Moi et mes cams chaudes

Etant une femme gourmande et qui a atteint une certaine maturité, j’aime beaucoup les cams, très chaudes de préférence.

Je dispose de tout le matériel nécessaire pour la partager avec autant de personnes sympathiques que je souhaite. Bien des commerces spécialisés (dont je peux fournir l’adresse aux personnes intéressées) mais aussi la plupart des commerces généralistes, sont à même de vous le proposer, si vous savez où chercher.

Je ne comprends pas que les hommes soient aussi peu friands de cam’. Habituellement, ce sont les femmes, le plus souvent une femme mûre, qui en apprécient la saveur. J’ai la chance de m’y être initiée, presque par hasard, à peine sortie de l’adolescence. Et, il faut l’avouer, je rêve qu’un(e) inconnu(e) brise la glace et propose de m’en offrir une pour faire connaissance en toute amitié.

L’excitation de cette attente pleine de promesses pendant ces étapes préliminaires où la température monte inexorablement, puis cette brûlure entre mes doigts, le plaisir de faire durer cette amertume teintée de douceur me régalent. Commage qu’il soit si difficile de trouver un homme (surtout un homme encore jeune) qui apprécierait de partager une cam bien faite. Encore une fois, c’est avec de charmantes amies, parfois avec mes propres soeurs, que je partage le plus souvent ces moments.

Personnellement, je les trouve agréables à presque toutes les heures de la journée, sauf peut-être le matin où mes préférences vont à des variantes plus adaptées à un réveil en douceur. Les cams constituent une pause délicieuse et délassante au cours d’une journée de travail et une excellente manière de décompresser en entamant la soirée.

Evidemment, les cams sont à utiliser avec prudence et modération par les femmes enceintes.

En connaît-on seulement les bienfaits ? Antispasmodique, lutte contre les problèmes de menstruations, son action au niveau du système nerveux a même été comparée au Valium ou au Prozac. Elle stimule le système immunitaire, soulage les ulcères d’estomac. On soupçonne même qu’elle soulagerait les douleurs arthritiques.

Il faut cependant certaines précautions au néophyte avant de se lancer. Une cam(omille) trop chaude, ça peut brûler la langue. Et on peut s’étrangler en l’avalant trop vite.

Mais sinon, c’est délicieux.

Le Destin en marche pour un doudou

A votre avis, quelles sont les probabilités de retrouver un jouet perdu dans les conditions suivantes :

– le renne en peluche (car c’en est un, on ne rit pas) est attaché au doudou d’un enfant de trois ans et demi (le doudou en question étant un infâme chiffon qui a été un T shirt dans une vie antérieure) et tombe dans la rue.

– Dans les minutes qui suivent, une passante aperçoit le renne et a l’idée de le confier au commerçant le plus proche, chez qui l’enfant n’a pas mis les pieds !

– A peu près au même moment, l’enfant se rend compte de l’absence du renne en peluche (on ne rit pas, j’ai dit!) et se met à pleurnicher.

Maintenant, lisez la suite.

– La maman (moi) a entrepris de refaire le chemin fait jusqu’ici en sens inverse.

– Arrivée au coin de la rue suivante, elle a balayé des yeux le trottoir qui se trouvait devant elle, et a demandé à la première passante venue si elle n’avait pas vu un renne en peluche (le genre de questions qu’on vous pose tous les jours).

– La passante a répondu : "Oh, oui, je l’ai déposé chez le coiffeur, là bas".

La suite, vous la devinez. Deux minutes  plus tard, Raphaël était à nouveau en possession de son renne. Quelle était la probabilité que je demande de l’aide justement à la bonne samaritaine qui avait mis le renne à l’abri ? Que ce soit justement elle que je croise en haut de la rue ? Jamais je n’aurais eu l’idée d’entrer chez ce commerçant pour récupérer le jouet!

Les anges gardiens nous donnent parfois des coups de pouces pour de ces futilités… à moins que le renne en peluche soit promis à de plus hautes destinées et que ce hasard ne soit que l’expression d’un Destin en marche ?

