Du formalisme de la résiliation amoureuse

« Pourquoi rompre avec elle ? Sois un homme, un vrai : arrête d’appeler« .

(Joey à Chandler dans « Friends » (The one with the German laundry detergent) ».chandlerjoey

Le Code Civil, ni aucun Code d’ailleurs, n’accorde le moindre alinéa aux relations amoureuses. Pourtant, il semble que la plupart de ces relations suivent un certain nombre de règles non écrites, mais parfois orales.

Pourquoi, par exemple, est-il bon de préciser à son partenaire que l’on ne veut pas s’engager et que l’on se réserve le droit d’aller voir ailleurs si cela nous chante ? Parce que le contrat standard en la matière contient une clause d’exclusivité (du genre « chacun des cocontractants s’oblige à ne pas rouler de pelle à un tiers en présence de l’autre partie ») et que si un régime dérogatoire reste possible, il est souvent entendu comme étant l’exception.

Si la formation d’un contrat de relation amoureuse ne requiert aucun formalisme particulier, il me semble presque toujours préférable que la résiliation fasse l’objet d’une indication expresse, si possible avec présence physique des intéressés. 500px_Code_Civil_1804Ne pas agir ainsi revient à poser des règles tacites, des non-dits : la relation est terminée lorsque je sens qu’elle s’effiloche, et je choisis de considérer que l’autre pense la même chose que moi, pour ne pas avoir à rassembler le courage de formuler moi-même les mots qui terminent une histoire.

Les hommes ont la réputation de penser qu’il est au contraire plus honorable de ne pas prononcer ces mots-là, de s’éloigner sans bruit et sans heurt, en croyant ménager l’autre puisqu’on lui évite un face-à-face douloureux.

Appelez-moi Candy, appelez-moi Wendy, ou même Portalis ou de Maleville, mais je suis contre les résiliations tacites, et contre les commencements d’exécution d’un contrat ultérieur avant la rupture du premier. La seule exception concernerait les rencontres à peine ébauchées, où il ne s’est rien, ou quasiment rien passé. Dans ces cas là, je passe assez facilement sur une absence de réponse à une perche tendue… mais là encore, j’ai la même tendance à un certain formalisme quand la décision vient de moi. Est-ce que je suis la seule (ou du moins minoritaire) dans ce point de vue ? Et vous, pensez-vous qu’une rupture peut se passer de mots ?

9 commentaires

  1. Fish dit :

    alternative

    et si tout simplement le moment de la rupture n’est pas si évident à identifier? En d’autres termes quels sont les éléments suffisants et nécessaires afin de déterminer qu’il est temps de mettre un terme à la relation? Dès lors il ne subsiste plus que le silence comme solution de repli tant que la solution ne se présente pas …

  2. Jerry dit :

    Cohérence

    C’est sûr, Fish, pas toujours facile de savoir si l’on veut continuer ou pas… Mais dans ce cas, pourquoi le laisser sentir à l’autre? A partir du moment où l’on fait peser sur lui (ou elle) ses propres doutes quant à la rupture, alors il faut être franc et clair, savoir trancher. Tant que l’on n’est pas sûr de vouloir rompre, faire bonne figure, sauver l’avenir. Et si l’on se décide enfin, alors parler. Mais pas d’entre-deux. Pas de trop dit ou pas assez. Pas de sous-entendus, de « temps de réflexion »: ceux-là, on les prend pour soi, on n’a pas à les imposer à l’autre. Pas de pire torture que le silence, antichambre vécue de l’indifférence.

  3. Letesle dit :

    je suis trop naïve ?….

    Je peux comprendre qu’on puisse ne pas savoir quelle suite donner à une relation, mais pas qu’on considère le silence comme le moyen de s’en sortir ! Soit on essaie de donner sa chance à la relation, et donc on ne fait pas le mort, soit on laisse tomber, et dans ce cas autant être franc… Fish, comment une solution peut-elle se présenter si on est dans sa bulle ? Ou bien, est-ce que par « tant que la solution ne se présente pas » tu entends « tant qu’on ne rencontre pas une autre nana / un autre mec » ?? Ca me paraitrait particulièrement sordide – mais je suis peut-être trop naïve…

  4. Sun dit :

    Pourquoi on préfère la fuite au combat ?

