Auto-censure

La disparition du blog BD de Nico Shark, commentée un peu partout, me met mal à l’aise. Oui, moi, qui suis à peu près aussi inculte en BD qu’en politique, je suis troublée.

Le week-end dernier, non seulement Frantico a cessé de tenir le blog BD, mais toutes les pages du blog ont disparu, mis à part le jeu "Nico Prout". Entretemps, le site a eu un comportement étrange, affichant une page d’erreur, qui, il est vrai, sent le canular (« error/gouv/rg/halt.htm »).

De quoi lancer toutes sortes de rumeurs sur des pressions politiques qui auraient fait cesser la parution de la BD.

Selon une interview, Frantico aurait décidé tout seul de mettre fin à la BD et aurait orchestré la fin du blog en la faisant dans un premier temps ressembler à s’y méprendre au résultat d’une censure.

Frantico s’est amusé à retourner contre Sarkozy sa mauvaise réputation en matière de pressions médiatique (pour promouvoir un futur album?). Cela a l’avantage de nous alerter davantage sur le personnage : oui, nous sommes capables de croire qu’il a cherché à censurer une caricature de lui, un malheureux dessin qui ne lui plaît pas. Cela s’est vu.

Oui, mais il a été aussi précisé que Frantico avait subi des menaces de mort, que le serveur Zanorg avait connu des attaques importantes et que Frantico se lassait de s’attaquer à des personnages "intouchables".

A partir de là, toutes les hypothèses sont permises. Et pourquoi l’interview de Frantico ne serait-elle pas elle-même le résultat de pressions ? Ou bien, au contraire, ces histoires d’intox et de menaces ne feraient-elles pas partie du jeu instrumenté par le dessinateur?

Frantico a joué à la victime de censure, à crier "au loup".  Il n’en faut pas plus pour semer un doute sur d’éventuelles futures victimes (et pourquoi pas les victimes passées et présentes?) du loup.

« … elle ou moi! »

"Je dois avouer que j’ai essuyé une petite crise de jalousie hier soir à cause de toi…" m’a répondu Spokenfor. Il avait laissé son ordinateur allumé et Madame Spokenfor s’est "étonnée" que l’on puisse s’écrire.

"Que lui as-tu dis ? Tu lui as expliqué ?" commençai-je par répondre. Puis, un doute m’est venu et j’ai terminé mon mail par "parfois une explication ne suffit pas, devrons-nous rompre le contact?".

"Je crains que oui, je m’y suis engagé". Comme quoi parfois il suffit de tendre une perche à un homme pour remédier à un accès de couardise. "Petite crise de jalousie", qu’il disait. Petit malin, va. Doux euphémisme.

Il m’a proposé de le contacter dans quelque temps, mais avec une autre adresse, en vue d’une activité à laquelle il m’avait proposé de participer cet automne (en toute chasteté!). Je lui ai répondu qu’à mon avis, il avait renoncé à être en contact avec une personne et non un pseudo. Bête Loyale à manger du foin. Je pense qu’il aurait été aussi gêné de contourner ainsi la promesse qu’il avait faite, que je l’aurais été de l’y aider.

Je ne reverrai donc plus Spokenfor.

C’est trop injuste ! Donc il ne me présentera pas son copain célibataire. Alors que je vois mal en quoi j’aurais pu représenter un danger pour son couple, sachant que 1) on ne s’est vus qu’une fois et la prochaine occasion qui devait nous rapprocher, c’était qu’il me serve d’entremetteur 2) Il a été remarquablement transparent avec moi, et je n’avais pas plus de vues sur lui que lui sur moi, 3) mon dernier e-mail tentait de le convaincre de l’importance de rester vrai s’agissant des circonstances de leur rencontre. D’ailleurs j’ai réussi, c’est déjà ça de gagné !

C’est pour lui que je me fais un peu d’inquiétude maintenant. Si l’on résume la situation, Spokenfor va donc, imminemment, fonder une famille avec une femme qui fouille dans ses mails et qui pique une crise s’il a une amie femme. Voilà deux choses qui me feraient fuir chez un homme !! Bien sûr, je ne suis pas seulement une connaissance féminine, je suis aussi un ancien contact Meatix, et je suis une connaissance suffisamment lointaine pour lui pour qu’il puisse faire une croix sur moi sans dommage. Soit.

Ben oui, mais s’il n’est pas capable de se dresser avec sa petite colonne vertébrale et d’expliquer à sa chérie qu’elle n’a rien à craindre et qu’elle peut lui laisser ses amies….

