mois, s’oubliait en public. Rien à faire, pas de couche, pas de serviette, pas de papier absorbant, rien pour empêcher la catastrophe.

Raphaël, très en joie, a commenté l’incident :

« Pipi zigounette! C’est un pipi zigounette! »

A ce moment là, un coup de frein. Un ruisselet sombre s’est mis à couler vers l’avant du train, tandis que mon héritier, ravi et aussi guilleret que s’il s’agissait d’un petit bateau dans un ruisseau, ne perdait rien de la progression du pipi.

Là, je ne regardais plus personnne. J’appelais juste de mes voeux notre station. Plus qu’une.

Raphaël (scientifique, en regardant sous les sièges) : « Regarde, il y a encore du pipi zigounette là bas« .

On est sortis, eux enthousiastes, moi essayant de rentrer six pieds sous terre.

Ils me le paieront. Je leur ferai honte devant leurs copains à l’adolescence, tiens.

1 commentaire

  1. ralphy dit :

    Tu pourras toujours pointer ce blog si jamais ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent supporter une mère si ringarde, dans dix ans. 😉

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