T-t-t-t-t-thééééérapie

Ca ne se voit pas sur un blog, mais oui, on bégaye. Enfin, Raphaël bégaye, et moi aussi, un peu, en tout cas assez pour m’être dit qu’il fallait faire quelque chose pour tenter de lui éviter ce handicap dans sa vie future.

stutterVers 2-3 ans, on a demandé son avis au médecin, qui a dit que c’était très fréquent et qu’il ne fallait pas s’inquiéter avant au moins 4 ans.

A 3-4 ans, j’ai appris que le conseil donné précédemment, c’était la vieille école. Qu’en fait, au contraire, il fallait traiter le souci le plus tôt possible.

Grâce à l’Association Parole Bégaiement, j’ai pu trouver l’adresse d’une orthophoniste formée (ils ne le sont pas tous) aux nouvelles méthodes.

L’ancienne méthode consistait essentiellement à trouver des palliatifs, des trucs pour que le bégaiement ne se voie pas. Allonger certains sons, en éviter d’autres, trouver des mots, des périphrases pour remplacer ceux qu’on ne peut pas dire. Certains bègues mettent en oeuvre d’eux-mêmes ces béquilles : j’ai appris à l’occasion que Lex avait bégayé très lourdement étant plus jeune, et que parler était encore un souci constant pour lui, alors que je ne m’étais jamais rendue compte de rien.  Autrement dit, pour ceux-là, parler reste une difficulté, un passage en force ou contournement permanent, mais ça ne s’entend pas. La nouvelle approche consiste en quelque sorte à dédramatiser la parole, à considérer que les petits accidents de parole sont normaux et à éviter de provoquer une crispation dessus, puisque c’est la crispation qui provoque un cercle vicieux et qui provoque et aggrave le bégaiement. Au contraire, on tente de faciliter la communication, pour que la personne acquière au contraire un réflexe de détente. Pour cela, il est important que l’entourage (donc, pour un enfant : les parents, la maîtresse, etc. ; mais vous pouvez appliquer ça aux bègues que vous connaissez) soit informé de ce qu’il faut faire et ne pas faire : exemple :

  • ne pas donner des conseils techniques (de respiration, par exemple),
  • ne pas obliger à répéter un mot ou une phrase jusqu’à ce qu’ils soient corrects ;
  • ne pas faire comme si de rien n’était, comme si c’était normal : ne pas attendre sans rien dire que la personne ait fini de parler;
  • au contraire, exprimer la présence du trouble ("tu as un peu plus de mal à parler aujourd’hui ? Je vais t’aider…")
  • ne pas laisser la personne s’enliser dans son bégaiement : suggérer des mots, ou un contexte.

Bref, c’est une approche radicalement différente… et j’avais envie d’en dire un mot pour répandre (un peu) la bonne parole.

 

pour plus d’information : un tout petit livre d’Elisabeth Vincent :" Le bégaiement, la parole désorchestrée", aux éditions Les Essentiels Milan.

5 commentaires

  1. Natacha dit :

    J’ai quand même de gros doutes par rapport au dernier point. Je préfère de loin être face à quelqu’un qui attend patiemment que je finisse mes mots, plutôt que face à ces gens trop pressés qui, pour une raison obscure, complètent systématiquement mes phrases avec un sens complètement différent du sens voulu. Du coup je passe plus de temps à les corriger qu’à tenter d’ajouter de nouvelles idées, ce qui est quand même extrêmement pénible.

  2. ralphy dit :

    Résultats ?

    Tu nous diras le résultat de cette nouvelle méthode avant d’en faire la promotion ? 😉

  3. Alexandre dit :

    Nouvelle ?

    En fait, il ne s’agit pas vraiment de la « nouvelle » méthode. C’est plutôt qu’avant les médecins et orthophonistes n’étaient pas formés au bégaiement, alors il y allait au feeling, comme bon leur semblait, quitte parfois à aggraver sérieusement le bégaiement d’un enfant. Depuis une vingtaine d’années, la formation sur le bégaiement s’améliore et les médecins et orthophonistes savent de plus en plus comment s’y prendre. En l’occurrence, il s’agit de la Guidance parentale qui fonctionne quasiment dans 100% des cas pour les jeunes enfants. Par rapport aux conseils du post ci-dessus, j’ajouterais qu’il ne faut pas non plus systématiquement exprimer la présence du trouble. De temps en temps (1 ou 2 fois par semaine), ça roule, mais plus ça devient du harcèlement pour l’enfant qui pourrait alors mal réagir en culpabilisant de ne pas être capable comme Maman le souhaiterait (ce qu’il faut absolument éviter). Suggérer un mot est bien, à mon avis. Suggérer une portion de phrase complète est peut-être à éviter. En résumer, il faut être à l’écoute de son enfant et instaurer un climat familial propice à une communication simple et sereine. Bon courage à vous !

  4. Cinn dit :

    > Nat : J’ai la même impression que toi… mais me dis que ça vaut peut-être le coup d’être tenté. > Ralphy : Pas sûre des résultats pour l’instant, il me semble qu’il y en a un peu. Mais l’approche me paraît sensée… on verra bien.

  5. Cinn dit :

    > Alexandre : Bienvenue sur ces pages et merci pour ces précisions. En ce qui concerne le fait de signaler le problème, je ne le fais pas systématiquement non plus… d’ailleurs, l’orthophoniste a aussi demandé de signaler à l’enfant le fait qu’il parle particulièrement bien/mieux tel ou tel jour…. A part ça, j’ai l’impression qu’il y avait peut-être plus de méthodes (plus ou moins fondées) que je ne croyais. La méthode « des béquilles » est celle à laquelle j’ai moi-même eu droit, sans résultat flagrant.

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