Enfin… c’est lui qui voit, hein…

Et vous, vous avez déjà vécu avec un(e) jaloux(se) ?

A partir de quel stade vous méfiez-vous d’un(e) ami(e) de l’autre sexe dans l’entourage de votre partenaire?

Quelles concessions seriez-vous prêts à faire, à qui seriez-vous prêts à renoncer pour rassurer votre moitié ?

Meatix, la honte !

Cher Spokenfor,

Tu m’avoues être un peu "gêné" par rapport à Meatix. Tu y as rencontré une femme avec qui a débuté une histoire on ne peut plus sérieuse (vous emménagez bientôt ensemble, pour autant que je sache il est possible qu’elle soit enceinte de toi…) et tu t’inquiètes de savoir que dire à ceux qui te demandent comment vous vous êtes rencontrés. Aurais-je une histoire "crédible" pour éviter d’expliquer qu’on s’est inscrit sur un site de rencontres par désespoir et qu’on y a connu un coup de foudre ? Ah oui, et que dire aux futurs enfants ?

Je pense que le fait d’avoir rencontré l’amour via un site de rencontre est quelque chose qui devient de moins en moins marginal, et de plus en plus dans les moeurs. Donc moins difficile à "avouer". Je connais plusieurs personnes qui ont trouvé l’amour via un site de rencontre et qui en parlent assez facilement. Certains étaient là au départ par jeu ou par hasard, et alors ? Cela rend juste l’histoire un peu plus intéressante. J’en connais même un qui accumulait les conquêtes en mentant comme si sa vie en dépendait, et qui a fini par craquer sur une de ses "victimes". Je dois avouer que j’aime bien cette histoire.

Non, on n’est pas toujours là par désespoir ! A ma connaissance, tu ne t’es pas inscrit par désespoir, mais parce que tu mettais toutes les chances de ton côté pour trouver "la bonne". Tu avais même une amie qui t’a "coaché" pour te conseiller ! Tu n’as pas à en rougir. . Je suis donc adepte de la vérité toute simple, tant (et dans la mesure où) elle est recevable par ton interlocuteur. C’est beaucoup plus naturel, tu ne trouves pas ?

Si je rencontrais l’amour via Meatix, je pense que je n’aurais guère d’hésitation à le dire, que ce soit à de la famille, des amis ou des collègues. Seule exception : ceux dont je pense que cela pourrait les choquer (Ma pauvre Grand-Mère?). J’aurais alors l’indulgence d’inventer un pieux mensonge suffisamment vague. Mais en fait, ceux que je choquerais en disant une chose pareille n’ont a priori pas vocation à être assez proches de moi pour que je leur raconte ma vie privée… Evidemment, il te reste l’option d’inventer une histoire plus ou moins vague si tu n’as pas envie de dire à tes connaissances que tu as été inscrit sur un site de rencontres ("on s’est rencontrés dans une queue de cinéma/dans la rue/dans l’Eurostar/en vacances!"). Dans ce cas, que ça soit simple, sobre, invérifiable (pas d’autres personnes impliquées). Mais à ta place, j’éviterais au maximum…

Quand on invente un bobard de ce genre, on est collé avec pour toujours. Non seulement il faut accorder ses violons avec sa moitié, mais le mensonge devient difficile à lever si on change un jour d’avis.

Le jour où mon frère s’est marié (je dois ajouter "pour la première fois", même si ça fera un peu moins rêver comme phrase), le maire s’était auparavant un peu renseigné sur la manière dont ils s’étaient rencontrés (entre autres) et s’en est servi pour un discours personnalisé, original et amusant. Si je me mariais un jour avec un homme rencontré via Meatix, est-ce que j’aurais envie que le maire nous resserve notre propre mensonge en le traitant comme une histoire perso ?

En tout cas,je t’en prie, ne cache pas la vérité à tes futurs enfants, ce sera un peu leur histoire aussi tout ça, et puis c’est connu, les enfants ressentent au fond d’eux quand on n’est pas sincère avec eux. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout dire ! Les histoires d’adulte sont des histoires d’adulte, tout dépend de l’âge!

J’ai rencontré Lex sur ICQ. Si Raphaël (3 ans et demi) avait l’idée de me poser la question maintenant, je lui répondrais que nous avons fait connaissance en discutant avec des ordinateurs, ou quelque chose dans ce goût là. Si il posait la même question dans 15 ans, je lui parlerais d’ICQ, mais sans lui raconter notre conversation. Enfin bref, tu vois le tableau, j’imagine. Je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que comme moi, tu serais plus à l’aise avec une vérité assumée qu’avec un mensonge même "crédible" qui durerait forcément toute une vie….