Deux filles sur deux roues

C’est en sortant de la gare que j’ai eu l’idée. Il faisait beau ; Lex, qui n’avait pu voir son fils ce matin, a exprimé le désir de le récupérer à l’école pour le voir au moins quelques heures [macho ! Pas une pensée pour sa fille!!] et du coup je n’avais que Laura à récupérer ce soir. Du coup, je pouvais…

Quelques marches, passage rapide chez moi, j’abandonne ma peau de travail (jupe et chemisier) pour un jean et un débardeur, je fourrage quelques minutes en pestant (un peu) pour retrouver ma clé ; quelques instants plus tard, me voilà, légère et renouvelée, à nouveau en bas de chez moi. Quelques marches, je pousse la porte du local, et je le récupère, mon joli vélo…

Un pied sur la pédale et le voilà parti, léger et puissant. Mes membres se réveillent et s’étirent, mon coeur et mon souffle se mettent en marche et prennent une vitesse de croisière. Je me permets quelques libertés par rapport à mes habitudes d’automobiliste, devenant piétonne et utilisant le trottoir pour éviter un feu rouge décidément trop long.

Quand je l’ai récupérée à la crèche, Laura a tout de suite repéré le casque que j’avais laissé à côté de ses affaires et s’est mise à trépigner en le pointant du doigt pendant que je lui remettais ses sandales. Elle s’est laissée installer sans impatience sur le siège enfant, s’est laissé sangler le torse et les chevilles… et nous voilà parties, lourdement au début avec ce fardeau supplémentaire, puis plus facilement.

Il faisait bon, notre allure nous donnait un peu d’air frais, la circulation n’était pas trop pesante ; Laura a passé le trajet à me montrer des choses autour de nous, à chantonner, gazouiller et à me taper dans le dos pour attirer mon attention (on ne parle pas au conducteur!). Bon, j’ai obligé plus d’une voiture à ralentir pour me dépasser… mais d’habitude c’est moi qui peste car chez nous les rues sont si étroites qu’on ne peut se croiser en voiture sans que l’une d’elles marque un arrêt derrière une voiture déjà garée, si pleines de dos d’âne, de sens interdits et de ronds-points qu’il est matériellement impossible d’y faire un excès de vitesse…mais c’est une autre histoire.

Simplissime… mais si bon, de substituer une promenade à une course à faire.

Un prince charmant vous ajoute à sa liste…

On m’avait parlé du phénomène, mais c’est la première fois que je l’observais en réel et en direct. Un quidam qui s’ajoute à la liste msn d’une jeune fille (une collègue que nous appellerons Nath) et qui essaie de la dragouiller.

Je ne sais pas où il avait trouvé son adresse, selon ses dires "sur un mail d’invitation à un site". "Quel site?" a t’elle demandé. "Non, pas un site, un mail d’invitation à un site". Passons.

Nath n’a été ni agressive ni provocatrice ni trop joueuse. Elle s’est juste amusée à lui répondre -sincèrement!- en m’annonçant à l’avance certaines des réponses du séducteur. Visiblement, elle a l’habitude, il faut dire que c’est une ancienne meatix girl (qui a d’ailleurs trouvé l’amour sur Meatix, si j’ai bien compris).

Elle a assisté avec amusement au défilé d’avatars du jeune homme, qui avait manifestement joué la carte de son physique en mettant les unes après les autres des photos de lui torse nu dans différentes postures plus ou moins frimeuses. Pourquoi s’en priver ? Il paraît que les jeunes filles recherchent des princes charmants au QI de mollusque. Elle a su quand il allait lui demander où elle était sur son avatar (elles sont plusieurs jeunes filles sur la photo), et à quel moment il allait lui demander une autre photo d’elle. Elle a lu sans illusions le portrait avantageux qu’il lui faisait de lui-même (Damien, belge, 24 ans, prof de sport qui voyage souvent au Maroc) avant de jeter un oeil sur son profil hotmail (Amin, marocain). Elle n’a pas résisté au plaisir de lui donner des sueurs froides en l’appelant par son vrai nom ("mais… tu es qui??"). Que c’est touchant, il avait oublié qu’il avait rempli un profil.

