Chatotaf

"Quand on commence à chatter au travail… c’est fini!" m’avait prévenu un ami perdu de vue depuis. Lui, non seulement il surfait et chattait à tout va depuis son travail (ce qui à l’époque, il n’y a pas si longtemps, me paraissait impensable), mais il avait convaincu ses supérieurs de réorganiser l’aménagement du bureau d’une manière bien plus ergonomique… mais qui avait surtout pour résultat, comme par hasard, que les écrans d’ordinateurs de la pièce ne faisaient plus face à la porte d’entrée. Allez savoir pourquoi.

Pour moi, les choses ont bien changé. Je ne suis pas dépendante du chat, mais vivre une journée de travail sans des "récréations" Internet m’est difficile. Je suis en partie dépendante du net (en partie seulement, car m’en passer pendant les vacances ne me gêne finalement pas tant que ça), y compris pendant mes heures de travail. Et cela, ce n’est sain pour personne, ni loyal.

Pendant très longtemps, cela n’a posé aucun problème. J’avais souvent l’impression de lambiner, de perdre un temps incroyable. Je rendais mon travail un peu penaude… pour me voir féliciter de ma rapidité ! Mais je crois que ces derniers temps, j’ai perdu trop de temps dans ces "pauses". A améliorer.

Le hic, c’est que je me rends compte que la dépendance n’est pas la seule cause de mon envie de faire autre chose que travailler. Je me retrouve comme pendant l’essentiel de ma scolarité, lorsque je passais mon temps à gribouiller de petits dessins en écoutant d’une oreille l’école/les cours : mon travail m’ennuie.

Bien sûr, il y a mes collègues (tous sympas), un supérieur direct sans lequel je pense que je ne serais pas restée tant c’est une crème, mes voisines de bureau (les plus géniales du monde), les locaux (magnifiques), le matériel (toujours récent), et même les horaires (réguliers, donc faciles à gérer pour une mère de famille)….. Oui, mais mon travail en lui-même s’est mis à m’ennuyer prodigieusement, parfois au point de me mener au bord de la répulsion. Je n’ai la plupart du temps pas besoin de me concentrer sur mon travail pour le faire correctement. Certes, parfois c’est plus intéressant : il y a des recherches à faire, des trucs à bidouiller, à expliquer, à résoudre. Un petit compte-rendu à faire. Quasiment toutes des choses qui ne font même pas à proprement parler partie de l’objet de mon contrat de travail. Mais l’essentiel de mes tâches m’endort intellectuellement.

Est-ce pour cela que je supporte de moins en moins mes autres conditions de travail ? Je suis dans l’impossibilité matérielle d’organiser mon travail, je peux avoir à jongler entre plusieurs tâches sur un coup de sifflet en fonction des urgences (mais ce n’est pas moi qui en décide), quitter un travail sur un appel pour préparer un café ou régler un point de bureautique. Les formations ou évolutions qui miroitent, mais qui n’aboutissent jamais sur rien. Le travail donné comme à une machine, sans l’arrière-plan qui me permettrait de le comprendre.  Etre flexible est une chose, être un jouet, une autre.

Reste à savoir comment m’extraire de là.

6 commentaires

  1. Natacha dit :

    Chatter au travail est c’est fini ? Alors je n’ai jamais vraiment commencé /o\ J’avoue, personnellement je suis dépendante du ‘ternet, mais je peux faire une journée de travail sans. Enfin, je crois, mais le retour de ce type de journées de travail coïncide étrangement au début de ma dépression… Mais bon, ça n’a jamais significativement entamé ma productivité, du moins jusqu’à ce qu’une certaine personne débarque dans ma vie. Il n’y a pas que du négatif dans le chat au boulot non plus. Je me souviens de ce jeudi de juillet qui se serait beaucoup mal passé si tu n’avais pas été là avec K pour me soutenir. Pour ce qui est de l’intérêt du travail, ça c’est un problème que je me suis posée pour moi dans un article un peu noir (http://www.vibrissae.org/fr/j-ai-rate-ma-vie). Je n’aimerait pas du tout avoir un boulot où je suis un jouet ou une machine, même si l’environnement et les collègues et tout était parfait. Mais en même temps je ne vois pas comment ne pas me retrouver avec un boulot comme ça. Alors autant dire que je n’ai absolument aucune idée non plus de comment on peut en sortir dans tomber de Charybde en Scylla. Bon courage quand même dans ce que tu vas tenter, quoi que ce soit (y compris continuer comme ça).

  2. grandbrun dit :

    De l’ennui d’être efficace…

    Vous (Cinn et Natacha) subissez peut-être la conséquence de vos compétences (surdimensionnées ?) et de votre adaptabilité. Alors dans ce cas le chat n’est que le remplissage de vides laissés ça et là par vos employeurs. Quant à conclure hâtivement sur la non-déontologie du chat ou la nécessité de mutation, je ne suis pas d’accord. L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. Et vos chats manqueraient aux habitués qui attendent chaque jour de croiser le fer avec vous …ou (pour certains) simplement de vous sentir tout près malgré tout.

  3. MuMM dit :

    Amener son chat sur son lieu de travail ? Pauvre bête…

  4. Letesle dit :

    des pistes de solution ?

    Comment sortir de là ? Plusieurs possibilités : – changer ton optique par rapport à ton boulot : l’essentiel n’est pas de donner le meilleur de toi-même, mais que tes chefs soient satisfaits. A partir de là, pas de raison de culpabiliser – dire leurs quatre vérités à tes chefs (ou au moins 2 ou 3) : leur expliquer ce que tu dis dansl e dernier paragraphe, qui est certes légitime mais qu’ils n’ont pas forcément deviné (j’ai des collegues qui se contrefichent de connaître le contexte de ce qu’on leur demande) – chercher du boulot ailleurs – pas forcément hyper intensément, mais tranquillement, jusqu’à dénicher quelque chose de mieux. Mais attention, je vois bien qu’il y a un paquet de bons côtés à ton boulot, et que tu ne seras pas forcément gagnante avec n’importe quoi d’autre… Bon courage en tout cas !

  5. cordelia dit :

    jouer avec son chat sur son lieu de travail ???? oh mon dieu ! t’as pas honte ???? euh …. ok je sors !

  6. ralphy dit :

    Il fut un temps, je m’obligeais à ne pas tchatter avant 30 minutes après la fin officielle de ma journée de travail (j’aime rester tard au bureau, célibataire et aimant ce que je fais, c’est logique), afin de ne pas perdre du temps durant la journée. Mais ce fut le cas lorsque j’encadrais une équipe de développeurs qui nécessitait une concentration et une disponibilités très carrés, rendant le tchat pour ainsi dire impossible, sinon avec mes autres collègues, responsables, collaborateurs ou clients. En revanche, depuis que je travaille seul, à mon compte, sans tchat, je ne saurais passer une journée. En effet, à défaut d’avoir des collègues sous la main ou à la machine à café, on se désocialise très vite et on déprime. Par conséquent, le tchat est un bon moyen de garder contact avec d’autres individus, quitte à perdre en productivité immédiate, mais garder un semblant d’humanité, sans laquelle on perdrait toute raison ou du moins toute raison de venir travailler… Je précise tout de même qu’une partie de mes tchats sont professionnels ! 😉

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