Arthur, le début d’une dépendance

On peut mesurer 1m10, avoir les dents qui se déchaussent, être chauve et totalement dénué de muscles, et néanmoins déchaîner les passions.

Tout a commencé un matin, début octobre. J’étais sur le point de faire un petit trajet en transports en commun avec les enfants, et je cherchais un moyen de les occuper.  Je cherchais un magazine pour enfants, d’un gadget, que sais-je ?

Et je suis tombée sur Arthur Sanpeau. Un demi-crâne en plastique, avec sa mâchoire inférieure, deux rangées de dents à monter dedans et un premier fascicule d’explications, pour moins d’un euro (bon, en fait, 99 centimes, donc pas beaucoup moins, en fait, mais moins quand même).

Ne reculant devant aucune dépense somptuaire, j’en ai pris deux. Le libraire a beaucoup intrigué Raphaël en lui disant qu’on pouvait fixer une bougie dans le crâne (j’ai dû démentir cette possibilité plusieurs fois par la suite : un bougeoir en plastique, ça le fait pas). 1,98 euros pour un trajet entier de calme et, qui sait, de partir « à la découverte du corps humain » comme le propose le titre de la collection, ça ne se refuse pas.

Il s’agit donc d’un squelette de 1m10 (socle compris, quand même), agrémenté de quelques organes internes (yeux, poumons, intestins…) à monter au fil des numéros de la collection.  Il s’appelle Arthur Sanpeau, et est censé être une sorte de copain de l’enfant, qui lui présente en même temps comment son corps fonctionne, au fil de fascicules explicatifs plutôt bien faits.

Raphaël s’est donc employé à mettre une à une les dents dans les mâchoires, et je l’ai aidé à monter la mâchoire inférieure sur le crâne. Laura a laissé le sien presque totalement édenté et l’a presque aussitôt abandonné.

Je comptais en rester là. Je sais que le prix de ce genre de collections augmente au fil des numéros et qu’au final, le but de la série est de vous faire payer beaucoup plus cher que pour un objet acheté dans un circuit classique.

Une semaine après, je suis tombée sur le n°2, qui comprenait royalement les yeux, une moitié de cerveau et le haut du crâne, sans lequel la tête d’Arthur ressemble à une boîte sans couvercle. Certes, le prix était beaucoup moins modéré (6,99 Euros), mais je me suis dit que ça leur ferait plaisir d’avoir un crâne complet (J’ai dit UN).

En plus, le libraire m’a encore donné une idée originale : mettre de petites ampoules électriques dans les globes oculaire pour faire des yeux qui brillent. Vous saviez qu’il y a des gothiques dans les librairies ?

Grave erreur de psychologie. Raphaël s’est rué sur les nouveaux organes pour les monter sur SON squelette (enfin, début de squelette), tandis que Laura pleurnichait qu’elle voulait, elle aussi, « des yeux« .  Or, si je n’aime pas céder aux caprices, là, il m’a semblé que ce serait injuste que son frère ait des yeux pour son squelette et pas elle. Le lendemain, après une brève recherche, j’ai ramené à Laura sa moitié de cerveau et son couvercle.

Cette fois, je n’achète plus rien, c’est promis. D’abord, ça ne se voit pas quand le crâne est fermé, qu’il n’y a que la moitié du cerveau dedans. Certes, Raphaël a tenté d’obtenir, avec plus ou moins de diplomatie, la moitié de cerveau de Laura, et il a fallu que j’insiste vraiment pour le convaincre qu’on ne pouvait pas mettre deux moitiés gauche de cerveau dans un crâne (oui, vous pouvez lâcher vos blagues sexistes).

Mais quoi ! Il est indiqué en tout petit sur le carton du numéro 2 que la collection comporte 34 parties (même si elle peut être interrompue à tout moment en cas de mévente).  Le prix des numéros suivants restant stable, cela fait, si mes calculs sont bons, un jouet à 231,66 Euros.  463,32 Euros si je continue à tout acheter en double. Pour un jouet finalement assez mal fichu, ça fait beaucoup.

Note personnelle : penser à acheter un squelette pour son anniversaire, si sa passion pour l’anatomie humaine ne s’est pas émoussée depuis. Et aussi, la prochaine fois, miser sur Pomme d’Api ou Tchoupi.  Leur vocation de médecin pourra bien attendre encore quelques années.

3 commentaires

  1. justine dit :

    Bonjour Madame,

    Je suis étudiante en Belgique pour enseigner les sciences. Arthur Sanpeau est un très bel outil didactique mais il arrive seulement maintenant en Belgique. En juin, je devrai présenter mon travail de fin d’études et j’aimerais utiliser ce squelette. Cependant je n’aurai pas tous les numéros à cette période. Avez-vous continué la collection pour vos enfants? Si oui cela vous interesserait-il de le revnedre, je suis preneuse.

    D’avance je vous remercie Madame

    Justine

  2. Cinn dit :

    Bonjour,

    Non, je n’ai pas du tout continué la collection, qui était très onéreuse. Mais il y a un bureau d’abonnement à Bruxelles et une adresse en Espagne, qui pourraient peut-être vous fournir ces éléments ?

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