Douche froide

En temps de crise, les mauvaises nouvelles ne sont pas seulement brutales. Elles se suivent sans se ressembler.

C’est un collègue qui envoie à tout le monde un e-mail pour dire qu’il s’en va ce soir. Oui, il a une pensée pour toutes ces années passées en notre compagnie. Il souhaite à tout le monde une bonne continuation. A leurs amis, ils écrivent un deuxième mail où ils disent qu’ils ont appris ça aujourd’hui, qu’ils sont consternés et qu’on va « quand même » fêter ça autour d’un pot ce soir.

D’autres encore s’en vont sans un bruit : si vous n’êtes pas des proches, on ne vous dit rien avant que vous appreniez par hasard que la personne que vous cherchez à joindre est partie depuis deux semaines, et que seul son supérieur lit ses mails.  La dernière fois que vous lui aviez parlé, elle n’avait manifestement pas envie de partir. Oh, bien sûr, il y a dû y avoir en adoucissement du drame des discussions privées, des négociations feutrées, mais tout de même, ce goût du secret va un peu loin. Brrrr.

Et un jour, Binômette lâche froidement, l’oeil sur son écran : « On a été virées ».

……….!!!!!!!

Quoi ? Toutes les quatre ?

Et comment le sait-elle, d’abord ? Pourquoi apprend-elle votre infortune commune avant vous ? Réflexe bête : vous  vérifiez d’un coup d’œil qu’il n’y a pas de nouveau mail dans votre boîte.

Et puis, en voyant votre stupeur, elle précise en riant qu’elle parlait de…. vos salaires. Virés sur vos comptes.

Binômette ne m’avait pas habituée à la métonymie (ou à la synecdoque ? Les plus savants que moi sur la question sauront peut-être le dire). En tout cas, je suis décidément bien trop candide et premier degré.

Et soulagée, un peu, quand même.

3 commentaires

  1. La souris blonde dit :

    Ni métonymie, ni synecdoque, juste une simple homonymie ou homophonie… Mais c’était joliment trouvé, en effet.

  2. Cinn dit :

    Quoi, comment ça ni l’une ni l’autre ?
    Pourtant, elle avait bien utilisé un terme à la place d’un autre, alors qu’il n’existait qu’une relation d’appartenance entre les deux (nous et nos salaires respectifs). Alors ?

  3. Natacha dit :

    Je ne suis pas sûre qu’une appartenance comme ça, ça compte. Il faut plutôt une relation « faire partie de », et même moi qui ai pourtant tendance à inclure dans ce que je considère comme étant ma personne nettement plus de choses que la plupart des gens (par exemple certains programmes que j’écris, ou l’outil informatique dans certaines situations) je ne considère pas mon salaire comme faisant partie moi. Ni que je fasse partie de mon salaire d’ailleurs, même si je soupçonne certaines personnes d’avoir des pensées tristement trop proches de ça.

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