Elle l’a ensuite gentiment congédié pour retourner au travail (elle était en pause déjeuner au moment du dialogue). Et l’a bloqué. Elle a gagné un quart d’heure de bavardage divertissant et une invitation à lui rendre visite au Maroc.

Mais lui, que cherchait-il donc ? Qu’a t’il gagné à faire la connaissance et essayer de séduire une inconnue qui vit à 2000 km de chez soi, à quoi ça sert ? Ou alors il vise très haut et très loin ? Il espére trouver une princesse charmante qui l’aidera à terme à se procurer un visa avant de l’épouser et de lui faire une douzaine d’enfants ? Il ne croirait pas un peu aux contes de fées, des fois ?

Plus jamais ça !

Je cherche une explication sans en trouver une moins mortifiante que les autres. Certitude inconsciente de l’insignifiance de ma participation en la matière ? Peur (encore inconsciente??) de subir un nouvel échec ? Attente plus ou moins consciente de recevoir les programmes des candidats dans ma boîte aux lettres ? Alzheimer précoce au niveau des dates ? Procrastination ? Programme personnel au premier rang de mes préoccupations (Lex devait récupérer le reste de ses affaires chez moi hier…et ne l’a fait qu’en partie) ?

J’ai oublié d’aller voter hier. La honte. Je m’en suis aperçue en entendant les résultats électoraux de ce matin. Je suis humiliée. Vous parlez d’un réveil, à entendre tous les détails sur la « vague bleue ».

Mon vote aurait sûrement été inutile, un combat perdu d’avance, sachant que je suis de gauche dans une circonscription de droite d’un pays de droite. Je suis habituée à ne jamais voir « mon » candidat gagner. Est-ce qu’il y a seulement un second tour chez moi cette année? Oui, mais quand bien même ; ça ne m’avait jamais empêchée de me déplacer. C’est juste une piètre consolation.

Là, non seulement je me sens flouée (et par moi, en plus. Ignorante ! Tête en l’air ! Feignante!), mais en plus je ne fais plus partie de ceux qui peuvent dire qu’ils étaient à la bataille, même si elle est perdue, et qu’ils ont encore le droit de donner leur avis sur la question.

Peut mieux faire, donc. Espérons.

Revisitons « Blanche-Neige »

Eva (du blog "Mes Copines et Moi") s’insurge contre l’image déplorable donnée de la famille et surtout de la femme dans le conte de fées "Blanche Neige et les Sept Nains".

Je me propose d’apporter une modeste contribution sous forme de quelques idées qui rendront au conte un peu de modernisme et de politiquement correct.

1) Nouveau titre : "Brune-Pêche et les sept personnes verticalement différentes". L’appellation "nain" me paraît discriminatoire et potentiellement offensante envers les personnes atteintes de nanisme. S’agissant de la description physique de l’héroïne, outre que le teint de navet n’est plus du tout à la mode pour une femme, le fait qu’elle soit forcément blanche est une incitation au racisme. Je propose donc une héroïne basanée, ou bien qui fait des UV.

2) L’histoire ne se passe pas dans une monarchie mais dans une république (pas d’apologie d’un régime où il n’y a pas de partage des pouvoirs). Brune-Pêche est donc non pas princesse mais belle-fille de Présidente.

3) La Présidente, donc, passe son temps à commander des sondages : "IFOP, IPSOS, qui est la femme la plus compétente du pays?" (valorisation des compétences plutôt que de l’apparence physique chez la jeune femme).

4) Quand la Présidente se rend compte que Brune-Pêche est devenue plus populaire qu’elle, elle organise une campagne de diffamation et monte de toutes pièces une "Affaire Brune-Pêche" où il apparaît que la jeune fille se serait dopée pour participer à une compétition sportive et aurait détourné l’argent du contribuable (plus d’effusion de sang ni de maltraitance de marcassin pour faire croire à la mort de l’héroïne)

5) Brune-Pêche parvient à rétablir la vérité mais décide de quitter le palais présidentiel, venant d’obtenir une place dans une école d’ingénieur prestigieuse. Ses professeurs, qui se trouvent être des personnes de petite taille, sont ravis d’avoir auprès d’eux une élève aussi intelligente (exit donc l’allusion à la jeune fille qui survit grâce à ses talents de cuisinière et de femme de ménage).

