Atmosphère, atmosphère…(1)

Chez Lherbe & Pluverte, la communication entre collègues est un peu spéciale. Si vous avez un reproche à faire à quelqu’un, d’aucuns pourrait croire que la manière la plus simple de gérer le conflit est d’abord d’aller lui parler.

Que nenni. Il faut aller rapporter. Évidemment, le premier à aller se plaindre est présumé avoir raison.

Une vraie cour de récré.

L’ennui, c’est que je ne le savais pas.

Je ne sais pas si quelqu’un se souvient de l’une de mes aventures avec la Baronne : c’est ici.

Pour résumer, elle m’avait ostensiblement posé un lapin après que je lui aie proposé que l’on déjeune ensemble (et qu’elle l’avait accepté). Pour lui faire un peu honte devant ses copines, je lui avais demandé des nouvelles de son Alzheimer précoce.

Ce que je ne savais pas, c’est que la première chose qu’elle a fait, c’est d’aller rapporter à nos chefs que je l’avais insultée en disant qu’elle avait un Alzheimer. Évidemment, c’est une version un peu tronquée des choses, mais qu’est-ce qu’un peu de subjectivité quand on peut nuire à quelqu’un?

Et visiblement, tout était comme ça. On m’a donné a postériori peu d’exemples précis, mais on dirait que j’ai lancé un certain nombre de plaisanteries qui ont été prises au premier degré comme des insultes, alors qu’elles me paraissaient incroyablement anodines et inoffensives, et que le moindre détail a été interprété, déformé, et monté en épingle.

Bref, au bout d’un moment, sans que je le sache, la moitié du service était allé se plaindre de moi, sans qu’il me vienne à l’esprit que quelque chose n’allait pas,  et surtout sans qu’il me vienne une seconde à l’idée d’aller me plaindre à mes chefs de ce que, par exemple, l’une de mes petites camarades n’avait pas voulu déjeuner avec moi.

(à suivre)

6 commentaires

  1. Giusepe dit :

    Il y a des gens qui, non seulement n’ont pas d’humour, mais pire que ça, sont incapables d’envisager les choses autrement qu’au premier degré.
    A croire qu’il faudrait toujours brandir un smiley à chaque fois qu’on s’autorise une plaisanterie.

  2. ralphy dit :

    Cela ne devait pas être facile de travailler avec des personnes dénuées d’humour…

  3. Roman Age dit :

    C’est dur, parce que nous qui lisons ton blog, meme sans te connaitre reellement, nous te connaissons suffisamment pour te comprendre, je veux dire par la qu’on n’a pas besoin d’etre proche d’une persone pour comprendre sa facon de fonctionner, et son humour bien sur, c’est meme une evidence, alors c’est dur de penser que des gens avec qui tu travaillais ne te connaissaient pas, te comprenaient si peu…

  4. Cinn dit :

    > Giusepe : J’imagine d’ici. « M’sieur, m’sieur, Cinn elle a un espèce de bonhomme jaune ridicule qu’elle brandit à tout bout de champ, c’est pas sérieux, hein, m’sieur, ça donne une mauvaise image, je trouve, hein, m’sieur? »

    > Ralphy : Dénuées d’humour, ou peut-être bien moins enclines à chercher à comprendre l’humour d’autrui qu’à chercher la petite bête… c’est tellement facile de trouver à redire sur quelqu’un, une fois qu’on s’est mis dans la tête qu’on allait trouver.

    > Roman Age : Je suis très touchée. Accessoirement, j’ai moins l’impression d’être une extraterrestre. Merci.
    Tu crois que j’aurais dû leur donner l’adresse du blog pour qu’ils comprennent un peu mieux ?

  5. Natacha dit :

    Toujours sans la moindre idée de mon avenir professionnel après ma thèse, je crains de plus en plus de me retrouver dans un environnement de ce genre. Si d’autres (comme toi) s’y sont laissées prendre avant moi, je ne vois pas comment j’arriverai à détecter ce genre d’incompatibilités à temps /o\

  6. Cinn dit :

    >Natacha : Apparemment, je cumulais deux facteurs de risque : 1) travailler dans une « grosse boîte », 2) et en plus dans une équipe composée quasi exclusivement de femmes. Je pense que nous aurions notre chance, toi ou moi, dans une structure plus petite et plus mixte. Si d’autres ont des avis à ce sujet, ils sont bienvenus.

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