Extimité ?

Ecrire pour les autres et écrire pour soi, ce n’est pas du tout la même chose.

A l’origine de la différence, le fait que quand vous vous écrivez à vous-même, le but n’est pas de transmettre quelque chose à quelqu’un puisque par hypothèse, vous êtes déjà au courant.

Quand vous écrivez à vous-même, l’objectif n’est pas le résultat mais le processus en lui-même.

Déjà, vous gagnez du temps. Si vous décidez de parler d’un évènement ou d’une personne, vous n’aurez pas à faire de parenthèse d’explication pour les situer. Vous pouvez aller droit au but. Vous n’avez pas à craindre de jugement ni d’incompréhension : sauf schizophrénie, vous vous adressez plutôt à un allié. Heureusement, car vous vous adressez aussi à quelqu’un à qui vous ne pouvez pas mentir très longtemps. Si j’écris noir sur blanc un mensonge que je me fais à moi-même, une sorte de petite sirène d’alarme intérieure retentit. Si vous avez un doute sur votre réelle intention à faire quelque chose, vos sentiments réels à l’endroit d’une personne ou d’une chose, il suffit de vous poser la question par écrit. En général, la réponse est rapide. Tout cela fait du journal intime un outil très puissant. Cela permet d’avancer sur des pensées et réflexions que vous exprimez au lieu de les faire tourner sur elles-mêmes en boucle dans votre crâne. Ecrire une pensée permet souvent de passer à la suivante. De prendre de la distance sur des émotions passagères. De passer une colère. Cela permet d’exprimer en toute liberté des opinions et voix contradictoires qui co-existent en vous, et souvent d’arriver à ce qu’elles se mettent plus ou moins d’accord. Et aussi de réveiller des parties de vous qui n’ont pas l’habitude de s’exprimer et qui vous aident à vous soutenir.

Lorsque vous vous exprimez, même anonymement, même sur des sujets très intimes, à d’autres personnes, il est difficile de perdre de vue la manière dont vos paroles vont être perçues. Quelle que soit la motivation (par exemple confronter des expériences personnelles et intimes aux impressions des autres, ce qui n’est pas toujours faisable par ailleurs), la manière de communiquer reste très importante et le risque de ne pas être compris par une grande partie de votre "public", non négligeable.

Voilà pourquoi j’aime continuer à écrire pour moi, au moins à l’occasion, même avec un blog en cours.

1 commentaire

  1. Kaliuccia dit :

    Le risque de ne pas être compris

    surtout quand on est lu en diagonale.

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