6) Un jour, Brune-Pêche se fait aborder par une vieille femme inconnue (en réalité la Présidente déguisée) qui essaye de lui refourguer une pomme à l’air douteux. Brune-Pêche ayant appris à ne jamais accepter de nourriture d’un(e) inconnu(e) (risque de tomber sur un dealer) et à ne pas manger entre les repas, esquive les doigts dans le nez la tentative d’empoisonnement.

7) Brune-Pêche, loin d’attendre dans un état comateux le baiser baveux d’un éventuel prétendant, est donc en mesure de faire tous projets sensés et modernes (sexualité bon teint, mariage optionnel, carrière lucrative, projet immobilier et crédit auto pour promener les enfants en Monospace, tout en  mangeant cinq fruits et légumes par jour). The end.

La prochaine fois, nous nous attaquerons à "La Belle aux Bois Dormant", ce fléau sexiste qui a transformé des générations de femmes en nunuches attendant le Prince Charmant sans bouger de chez elles, ou au "Petit Poucet", qui donne une image piteuse de la condition de parent (que ça soit l’ogre qui égorge ses propres filles sans s’en rendre compte ou les bûcherons qui abandonnent leurs enfants parce qu’ils n’ont plus les moyens de les nourrir, alors qu’ils auraient dû commencer par réfléchir avant d’arrêter la contraception, ces irresponsables).

Je suggère aussi à Eva de lire désormais à ses neveux les "Contes à l’Envers" de Dumas et Moissard, qui se sont livrés au même exercice que moi avec bien plus de talent, et ont donc réécrit "Blanche-Neige", entre autres contes ("Le Petit Chaperon Bleu marine", "la Belle au doigt bruyant", etc).

Rackettée et délatrice

Il se tenait devant moi, immobile et déterminé. Bien plus grand et au moins deux fois plus large que moi, il devait faire plusieurs fois mon poids et il devenait de plus en plus évident qu’il n’avait pas l’intention de me rendre mon argent.

Je ne me suis pas laissée impressionner pour autant. Le foudroyant du regard, fulminant, je l’ai frappé une fois, puis deux. Il n’a pas bronché, à peine frémi.

En désespoir de cause, j’ai appuyé sur le bouton "annulation", mais la brute avait oublié jusqu’à la couleur de ma (dernière) pièce. J’ai réessayé une tape vigoureuse sur le côté de la machine, la barre de chocolat mousse est restée en équilibre au bout de sa rangée, retenue par sa spirale métallique, et n’a pas voulu tomber derrière le battant prévu à cet effet.

Comme ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, j’ai décidé d’essayer, cette fois, le numéro de service clientèle indiqué sur la vitre de l’appareil. Samedi matin, 8 heures, et pourtant j’ai tout de suite eu quelqu’un en ligne, qui m’a crue sur parole quand j’ai dénoncé mon racketteur en donnant son numéro de série. On m’a promis de m’envoyer rapidement mes un euros cinquante. Non mais.

Enfin une histoire de racket qui finit bien.

To fool or not to fool

Il était une fois Invidia, une jeune femme visiblement stupide, vulgaire, égoïste, méchante et prétentieuse, mais qui se décrivait comme parfaite, physiquement et moralement. Son avatar était un plan rapproché de la générosité de son bonnet D (voire E). Le nom de son blog ? "Parfaite en tous points". Après des billets où le trait de provocation était devenu de plus en plus gros, ce blog a, à ma connaissance, disparu. Je n’ai jamais été sûre à 100% de son inauthenticité. Quelle démangeaison intellectuelle ! J’y étais devenue régulière, même si je m’amusais plus, à la fin, des commentaires qu’Invidia suscitait que du contenu des billets en lui-même.