    Tout simplement parce que si on vous dit qu’on vous quitte, on va avoir (dans le désordre) : – Les pleurs (pas cool on se sent bête), – les coups (même pas mérité pour la dernière que j’ai prit), – les reproches (la liste peut être longue et à la fin on se demande pourquoi vous êtes rester avec nous, vu le pauvre type que nous sommes), les attaques basses (« j’ai toujours simulé ! » « euh l’autre et même pas vrai et puis d’abord moi aussi ! »), C’est facile pour vous Femmes, quand c’est fini, ça ne vous pose aucun problème existentiel. C’est fini POINT et vous vous en foutez, vous êtes déjà passé à autre chose. Mais nous Hommes avons mauvaise conscience et ça vous savez en jouer. Donc seule solution … LA FUITE

  5. Fish dit :

    j’explicite

    Lorsque je dis la solution ne se présente pas, j’entends je ne trouve pas la solution. En effet il serait assez simple somme toute de mettre un terme à une relation dès lors que l’orage gronde. L’équation ca ne marche pas = on se sépare n’est pas une solution pour moi. De plus jouer à l’hypocrite peu pour moi également. Du genre ma chérie j’estime que notre couple n’est pas une réussite, mes attentes ne sont pas rencontrées, je ne te sens pas pleinement heureuse (entendez tu me reproches mes comportements innés que je ne suis pas en mesure de changer) mais je devrais sourire et te dire que tout ve bien!! D’où la problématique de savoir comment se comporter dans ces moments là…Il ne s’agit pas de fuite, ni de silence à proprement parlé, sauf si le conflit permanent est une option … enfin pour ce que j’en dis …

  6. Letesle dit :

    ?…

    Heuuuuu Sun rassure-moi : c’est pas sérieux ton dernier comm ?!!

  7. Sun dit :

    Pour Letesle

    Sérieux ? Oui et Non ! Sérieux, dans le sens où j’ai eu le droit à cette liste (+ ou -), mais pas de la même personne, il ne faut pas exagérer. Pas sérieux dans le sens où moi je ne fuis pas. La dernière fois, j’ai fait 300 km (aller-retour) pour une rupture de 15 minutes. Par contre si ton interrogation porte sur le dernier paragraphe, je me contente de résumer un point de vue donner par ma coach. Coach : Personne du sexe opposé, qui traduit en langage clair les raisonnements féminins, complexes pour un Homme.

  8. Letesle dit :

    pour Sun !

    Je comprends ce que tu veux dire mais ce qui me choque énormément c’est les différences que tu supposes entre homme et femme sur le sujet. Comment oses-tu (ou plutôt comment ta coach ose-t-elle) dire que les femmes s’en foutent quand une relation est finie ?? Si elle n’a pas de coeur, tant pis (tant mieux ?) pour elle, mais crois-moi, je ne connais pas beaucoup de femmes qui tournent si facilement la page après une rupture même voulue par elles. Exemple de ma dernière rupture : c’est moi qui ai été à l’initiative de la rupture, et j’ai eu droit à la petite liste : pas les coups quand même ! mais pleurs et menaces (et même menace de suicide). Et, oui, ça m’a posé un problème existentiel et j’en ai beaucoup souffert, en me demandant qui j’étais pour avoir le droit de faire souffrir cet homme etc etc. Je suis quand même contente de ne pas avoir préféré la fuite, car le résultat aurait été pire, pour lui (les questions sans réponse en plus de la souffrance) et pour moi (jamais agréable de se sentir lâche).

  9. Sun dit :

    Letesle : il est vrai que …

    1 – ma coach est un peu spéciale et que sa vision est parfois extrème. 2 – que quand mon ex m’a quitté, elle est quand même revenu 3 jours après (et ce pendant 1 semaine) me tenir la main et me réconforter, suite à un autre malheur qui m’était tombé dessus juste après. Donc – tu as raison, j’arrête de faire des généralités de cas isolés. Mais je reste quand même convaincu que les Hommes ont + mauvaise conscience de quitter, que les femmes qui « lorsque c’est fini, c’est fini ! »

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