Pathos pour une tata
Posted in Mes demi-clones on 03/17/2008 10:30 am by CinnCa, c’est sûr, Tata, elle t’aime, ma demi-clone. Il suffit de voir quel air inquiet a pris Laura quand elle a vu que je te déposais en voiture, que tu partais. Il suffit d’entendre ses petits sons inquiets quand on a redémarré. Il suffit de savoir que pendant tout notre trajet de retour, elle a hurlé en quasi-continu "Veux pas paaaaatiiiiiiii!". ("Tu voulais rester avec Tata ? -Ouiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!". Mais mes tentatives pour lui expliquer que c’était impossible n’ont pas porté leurs fruits).
Il fallait sentir mes sueurs froides quand j’ai compris qu’elle s’était au moins en partie dégagée des sangles de son siège auto (ma fille, c’est Houdini en fille et en plus petit. Nulle sangle, nulle chaise haute, nulle poussette, ne peut la retenir prisonnière bien longtemps) pour essayer d’approcher la portière de devant. Si j’ai bien compris, le plan d’action de Laura consistait à ouvrir la portière de la voiture pour sortir en marche (on était sur l’autoroute) et refaire le chemin inverse à pied pour retrouver Tata. Ou alors, c’était du bluff et elle voulait juste que moi, je fasse le nécessaire pour qu’elle la retrouve très rapidement.
Et j’ai senti -sans pouvoir savoir exactement où elle en était- qu’elle était en train de tirer sur ma ceinture de sécurité par derrière. Je savais bien qu’il lui était impossible d’ouvrir la porte, mais j’ai quand même imaginé un certain nombre de fois ce qui risquait de se passer en cas d’impact. Au premier feu rouge disponible, j’ai vérifié qu’elle ne s’était pas vraiment détachée, mais elle s’était tout de même donné beaucoup, euh, disons, d’amplitude, par rapport à un bébé normal qui ne fait pas dans le mélo quand on la sépare de sa Tata. Ensuite, j’ai voulu aller voter. Elle a réclamé son doudou, sa poupée. J’ai obtempéré, imaginant qu’elle serait du coup relativement calme pendant ce moment sacré d’accomplissement du devoir civique. Et bien n
on.
Je me suis présentée, vaille que vaille, au bureau de vote, tirant par la main une sirène d’incendie une petite fille qui continuait à pleurnicher (un peu moins fort maintenant) "Veux pas patiiii!". Au vu des regards mi-apitoyés, mis surpris, des membres du bureau de vote, nous ne sommes pas passées totalement inaperçues. Je pense que j’ai encore une fois mes chances au concours de la mère indigne de l’année. L’une d’elle a même essayé de l’attendrir par la flatterie ("Tu dois être tellement plus mignonne avec un sourire!") mais sans le moindre résultat du côté du début d’une trace d’indice que Laura aurait reçu le message. J’ai voté très précipitamment (ce qui pour moi, signifie que je ne vérifie qu’une seule fois que j’ai bien mis le bon bulletin dans l’enveloppe, et que j’ai manqué de leur laisser mes papiers d’identité). Ce n’est que sur le chemin du retour du bureau de vote que j’ai enfin eu l’idée de proposer à Laura que Tata vienne la garder un de ces soirs. "D’acco" a t’elle dit (snif, snif). Et immédiatement, les choses se sont considérablement apaisées… Pourquoi, mais pourquoi je n’ai pas pensé à dire ça il y a une demi-heure ? Bon, Tata, tu peux le faire quand, ce baby-sitting ? Une surdité accidentelle est si vite arrivée….
Savez-vous comment casser, d’un coup d’un seul, le moral à quelqu’un ?
te.
Tout cela pour vous dire que ma propre mère, au bout de trente ans de silence, m’a avoué la vérité. Les médicaments de couleur qui guérissaient quasiment tous les maux, du bobo au genou au mal au ventre en passant par l’insomnie, ce n’étaient pas des médicaments, mais des Smarties.
s complétées par des talons aiguille ou compensés. Depuis hier, Raphaël prenait plaisir à déshabiller celle qui était arrivée il y a un peu plus d’un an (un cadeau de mon chef), et à la rhabiller aussi. Il manquait juste un peu de variété.
rs glamour, sucré et trop lisse, cette impression d’avoir en face de moi un jouet qui me semble voué à contribuer à l’apprentissage de la féminité et aussi de tous ses excès (la silhouette idéale et le shopping à outrance).
Vous vous êtes rendu ridicule devant celle que vous aimez en secret depuis six mois ? Votre copine de 19 ans vous trouve immature alors que vous avez 30 ans ? Votre patron vous signale en passant : "Vous savez, nos concurrents embauchent en ce moment" ? Vous avez envoyé par erreur un sms obscène à votre patron ? Vous venez de vous faire voler l’unique exemplaire de votre thèse, à présenter dans une heure ? Toute votre entreprise a été conviée à une réunion de travail, sauf vous? Vous avez 45 ans et votre mère vous a offert des pantoufles Teletubbies ?

une seule soirée. Chic ! Même l’ambiance du restaurant, en attendant mon menu à emporter, est apaisante. Sur le haut des murs court un éclairage rose orangé qui donne l’impression d’une tranche de coucher de soleil, et qui rompt l’assemblage de couleurs sobres qui caractérise les restos japonais. De petits bruits de baguettes qui picorent leur repas, des poissons qui se promènent dans leur bocal, un nouveau sourire de mon hôte quand il m’apporte l’addition… je reprends du poil de la bête. Il en faut peu, au fond.
usant, c’est qu’elle s’est mise à me donner des conseils.
sinon on n’en finit plus"), alors qu’elle a eu quatre enfants et trois petits-enfants... Ca la ferait doucement rigoler. (Quoi, comment? Mais non, je ne compare pas les hommes à des enfants en bas âge qui courent partout et qui font des caprices, je dis juste qu’elle en connaît dix fois plus que moi sur la question… ne me faites pas dire ce que j’ai pas dit, non mais alors. Oui, les garçons ont la réputation d’être parfois immatures, mais à ce point, j’ai jamais dit que… si, je l’ai dit..??, mais alors pas très fort, hein?… saperlotte, quel bourbier!) .