Dans "Princess Bride", (le livre), William Goldman présente son histoire comme des extraits d’un livre beaucoup plus long -et rasoir!- qui serait essentiellement une satire politique. En somme une intrigue tout à fait secondaire et insignifiante aux yeux de Simon Morgenstern, l’auteur originel. Il nous explique avec moulte détails, tous plus fictifs les uns que les autres, comment il en est arrivé à rédiger cette version "expurgée". Le jeu avec le lecteur, dans ce cas, est patent.

Là où le romancier dit : "Je vais vous raconter une histoire (….quitte à ce que ce soit un peu la mienne)" le bloggeur dit " je vais vous livrer mes pensées (… même si ce sont, au choix et pêle mêle, mes rêves, mes histoires, mes mensonges, mes passions, mes compétences et ma vie)". Autrement exprimé, à mes yeux de néophyte, le romancier est présumé être dans l’imaginaire (même s’il s’inspire de la réalité) et le bloggeur présumé être dans la réalité, même s’il présente son imaginaire comme une réalité.

Je n’ai absolument rien contre l’idée de blogs fictifs ou semi-fictifs (réalité enjolivée…). Les possibilités sont infinies et il serait dommage de s’en priver. Il est de sucroît franchement sain, que ce soit devant une oeuvre littéraire (blog ou autre) ou un site (ou support) journalistique, de pouvoir se questionner sur l’authenticité de ce qu’on lit.

Oui, mais jusqu’où peut-on faire confiance à la clairvoyance d’un public tout en prétendant continuer à le respecter ? Le bloggeur qui provoque joue avec les réactions de ses lecteurs, lesquels peuvent éventuellement réagir légitimement à une situation perçue, au départ, comme réelle. Il ne joue plus avec eux, il se joue d’eux. Et si cela pouvait même parfois conduire à des situations dangereuses ?

 

C’est aussi un jeu parfois , pour des sites d’actualité, de présenter de fausses nouvelles présentées comme vraies. Au lecteur le plaisir du jeu de discerner le vrai du faux… Je vous parle des poissons d’avril, bien sûr, qu’alliez-vous imaginer ?

A partir de quel moment est-il nécessaire de préciser qu’une oeuvre est une oeuvre de fiction lorsqu’elle présente l’apparence de la réalité ?

Jusqu’où peut-on jouer ?

Les séquestrés

"Madame ne baise pas, Madame fait mal à manger, Madame s’occupe mal des enfants…". Dans un récent article, Whereistheone s’en prend aux hommes séquestrés, ces hommes mariés (ou plus ou moins casés) qui se plaignent de leur compagne et recherchent sur le net un jardin secret ou une maîtresse.

On imagine ces pauvres garçons, terrorisés par des "sorcières", qui se sacrifient pour rester derrière les barreaux que leur dresse leur geôlière, pauvres mâles quasiment castrés qui recherchent réconfort et apitoiement (et plus si affinités) de la part de jolies femmes qui se trouveraient en ligne. Mais qui récoltent certainement quelques bénéfices secondaires (ça va du repassage des chemises au fait de se faire entretenir) de leur "captivité".

Mais dis, Marjorie, tu crois que c’est l’apanage des hommes, cette attitude là ?

Non mais sérieusement, tu n’as jamais recueilli les confidences d’une copine qui, à l’entendre, est mariée (ou maquée) avec un monstre, et qui ne bouge pas le petit doigt pour se "délivrer" ? Voire… attend plus ou moins explicitement qu’un prince charmant vienne s’en charger !!

Monsieur ne bosse pas et vous force à trimer pour deux, ou Monsieur bosse mais vous donne l’argent du ménage au compte-gouttes, Monsieur vous délaisse, Monsieur vous trompe, Monsieur vous rabaisse, Monsieur maltraite les enfants (!!!!!). Et vous, vous hésitez encore à partir. Périodiquement, "cette fois ma décision est prise, il est allé trop loin". Périodiquement, "ça va mieux avec Monsieur". Oui, la même ordure que la dernière fois.

C’est vrai, j’ai vécu de trop près l’ "indécision émotionnelle" décrite par Mira Kirschenbaum pour jeter la pierre à celle (ou celui) qui a à la fois d’excellentes raisons de partir et d’excellentes raisons de rester, et du coup a du mal à prendre une décision tranchée. Je ne me questionne qu’à partir du moment où la décision est décrite comme si évidente qu’elle est quasiment déjà prise, mais que rien ne change, mois après mois.

