L’herbe y pousse

poissonCette fois-ci, je me l’étais promis, je prendrais soin de lui. Je soignerais son cadre de vie pour qu’il reste avec nous le plus longtemps possible. Je le chouchouterais, le bichonnerais, le nourrirais, pour qu’il ne lui vienne ni idées d’évasion à risque, ni envies d’en finir avec la vie.

Bref, j’ai décidé de racheter des poissons rouges. Et une algue, pour la verdure, le décor et l’oxygénation de l’eau. Accessoirement, la présence d’une algue permet de pallier commodément à quelque oubli de donner de la nourriture aux bestioles : si on ne leur donne pas leurs paillettes, les poissons bouffent la plante, et survivent comme ça. J’appelle ça une précaution gagnant-gagnant. Amen.

Donc trois poissons rouges (pour qu’il n’y ait pas de jaloux, et puis des fois qu’il y en ait encore un qui meure, hein). Une algue touffue. Un joli rocher pour jouer à se glisser dedans. Et on passe à la caisse de l’animalerie, après avoir fait la queue pendant que les enfants s’émerveillaient en circulant entre hamsters, souris, perruches et lapins divers.

Au moment où j’allais partir avec tous mes sacs :

La vendeuse (écartant un doute) : "Au fait, vous savez, hein ? Il faut les acclimater".

Moi (ébranlée mais prête à m’instruire) : "Ah bon, comment ça? "(en fait, c’était peut-être plus proche du "Hein?")

La vendeuse  "Et bien, vous prenez le sac des poissons, vous le laissez une demi-heure sur l’eau de l’aquarium pour que les températures s’harmonisent, et ensuite vous percez le côté du sac pour leur permettre de passer du sac à l’aquarium… vous avez bien un aquarium?"

Moi (pas à l’aise et faisant comme si c’était un peu la même chose) : "Heu… un bocal, oui."

antibocalLa vendeuse (en plein diagnostic) : "Quelle taille?" Moi (me croyant sincère, mais en fait grossissant assez considérablement la réalité)  : "A peu près comme ça"

La vendeuse (péremptoire) : "Il faut à peu près deux litres d’eau pour 1 centimètre de poissons".

Moi (sans voix). "…"

La vendeuse (probablement entre le mépris et la pitié) : "Il va peut-être falloir revoir votre équipement… " En une minute environ, je suis donc passée de "femme qui tient au bien-être de ses compagnons à nageoires" à "folle inconsciente bourreau de poissons". Oui, même en ressortant un autre bocal (plus petit) pour mettre le plus petit poisson, ils manqueront cruellement d’espace.

Depuis, je suis allée voir et là. C’est encore pire : "prévoir un minimum de 60L pour un premier aquarium" (quand ce n’est pas 250L). "Si le poisson est dans un bocal, alors sa croissance s’arrêtera naturellement, mais ceci dans de grandes souffrances…". J’ai eu plusieurs fois des poissons rouges et croyais bien m’en occuper. Enfin, à peu près. Je lis seulement aujourd’hui qu’il faut faire reposer l’eau pendant trois semaines avant de la mettre dans un bocal de poissons. Rapé. Je pense que ma vendeuse a gagné une nouvelle visite de ma part dans les semaines qui viennent.

1 commentaire

  1. Natacha dit :

    Et qu’est-ce que tu dirais de poissons empaillés ? Pas de problème d’espace, pas de problème de mortalité, pas de problème d’entretien, pas de problème de conscience. Que demander de plus (à part de l’eau) ?

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