(Si seulement je pouvais le convaincre !)

(Vous aurez sa réponse demain!… )

D’art et d’effluves

Ce week-end, momentanément sans enfant, j’ai rendu une visite au petit cinéma de ma ville. C’est une petite salle, à deux pas de mon sweet home, pas très chère, et on peut y voir des films assez récents.

Oui, oui, j’y suis allée seule (Lex n’a pas voulu me croire… ), mais en me changeant et on me pomponnant quand même. D’ailleurs, tout le monde est sur son trente et un dans cette salle-là.

Donc j’arrive, laisse le jeune homme déchirer le ticket que je viens d’acheter, m’installe, regarde les bandes annonces…

…et là, une odeur incongrue, mi munster, mi moisi, vient me chatouiller les narines.

Quelqu’un mangerait-il un morceau de camembert bien fait dans le cinéma? Dans ma ville si correcte et bien-pensante ?

Je regarde à gauche : rien à signaler.

Je regarde à droite…:

Une de mes voisines de derrière vient de se déchausser et de poser son pied nu entre deux sièges. Et moi, j’en sens les relents à trois sièges d’intervalle. Berk !

C’est la deuxième fois que cela m’arrive. La première fois, j’étais à un seul siège des orteils surélévés et à l’odeur s’ajoutait la sensation un peu gênante de voir un truc bizarre au coin de mon champ de vision.

Je conçois que ça doit être agréable et excellent pour la circulation de se délasser ainsi les pieds… mais mince alors, vous trouvez ça correct, vous ?

Droit devant elle vers l’horizon

Je suis sûre que 90% des parents sont déjà passés par là. Ne me contredisez pas, par pitié, je culpabilise déjà suffisamment comme ça.

Quelques instants d’inattention et un enfant disparaît.

Le temps de ranger la poussette dans le garage à vélo, parce que oui, il y a un garage à vélo, et en plus c’est une vache de local à vélo pas sympa où on accède en descendant une espèce de pente avec des marches où la poussette fait chtonk chtonk chtonk, tout ça en négociant son passage dans deux tournants pas commodes du tout, ensuite vous arrivez devant la porte, à la nage les jours de pluie puisqu’une grosse flaque a tendance à s’accumuler en bas de l’escalier, vous convainquez la porte de s’ouvrir en la torturant avec votre clé, vous coincez la porte tant bien que mal…. bref, il faut être un athlète accompli pour ranger sa poussette sans mal, et un clone du dieu Vishnou (à cause des huit bras) pour le faire en maîtrisant en même temps un grand sac de courses et deux enfants en bas âge.

Tout ça pour dire que j’avais laissé les enfants et le sac de courses en haut de l’escalier, dans la cour (qui est assez vaste, et où il y a donc toute la place de jouer).

Donc, au retour, moins d’une minute après : Raphaël est toujours là à sucer son pouce à côté du sac de courses (les garçons seraient-ils plus flemmards et statiques?), mais Laura a disparu. Ni à droite, ni à gauche. Et pourtant, il y a de la place de tous les côtés, elle a dû aller très, très vite.  J’aurais dû me méfier, c’était un jour de bougeotte particulière, pas plus tard qu’il y a vingt minutes elle avait trouvé comment se détacher de sa poussette et s’était mise à se promener dans le supermarché.

Panique. Pour donner une idée à un nullipare qui passerait par là et qui aurait lu jusqu’ici, c’est un peu comme quand vous avez l’impression que vous avez perdu (… ou qu’on vous a pris) votre sac à main / votre portefeuille et votre porte-clés, ou alors égaré un bras, mais en mille fois pire. Le vide au ventre, l’incrédulité, réfléchir vite pour essayer d’agir avant qu’il soit trop tard. Ne pas penser tout de suite à tout ce qui a pu se passer en si peu de temps, pas maintenant.

Les une ou deux minutes qui suivent durent des heures.

Pour agir vite, imaginer tout de suite le pire, du moins la situation la pire où on peut encore faire quelque chose : elle est sortie dans la rue, sûrement. A l’heure qu’il est, une voiture vient peut-être de l’éviter, il faut faire vite.