Est-ce que, vous aussi, vous allez écumer chats et sites de rencontres à la recherche du prince charmant prêt à vous plaindre et à venir vous délivrer ? Est-ce qu’au fond la situation vous convient à vous aussi, est-ce que ce n’est qu’un leurre, ce que vous servez à vos copines pour attirer l’attention sur vous ? Quelle est la part de confort/bénéfices secondaires et quelle est la part de réelle difficulté matérielle à vous organiser pour vous en sortir (oui, je suppose que c’est plus difficile pour une femme d’être autonome financièrement, pour cause d’inégalités sur le marché du travail ; mais je peux me tromper) ?

Princesses captives, vous avez parfois besoin d’aide pour vous délivrer, mais vous êtes la première qui doit avoir envie de sortir de votre château au bois dormant, sinon personne ne peut rien pour vous…

Et vous, Princes charmants en puissance, vous a t’on déjà fait le coup de la princesse captive sur un chat ou site de rencontre ?

Lettre ouverte à une princesse aux yeux bleus

Chère Princesse de Voldenuit,

Comme je vous envie. Vous avez trouvé le grand amour, le vrai, celui qui débarque sans prévenir dans votre vie, mais aussi celui qui s’appuie sur une amitié vraie et des années de connaissance de l’autre. Vous et votre grand amour vous vouez des sentiments forts et profonds, empreints de tendresse et de respect. Evidemment, personne d’autre que vous n’a jamais éprouvé sentiments aussi forts. Vous êtes incapables de vivre totalement l’un sans l’autre. Chapeau bas.

Commme je vous plains néanmoins, d’avoir décidé -jusqu’à nouvel ordre- de ne pas le vivre. Et de vous sacrifier pour le bien de… de qui au fait ? Vos enfants, si j’ai bien compris. Votre mari peut-être (oui, il y a un mari). Votre vie a été difficile et il vous est problématique d’accepter d’être heureuse, d’être un peu égoïste, même si votre âme a soif de ce bonheur…

Je n’ai pas fait le même choix que vous et je ne le regrette pas. J’ai pris le risque de reprendre ma liberté malgré la présence de mes enfants, et plusieurs (dont leur père… mais aussi des proches) me l’ont vivement reproché.

C’est vrai, d’après ce que j’ai compris, les enfants souffrent souvent, très souvent (mais même pas toujours, à ce qu’il paraît… n’est-ce pas?) de la séparation de leurs parents. Mais combien souffrent autant, voire plus encore, du fait qu’ils restent ensemble sans s’entendre ? Combien gardent dans leur chair un modèle de couple catastrophique, qu’ils reproduisent par la suite en croyant bien faire ? Et surtout, quel cadeau empoisonné, trop lourd à porter, que de pouvoir leur dire un jour "J’ai sacrifié ma vie et mon bonheur pour toi" …Ou de le leur laisser deviner, ce qui revient un peu au même. Mira Kirschenbaum, thérapeute de couple (dans son livre "Trop Bien pour Partir, Pas Assez pour Rester", une thérapie pour l’ "indécision émotionnelle"), explique qu’à son avis on fait autant de mal à des enfants en restant là où on n’est pas heureux, qu’en se séparant. Culpabilisant ? Peut-être, mais aussi libérateur: on ne leur nuit pas plus en cherchant son propre bonheur qu’en se sacrifiant en leur nom.

Désormais, votre amour est épuré et immuable comme un cristal. Sublime, mais inachevé. Votre prince est là pour vous et vous le savez, sa simple présence silencieuse est un réconfort pour vous. Il vit cet amour impossible du mieux qu’il peut et y trouve, au delà des tourments, une certaine sérénité, avec le bonheur d’aimer et de se savoir aimé.

Oserez-vous y venir un jour ?

(P.S : Voldenuit… j’espère ne pas avoir dit trop de bêtises sur vous deux. Je décris la situation telle que je la perçois et que je la comprends, avec tout le biais que cela implique)