Qu’est-ce, hier ?

Que celle à qui cela n’est jamais arrivé me jette le premier steak surgelé : parfois, des petites courses se transforment en grandes.

C’est toujours pareil, à force de ne pas avoir envie de faire des expéditions de ravitaillement à l’hypermarché (même si ça reviendrait quand même moins cher).

"Tiens, au fait, je n’ai plus de jus d’orange. Je vais faire un crochet au supermarché. J’en ai pour une minute, voire deux. J’attrape mon carton de Sanguinello et hop, à la caisse. Enfin, peut-être aussi un petit paquet de yaourts. Allez, trois minutes maxi…. pour le reste, on fera de grosses courses une autre fois….. …Ah tiens, ils font du gaspaccio en cartons, maintenant? Tiens, je vais essayer, ça ne me chargera pas beaucoup plus. Et puis je n’ai plus beaucoup de yaourts. Et quelques fruits, ça changera un peu…Oh ! Bien sûr ! La lessive, j’allais oublier la lessive ! Je n’en ai presque plus. Et tant qu’on y est…" Et ça continue comme ça jusqu’à ce que mon panier soit plein à ras bord. L’en cas s’est transformé en crise de boulimie, le petit crochet improvisé en une randonnée.

Je débarque donc à la caisse sans grand sac à courses, ni petit chariot pliable (j’en ai un qui ne fait pas trop "mémère"). Je compte sur la généreuse provision de sacs plastiques entassés aux pieds de la caissière pour ramener mes emplettes chez moi. Tant pis, le réchauffement de la planète sera un peu ma faute.

Et je vous donne en mille ce que fait invariablement la caissière, face à un amoncellement d’achats digne d’un régiment en vadrouille, évoquant vaguement un Himalaya posé sur son tapis roulant, ou le garde-manger d’un régiment ?

Elle dit mécaniquement "bonjour".

Elle prend l’air bovin et commence à passer les premiers articles devant son lecteur. Bip. Bip.

Moi (le plus aimablement possible) : "Il va me falloir des sacs, je crois".

Elle regarde ailleurs.

Et elle pousse au bout de sa caisse…… UN sac plastique, contenance standard.

Radine !!

Il est très rapidement plein.

Moi (légèrement agacée, mais toujours aimable) : "Il va m’en falloir d’autres, s’il vous plaît".

Sans un mot, l’oeil devenu quasi végétal, la créature émet UN autre sac.

C’est en général à la troisième tentative qu’elle consent à m’en passer plusieurs à la fois. Il faut dire que d’autre clients attendent derrière moi et qu’à force d’attendre son bon vouloir, mes achats encombrent un peu le bout de sa caisse. Alors peut-être qu’elle se dit que si elle continue à m’en donner au compte-gouttes, elle va être obligée de rester après l’heure.

Vous avez remarqué ? Jamais, ou presque, une caissière ne se risquerait à vous aider à remplir vos sacs, même si elle en a le temps. Une fois enregistrées, vos courses deviennent votre propriété privée, et elle aurait l’impression d’empiéter sur votre intimité, votre vie privée, votre jardin secret. Pas touche.

Elle insistera pour que vous payiez le plus rapidement possible ("votcoddsivouplaît"). Parfois, elle patientera, l’air de pas remarquer que vous avez du mal à ouvrir ces saletés de sacs dont les bords se collent l’un contre l’autre. Parfois, elle se bornera à commencer à faire passer les articles du client suivant, et tant pis s’ils se mélangent avec les vôtres pendant que vous luttez pour fourrer vos moyens de paiement dans votre sac pour avoir les mains libres.

Oui, parfois il y a un séparateur en bois qui permet, en pivotant d’un côté ou de l’autre de la caisse, de cantonner les affaires de deux personnes différentes dans deux coins différents de la tablette. Mais JAMAIS je n’ai vu une caissière l’utiliser.

 

Je sais, je sais, ce n’est pas très amusant comme boulot, et pas bien payé, en plus. Je sais bien, je l’ai fait, un peu.

Mais un petit effort, peut-être ?… .En échange, promis, la prochaine fois, j’essaierai de penser à mon sac à courses écolo.

6 commentaires

  1. Natacha dit :

    C’est amusant, il m’est arrivé exactement la même chose hier soir… j’étais partie pour un rapide tour au supermarché, juste pour acheter une pile 9V pour remplacer celle de mon répondeur, et mesurer si leurs plaques de four « spécial frites » rentrent dans le mien. Et puis je vais prendre une bouteille de jus de fruit, pour pas que mes deux bouteilles et demie se sentent seules dans le frigo’ (je suis dans une période jus de fruits, c’est pas grave). Et puis des boudoirs, ça part vite ces trucs-là. Et puis une boîte de ces cookies super-chers mais super-bons. Et ensuite j’ai eu le malheur de passer devant leur nouveau stand de bric-à-brac… je suis arrivée à la caisse avec en plus des bols, un mug, des jolis papillons magnétiques, des déco’ de fenêtre, etc. Par contre pour le reste, mon expérience personnelle ne concorde pas. Les sacs plastiques étaient toujours là par paquets ; à l’époque où je fréquentais un super-marché avec la barre en bois, elle était utilisée ; pratiquement a chaque fois la cassière avait attendu que je finisse de tout emballer ou de me ranger sur le côté avant d’envoyer la suite ; et je n’ai encore jamais été pressée pour entrer mon code. Et j’ai pratiquement toujours droit à un sourire, voire un rire, quand je fais une blague sur le lecteur de carte qui ne marche pas (c’est une vraie calamité à ce Monoprix). Au fait, question pratique, est-ce que c’est considéré comme écolo’ de se pointer avec des sacs basiques récupérés d’une fois précédente pour prendre ses courses ? C’est vrai qu’ils ne tiennent pas très longtemps, mais ils sont réformés en sacs poubelle au fur et à mesure.

