Envol

Il était brun, il était beau, il sentait bon le chèvre chaud. Et moi, j’étais assise entre ses cuisses. Il me demandait de le prévenir si je commençais à me sentir mal. J’étais bien, très bien même. Sauf qu’il n’y était pour rien. C’est le paysage que je regardais, doucement euphorique.

Je crois que c’est encore plus beau que ce que j’en imaginais. Oui, car c’était un rêve depuis longtemps, de "voler" ainsi sans machine nparapentei moteur. Surtout avec un décor aussi magnifique : des montagnes en été. Le silence, le soleil, ce vent qui nous porte. Je n’ai pas les mots pour dire cela, et une photo ou un film ne rendrait ni la majesté calme du paysage, ni le bonheur de se sentir portée au dessus de lui.

C’est à Grandbrun que je dois ce joli cadeau et ce rêve réalisé. : un baptême de parapente, en biplace. Une inscription, un petit coup de téléphérique, quinze minutes de marche (je portais juste ma sellette, et le moniteur les 23 kilos de voile. Excellente répartition.). Les voiles dépliées avec soin sur le site de "décollage". Je suis casquée, sanglée, attachée de partout, et c’est parti. Il suffit de courir quelques pas pour que la voile se gonfle, nous arrête un instant, puis se mette facilement à nous porter.Je suis assez surprise du fait qu’il convient apparemment de s’asseoir sur la sellette (je m’imaginais debout comme sous un parachute, ou allongée comme sur un deltaplane). Du coup, la petite appréhension du départ est facilement dissipée.

Près de l’arrivée, mon moniteur remarque qu’une autre voile, partie un peu avant nous, fait des cercles autour de notre lieu d’atterrissage. Sous celle là, il y a une jeune fille hollandaise et un moniteur quelque peu bravache (allez, on peut le dire franchement : c’est un gros crâneur) lui a déclaré d’office : "I am the crazy moniteur of ze school".  "Le salaud!" dit-il entre ses dents. Amusé, mais touché dans son orgueil. Du coup, j’ai droit aussi à quelques cercles avant l’arrivée. Déception de mon pilote à l’arrivée : le "crazy moniteur" matamore a "gagné" puisqu’il est resté plus longtemps en l’air.

Prochaine envie : le stage d’une semaine. Il paraît qu’à partir du troisième jour, on vole tout seul.

Hmmmmmmmm.

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