Circonstance aggravante: là où j’habite, il y a plusieurs sorties. Courir vers la plus proche en appelant et en regardant partout. Ne toujours pas trouver. Interroger un indigène (puisqu’il vient de la direction où je cherche). Rien. J’étais en train de répéter l’expérience vers la seconde sortie la plus proche (mais celle là paraissait déjà trop loin pour que Laura ait pu l’atteindre en si peu de temps?!) lorsque… "Il y a une petite fille, là!".

Laura avait eu la bonne idée de descendre en direction des parkings et avait tout simplement retrouvé d’autres enfants, des petits voisins accompagnés de leur papa. Soulagement sans nom. Tout l’immeuble sait désormais à quoi s’en tenir sur mon statut de mère indigne, mais au moins il n’est rien arrivé à Laura.

Il reste juste à trouver une solution pour la prochaine fois. Ressortir l’écharpe de portage, peut-être ?

Nota : Je n’entends écouter qu’avec la plus grande réserve toute remarque désobligeante émanant d’un(e) nullipare donneur(se) de leçons. Mais si les multipares ont des conseils pour la prochaine fois, je suis toute ouïe.

Qui n’en donne ?

Il me vient le désir d’accueillir quelqu’un de nouveau dans ma vie. Un petit être dont je prendrai soin jour et nuit, qui grandira petit à petit et dont je serai responsable, pour un temps.

J’en ai vu en photo mais personne ne m’en a jamais confié. Pourtant, je sais que je saurais le prendre en charge de manière irréprochable.

Oui, je suis prête à endosser une telle responsabilité, je le dis haut et fort. C’est sûr, "ça change la vie", comme on dit, une fois qu’on a la responsabilité d’un être vivant, il faut songer à le nourrir (lui donner son lait et ses farines, mais je ne vois pas pourquoi on ne pourrait envisager à terme une diversification alimentaire), à prendre soin de lui (le distraire, le faire se remuer), ne pas se contenter de l’oublier dans un coin.

Un jour, il partira pour vivre sa vie ailleurs sans regarder en arrière, peut-être pour faire des petits à son tour.

Je participerai même à son départ puisque je le couperai en morceaux et j’en ferai cuire un bout pour le manger, avant d’en donner des petits à qui voudra.

Qui me donnera une souche de Hermann ?

Les Français, leurs maîtresses, et leurs strings

Enfin !! Pour une fois, un acteur et animateur américain (Bill Maher) dit du bien des français. Certes, certes, il doit in fine recourir à des arguments assez spéciaux (argument choc : nous avons inventé la lingerie sexy, les cinq à sept crapuleux et les strings -ah bon??-), mais ça fait quand même chaud au cœur !.

Nota : il y a des sous-titres en français, avec toutefois quelques à-peu-près de traduction. Notamment, Bill Maher donne des raisons aux américains de ne pas « lever les yeux » (comprendre : lever les yeux au ciel). Et « pee pee parts », ce sont les parties génitales en langage enfantin, la zézette et le zizi, quoi, et non pas « des parties pour faire pipi ». Mais on comprend quand même !

C’est sûr, tous les américains ne sont pas stupides !

Administration de substance nuisible

Il y a des dragueurs à la noix et d’autres qui pêchent avec des appâts un peu plus subtils, parfois sans même avoir l’air de porter une canne à pêche. Du grand art. C’est tout une corbeille de fruits qu’il faut avoir ingéré avant de se rendre compte que l’on a fait "fausse-route" et ingéré plus que sa Dose Journalière Admissible de carottes et de salades infectés. Asymptomatique au départ (d’autant que le seuil de toxicité dépend des individus et des sensibilités particulières), l’Intox a eu le temps d’avoir des effets néfastes sur l’organisme (en particulier le système cardio-vasculaire) et est présente à haute dose dans le sang. La consultation d’un spécialiste est conseillée en cas d’intoxémie supérieure à 10 o/oo.

Il n’y a pas d’antidote connue (à part peut-être la théobromine, qui peut accélérer le processus de guérison, non sans quelques effets secondaires pondéraux si elle est administrée sous sa forme la plus répandue et appréciée), mais un peu de repos, et une ventilation accrue, accompagnée d’échange de production de sons divers  (également appelé papiatage)  avec une copine de bon conseil, contribuent en général à évacuer le poison de votre organisme. Il s’ensuit également un effet de mithridatisation non négligeable.

Voilà qui nous apprendra à avaler n’importe quoi.

Les fuyants numériques

Avez-vous déjà reçu ce genre de texto ? "Salut, comment vas-tu?".