  2. kaliuccia dit :

    :-)

    Désolée hein mais :-) Parce que et d’une chez nous, il n’y a plus de petits sacs plastiques depuis deux ans. Donc où tu as ce qu’il faut sur toi, ou tu en achètes à la caisse et là tu retournes à ta voiture, tu ouvres le coffre, et tu le range avec les 54679787879 autres sacs qui attendent ;-) Sinon, :-) parce que j’ai été caissière trois ans pendant que je suivais mes études par le CNED et … j’ai tout fait subir comme tu racontes à plein de clients. Et je l’ai fait exprès ;-) Bah, pour mon crédit, nous dirons que j’étais jeune.

  3. Sun dit :

    Super vs Hyper

    Je suis d’accord avec toi pour les Hypermarchés mais dans mes supermarchés, les caissières m’aident à ranger mes courses et elles sont souvent souriantes. J’en profite pour soulever un point qui m’agace dans les supermarchés. VOUS femmes qui, contrairement à nous, êtes multi-taches. Pourquoi ne pouvez vous pas ranger vos courses ET payer en MEME temps. Vous commencer par ranger vos courses, une fois terminé, vous ouvrez votre sac, mettez 5 minutes à trouver votre porte-carte, sortez votre carte, payez, rangez la carte et enfin partez. Vous ne pouvez pas faire comme nous, d’une main vous rangez et de l’autre vous payez. C’est peut être pour ça que les caissières sont sympas avec moi et m’aident à ranger à mes courses, va savoir ! En général, à courses égales, je sors du magasin avant la cliente me précédant.

  4. Gorgonzolla dit :

    Première remarque, ne jamais faire ses courses quand on a faim car sinon, il n’y a pas d’alternatives, tu ressors avec des courses pour un régiment… Tout ce que tu racontes là, c’est exactement ce qu’on vit à la caisse du supermarché… D’ailleurs, j’en ai moi aussi fait un article… http://gorgonzolla.over-blog.com/article-3450224.html Le seul truc pour gagner la course avec la caissière, c’est d’ouvrir 2 ou 3 sacs en avance… En fait, c’est dans les 20 premières secondes que se joue toute la course… Il y a des caissières redoutables qui mettent un malin plaisir à alterner fruit, oeufs, baril de lessive, en commençant par te donner le produits les plus fragiles (donc à mettre en haut), mais avec un peu d’expèrience et du calme, on arrive généralement à terminer ex aequo… Le tout est de bien savoir gérer sa course et de conserver son calme… Aux Etats unis, ils ont pas le concept du sac plastique (enfin, beaucoup moins que chez nous)… Ils ont des grands sacs en papier, et c’est la personne à la caisse qui les remplit! Ca coûte pas forcément plus cher de mettre directement dans un sac les produits passés devant le scanner… Enfin bon

  5. cordelia dit :

    il n’y en a plus non plus des sacs dans les supermarchés que je frequente. alors j’ai acheté leur grand sac bien colorés. sauf que j’oublie tjrs le sac quand je décide d’aller faire les courses et à chaque fois j’en rachete un ! remarque c’est sympa maintenant, vu que j’ai acheté toutes les couleurs qui existaient, je vais pouvoir assortir mes sacs de course à mes tenues !

  6. Cinn dit :

    Or donc…

    > Natacha : Ouf, ce n’est pas que moi ! Pour le sac plastique utilisé plus d’une fois, je ne suis pas sûre. En fait, quitte à penser à prendre un sac chez moi, autant en prendre du vrai, du gros, du solide, non ? > Kaliuccia : Entièrement d’accord sur les trois millions de sacs qui restent dans la voiture quand on n’a pas accès à des sacs jetables. Pour ton expérience « de jeunesse », elles confirment mes craintes les plus parano. Car « mes » caissières sont loin d’être des jeunettes. Mais si elles le font exprès, c’est que c’est grave. C’est que l’être humain est donc effectivement ainsi fait que moins il a de pouvoir, plus il aime à en abuser pour le plaisir. Je retourne sur ma planète. > Sun : Les femmes ont des sacs à main. Ca annule le bénéfice du multitâche, car ça encombre. Sinon, je te confirme qu’il s’agit bien d’un supermarché. Le seul magasin où tous les caissiers et caissières sont aimables, rigolos et serviables, c’est chez le Picard du coin. Et après on s’étonne que j’achète plus souvent des surgelés ! > Gorgonzola : Merci pour ton billet ! Oui mais accepter de faire la course avec la caissière, c’est aussi jouer son jeu, au lieu de la laisser face à sa responsabilité et à sa conscience professionnelle (non, non, je ricane pas, j’ai juste les lèvres gercées…). > Cordélia : Enfin une optimisation du problème : l’adaptation et le côté fashion !!! Bravo !

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