Le Mystère de la Salle de Bains Bleue

… ou l’énigme du Doudou Passe-Murailles, si vous préférRouletabilleez.

Oui, vous avez bien lu. Jai été le témoin d’une expérience quasi-surnaturelle : la téléportation d’un doudou.

Prenez un doudou (un bout de foulard en l’occurrence) de couleur vaguement bleue, humecté d’eau à la suite d’une bêtise conçue, mise en scène et produite par Laura. Hummph.

J’ai mis le doudou en question à sécher sur un petit séchoir métallique, d’environ 60 cm de hauteur, dans la salle de bains, nonobstant le désaccord manifeste de sa propriétaire, que j’ai laissée devant la porte (fermée) de la salle d’eau, se roulant par terre en signe de dépit et de mouvement social unipersonnel.

Entendons-nous. Jusqu’à nouvel ordre, Laura ne sait, ou ne savait pas, ouvrir la porte de la salle de bain. Elle ne pouvait donc  en principe pas récupérer le bout de serpillière le précieux foulard. Et pourtant, elle s’est présentée environ deux minutes plus tard pour un petit câlin dans mes bras, avec ledit doudou, que j’ai d’abord pris pour un autre bout du même foulard bleuté (les doudous-foulard ont tendance à se déchirer en plusieurs morceaux).

Puis, un témoin de la scène m’a mis la puce à l’oreille en venant retracer spontanément l’incident dans tous ses détails sur le lieu du crime (la salle de bains) :

"Regarde ce qu’elle a fait, Laura ! Elle a commencé par allumer la lumière, et puis elle a ouvert la porte, et regarde ! Le doudou n’est plus sur le séchoir. Et il n’est même pas par terre". Le témoin du crime était éloquent, très convaincant. Trop convaincant même.

holmesJ’ai replacé le doudou sur le séchoir, refermé la porte, et dit à Laura qu’elle pouvait aller récupérer son doudou. Elle m’a regardée, l’air impuissant, puis la poignée de la porte (toujours trop haute pour ses menottes). Puis moi. Puis la poignée de la porte. Toujours l’air de ne pas trop savoir quoi faire.

J’ai regardé Raphaël.

"Dis donc, Raphaël, ce ne serait pas toi qui as ouvert la porte à Laura?..."

Sourire en coin un peu gêné de l’intéressé.

"Mais je lui ai interdit de toucher au doudou ! Et elle m’a dit qu’elle n’allait pas y toucher, mais je crois qu’elle a menti!"

La loi universelle des enquêtes policière a encore frappé : c’est toujours la faute des autres.

1 commentaire

  1. Jerry dit :

    Tiens… ça me rappelle l’histoire de celui qui disait « ah mais non, c’est pas moi, c’est la femme! Moi je lui avais dit de pas y toucher, à cette pomme, hein! »

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