Les math-ernelles

Ce billet est destiné aux plus bossedesmatheux d’entre vous, si possible avec des connaissances en parapsychologie et en maths très très modernes ecoliere Imaginez que vous êtes la personne qui va décider des règles concernant les effectifs du système scolaire. Ainsi, vous devez décider : 1) quel est le nombre maximum d’élèves dans une classe : n 2) à partir de combien d’élèves par classe au total on a le droit d’ouvrir une nouvelle classe : n’

Et bien tenez-vous bien, je viens de découvrir que n’ est supérieur à n.

Pour parler plus concrètement : imaginez que vous êtes une directrice d’école maternelle qui a le droit d’avoir 32 élèves par classe maxi (et c’est déjà beaucoup). Or, si vous avez 133 élèves dans votre école, vous avez le droit d’ouvrir 5 classes. Si vous avez 132 élèves, vous n’avez le droit d’en ouvrir que quatre.

Dans le cas où vous avez 133 élèves, tout va bien. La moyenne est de 26,6 élèves par classe, et tout ce que vous aurez à faire, c’est d’utiliser cette petite marge pour décider, en fonction des effectifs, combien de classes de chaque niveau vous aurez, et si éventuellement vous vous lancez dans l’aventure des classes de double niveau.

lyceens_en_colereOui, mais si vous avez 132 élèves, vous n’avez droit qu’à quatre classes. Quatre classes de 132 élèves, ça fait 33 élèves par classe. Quatre classes de 32 élèves, ça fait… 128 enfants.

Autrement dit, soit vous acceptez d’avoir 33 élèves par classe, et vous êtes dans l’illégalité, soit vous mettez quatre enfants à la porte (après tout, l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans, les parents n’ont qu’à garder leurs gosses chez eux).

Chez nous, on a de la chance, on est au-dessus des 133 cette année encore. Mais j’avoue qu’il y a là un système de calcul qui m’échappe.

Il paraît que l’argument n°1 pour justifier ce calcul est que dans les petites classes, les enfants ne sont jamais là en même temps (épidémies de rhino-pharyngite à répétition, varicelles et autres cataclysmes parentaux, sans parler des vacances prises hors saison).  

Donc l’école ne fonctionne bien que quand tout le monde n’est pas là.

C’est d’une logique imparable.  Il faut adapter le fonctionnement d’une structure au risque d’absentéisme des uns et des autres. Donc, si vous trouvez qu’un organisme public quelconque souffre d’un fort taux d’absentéisme de ses effectifs, rassurez-vous : il devrait très vite faire l’objet d’un recrutement massif.

(nota : renseignements pris, la logique de comptage bancal est exactement la même pour des élèves de lycée, donc ça sent le prétexte).

(tout ça pour dire aussi que ça me paraît ridicule. Tant qu’à faire les radins, pourquoi ne pas dire directement qu’on a le droit de mettre 33 enfants dans une classe ? Il y a là sûrement des enjeux qui me sont inconnus).

Le monde est beau.

1 commentaire

  1. K dit :

    Mince, même à l’école la pratique du surbooking existe !!

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