Agaçant, non ? Voilà un ami, une connaissance qui daigne se rappeler de vous, mais ne prend pas la peine de décrocher le téléphone ou même vous envoyer un petit mot par mail pour vous proposer se voir. Et qui en plus voudrait vous obliger soit à commencer une sorte de tchatt par sms (oui, si vous lui répondez, vous avez la garantie de recevoir un second message avec une autre question… et non, je n’ai pas un forfait qui me permette d’échanger des banalités à volonté par sms avec tous mes amis!) soit de le/la contacter à votre tour d’une autre manière. Autrement dit, on vous laisse le soin, soit d’entrer dans le même jeu, soit de faire l’effort qu’on n’a pas daigné faire. J’y vois un manque de courtoisie.

J’ai affaire en ce moment à un prétendant d’une espèce particulière. Il s’agit au départ d’un meatix boy avec qui il n’y avait pas eu d’ "étincelle", mais avec qui je trouvais les échanges très intéressants et agréables. Nous nous sommes rencontrés une fois, et il m’a aussi posé deux lapins. Le paradoxe, c’est que depuis, non seulement il n’a plus reparlé de se voir et laissé choir téléphone et e-mail pour me parler, mais qu’il m’envoie ça et là des sms d’un genre particulier.  Belle Cinn, comment vas-tu depuis tout ce temps, moi je suis débordé de boulot. Belle demoiselle, je me sens si bien avec toi, tu me manques terriblement. Belle Cinn, je pense à toi.

Autrement dit, il se languit, mais en ayant pris l’initiative de limiter nos rapports à la forme la plus superficielle et la moins riche qui soit. S’il faut en croire "Msn Dating & Personals" (je n’ai pas retrouvé l’article), le sms étant la manière de garder le contact qui demande le moins d’application, un garçon qui limite à cela ses échanges avec une femme a des intentions au-dessous de la ceinture ! Pire, je n’ai le choix qu’entre deux rôles : 1) la cruelle qui l’ignore et qui le laisse souffrir, 2) l’éperdue qui lui court après en le suppliant de la revoir et en se chargeant de tout organiser (ah oui, un côté maman aussi, donc).

Touchant, mais exaspérant.

Moi, les sms, je les vois plutôt comme utilitaires (puisqu’ils ont l’avantage de faire passer un message sans beaucoup déranger) ou outils permettant de faire un clin d’oeil à quelqu’un, un petit mot comme ça, en général sans obligation de réponse, le nombre de caractères limités permettant de surcroît de se livrer à un exercice de concision (j’utilise peu le "langage sms"… encore mon côté vieux jeu).

De nous deux, il doit certainement y en avoir un encore plus tordu que l’autre, mais lequel ?

A mom’s best fiend

Vous passez la journée avec nos enfants, et pour eux vous êtes unique, peut-être presque autant que nous, les parents. Votre seule présence est un réconfort pour eux à toute heure.

Vous n’êtes que de pauvres chiffons tout crados (progressivement réduits à l’état de cordelette) ou des jouets insignifiants (si possible petits et difficiles à retrouver en cas de perte). Et pourtant nul autre ne peut vous être substitué sans dommage. On vous aime simplement parce que vous êtes là tout le temps.

Doudous, je vous hais !

Vous avez le don pour toujours être oubliés dans un endroit impossible, ou à un moment incommode. Ensuite, c’est le chantage : l’enfant pour qui vous êtes irremplaçable pleurera toutes les larmes de son corps si on ne va pas se contorsionner pour vous chercher derrière une armoire, s’aplatir pour vous atteindre sous le lit, ressortir en pleine nuit pour rouvrir la voiture restée garée dehors, ou chez des amis quittés depuis une heure, etc…

Objet transitionnel, qu’ils disent.

Il y a bien des parents qui rusent, qui prévoient en cachette un doudou de rechange. Idée de génie, croit-on au départ. C’est sans compter sans la malignité des enfants : nul ne peut prévoir à l’avance ce qu’ils choisiront comme doudou, ou pour combien de temps.

Vous me direz, et c’est quoi cette vieille poupée toute rapiécée, là, oui, celle qui n’est jamais très loin, soit dans mon lit, soit dans un placard, mais qui m’accompagne discrètement depuis…euh…  Disons que sa date de fabrication est inscrite sur son cou, et qu’elle est plus vieille que moi. Oui, mais c’est pas la même chose. Elle a perdu son bonnet et une partie de ses cheveux, mais elle arbore depuis toujours le même sourire enfantin. Il ne faudrait pas la jeter, depuis le temps ?

…Jamais !!!!