En quarantaine

J’ai menti à la crèche. Je sais, c’est pas bien. Mais seulement par omission, ce n’est pas aussi mal, si ? Ah, si? Ah,bon.

Les crèches sont des endroits où l’on a un souci très particulier de l’hygiène et de la santé des enfants. Lorsqu’un enfant est malade, c’est au pédiatre de la crèche de décider des mesures à prendre, et à la directrice de la crèche de décider si l’enfant peut être accueilli ou non.bebestetho

Le principe de précaution implique d’éviter tout risque de contagion. Ainsi, nulle responsabilité n’est encourue par le personnel de la structure d’accueil.

En pratique, cela donne des appels en pleine journée, à votre travail : "On voudrait vous prévenir que Laura a fait une selle liquide !!! Venez la chercher le plus vite possible, on ne peut pas la garder".  Bref, panique à bord. Quelques minutes plus tard, vous vous retrouver devant votre patron, essayant de faire passer diplomatiquement la pilule :  vous l’abandonnez pour le reste de la journée (oui, alors qu’il y a encore des tas de choses à faire, et que c’est la deuxième fois en dix jours). Pas le choix.

Le plus injuste, c’est que justement, votre enfant tombe malade parce qu‘il est en collectivité et côtoie d’autres enfants malades.

Evidemment que ce n’est pas toujours la faute des autres. Tous les enfants apportent, chacun à leur tour, leur contribution précieuse au pool de microbes actifs de la collectivité.

Avant qu’on se rende compte qu’un enfant est malade, il a eu le temps d’en contaminer d’autres. Le premier enfant va donc se faire évincer de la crèche, mais les premières victimes de contagion auront le temps d’en contaminer d’autres avant de se faire chasser à leur tour, et ainsi de suite jusqu’à ce que les auxiliaires de puériculture soient quasiment au chômage technique. Bref, si la crèche traite votre enfant comme un pestiféré, c’est souvent elle qui en a fait un malade. C’est trop injuste.

Voilà pourquoi, lundi dernier, la gastro dont Laura avait été victime au cours du week-end s’est vue, sinon passée sous silence, largement euphémisée. J’ai notamment complètement oublié, par le plus grand des hasard, de prononcer les mots maudits ("selle liquide").  Ca a donné à peu près ça :

Il faut que je vous dise, elle a eu un peu de fièvre (elle a passé la moitié du week-end sous paracétamol), mais elle n’en a plus, je lui ai donné une dose d’antipyrétique vers 1h du matin mais sinon elle a bien dormi (puisqu’elle a tenu à rester près de moi toute la nuit et qu’elle s’est endormie plus tôt et réveillée plus tard) et elle est très en forme ce matin (ça, c’est vrai, elle court partout et fait autant de bêtises que d’habitude, même si elle n’a rien mangé de solide depuis hier soir). Bon, vous la surveillez, et s’il y a un problème, vous m’appelez, hein? Je compte sur vous. C’était ça ou devenir une pestiférée à mon tour. Mais à mon travail, cette fois.

2 commentaires

  1. perles du chat dit :

    Contagion

    Les parents sont certes des personnes stables (elles ne quittent par leur emploi sur un coup de tête), mais aussi des personnes dont l’emploi du temps nécessite quelques aménagements (horaires, vacances), et implique la gestion d’absences exceptionnelles. Dans tous les cas, il faut se dire : la Terre ne s’arrêtera pas de tourner. Et de toutes façons, les enfants doivent attraper tous ces microbes et autres virus bénins pour développer leurs défenses immunitaires contre les cas les plus graves. Pour ce qui est des selles liquides, mieux vaut taire ce détail pas du tout croustillant… 😉

  2. Cinn dit :

    Contraintes

    > Perles du Chat : Tu exprimes en trois lignes une problématique qui est en réalité un peu plus complexe. Pour la crèche, vous êtes un mauvais parent si vous ne vous arrangez pas pour récupérer votre enfant très rapidement lorsqu’on vous le demande. Et si l’organisation d’un parent ne lui convient pas, à la crèche, elle peut vous virer. Et là, vous vous retrouvez dans une mouise noire, parce que ça implique de retrouver un mode de garde compatible avec vos moyens et votre charge de travail. Pour votre employeur, toutes contraintes, prévisibles (horaires, vacances) ou non (maladies), sont mal perçues. J’ai souvent de l’aide pour ses cas là, mais lorsque je suis obligée d’intervenir moi-même, on me fait bien sentir que c’est un problème. N’oublie pas que dans mon travail, je ne suis pas maîtresse de l’organisation de ma charge de travail, et je ne peux pas gérer moi-même une absence, pas en rattraper moi-même les effets. Et si votre organisation ne revient pas à votre patron, lui aussi peut vous virer. Autre mouise noire (vous ne pouvez plus payer la crèche, notamment). Donc, que je soie « stable » et que je reste à mon poste en cas de souci, ou que je quitte mon poste pour ne pas être une trop mauvaise mère… j’ai toujours tort. Tout est une question d’équilibre pour que toutes les casseroles ne bouillent pas en même temps. C’est vrai, la Terre ne s’arrêtera pas de tourner si des enfants s’enrhument, ou si ils passent un après-midi pénible à la crèche, ni si je perds la place en crèche, ni si je perds mon emploi. Il n’empêche que c’est quand même un casse-tête.

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