La Teddy Bear Team

Alors que je sentais le vent tourner chez  Lherbe & Pluverte, j’ai naturellement cherché une porte de sortie au cas où.

C’était moins facile que six mois auparavant. Il y avait peu d’offres, et peu convenaient vraiment à mon profil. C’est pour cela que lorsqu’un cabinet de recrutement m’a contactée pour un poste dans un domaine qui ne m’attirait pas du tout a priori, et auquel je ne connaissais rien, j’ai tenté le coup sans hésiter.

Le processus d’embauche commençait très bien. Quelques tests d’aptitude ont confirmé que j ‘étais tout à fait à la hauteur pour le job. J’ai rencontré la DRH de la Teddy Bear Team, une très jolie femme chaleureuse et visiblement passionnée par son travail, avec qui le courant est bien passé. Elle m’a parlé avec insistance de l’ambiance presque familiale, de la Teddy Bear Team, son esprit d’équipe entretenu avec amour à chaque recrutement, l’ambiance bisounoursienne où l’on y travaillait, le bonheur qu’elle y trouvait elle-même.

Et je l’ai crue.

Oui, même en sachant qu’on m’avait dit la même chose chez Lherbe & Pluverte. Maintenant, grâce à Letesle, je sais que 1) tous les DRH disent ça, même si l’ambiance est pourrie, 2) les seuls à y croire, ce sont les DRH et moi.

D’autres tests d’aptitude. Un peu plus difficiles, mais stimulants. Je trouvais du temps le midi ou le soir pour les rendez-vous, et les choses avançaient. Bien sûr, je disais que j’étais toujours en poste (ce qui était vrai), mais qu’il y avait des difficultés relationnelles (je n’ai rien inventé, même si je n’ai pas fait un tableau complet de l’étendue des dégâts: « On m’a dit que mon arrivée avait semé la zizanie dans le service et on m’a accusée d’insulter mes collègues, mais c’était pas vrai, je plaisantais en fait », ça aurait été assez suicidaire).

Entretemps, mon ancien chef (celui d’avant Lherbe & Pluverte) m’a informée que tout bien réfléchi, la décision ne venait pas de lui, hein, mais je ne pouvais pas reprendre mon poste (et  les offres continuaient à ne pas se bousculer).

L’ultime entretien, celui qui devait être une pure formalité, s’est trouvé avoir lieu le soir de mon ultime jour de travail chez Lherbe & Pluverte. Je n’avais pas moins de quatre interlocuteurs, dont ma future chef potentielle et la DRH. Tout s’était passé très vite chez L&P, et je n’avais pas parlé de ce détail concernant ma disponibilité encore plus immédiate que prévue. Vous l’auriez fait, vous ?

Oui, sauf que la fatigue des derniers jours aidant, je me suis mise à parler de mon poste… au passé. Je faisais ceci, il y avait cela, c’était comme ceci.

Gri-llée.

Auto-grillée.

« Mais… Vous n’êtes plus en poste? »

J’ai répondu que c’était mon dernier jour (vrai à 100%).

« …C’est vous qui êtes partie? »

Là, je me suis achevée toute seule avec un mensonge éhonté. C’est vrai, ils m’avaient tendu la perche, mais c’était d’autant plus stupide de ma part que  l’info était facilement vérifiable.

Il y a eu un silence.

Et là, ma future chef potentielle  a enchaîné en déclarant avec entrain que au moins, j’étais disponible très rapidement.

Je l’adore.

1 commentaire

  1. Letesle dit :

    Ca c’est vraiment trop choupinou :o)
    (oups, je parle de la brève, pas de ton entretien d’embauche, j’ai l’impression que mon comm n’apparaît pas au bon endroit)
    PS : Enfin te revoilà !!! Tu nous as manqué !!!

Leave a comment

Les commentaires sont fermés.