Les math-ernelles
Posted in Objection ! on 04/09/2008 10:30 am by CinnCe billet est destiné aux plus bossedesmatheux d’entre vous, si possible avec des connaissances en parapsychologie et en maths très très modernes
Imaginez que vous êtes la personne qui va décider des règles concernant les effectifs du système scolaire. Ainsi, vous devez décider : 1) quel est le nombre maximum d’élèves dans une classe : n 2) à partir de combien d’élèves par classe au total on a le droit d’ouvrir une nouvelle classe : n’
Et bien tenez-vous bien, je viens de découvrir que n’ est supérieur à n.
Pour parler plus concrètement : imaginez que vous êtes une directrice d’école maternelle qui a le droit d’avoir 32 élèves par classe maxi (et c’est déjà beaucoup). Or, si vous avez 133 élèves dans votre école, vous avez le droit d’ouvrir 5 classes. Si vous avez 132 élèves, vous n’avez le droit d’en ouvrir que quatre.
Dans le cas où vous avez 133 élèves, tout va bien. La moyenne est de 26,6 élèves par classe, et tout ce que vous aurez à faire, c’est d’utiliser cette petite marge pour décider, en fonction des effectifs, combien de classes de chaque niveau vous aurez, et si éventuellement vous vous lancez dans l’aventure des classes de double niveau.
Oui, mais si vous avez 132 élèves, vous n’avez droit qu’à quatre classes. Quatre classes de 132 élèves, ça fait 33 élèves par classe. Quatre classes de 32 élèves, ça fait… 128 enfants.
Autrement dit, soit vous acceptez d’avoir 33 élèves par classe, et vous êtes dans l’illégalité, soit vous mettez quatre enfants à la porte (après tout, l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans, les parents n’ont qu’à garder leurs gosses chez eux).
Chez nous, on a de la chance, on est au-dessus des 133 cette année encore. Mais j’avoue qu’il y a là un système de calcul qui m’échappe.
Il paraît que l’argument n°1 pour justifier ce calcul est que dans les petites classes, les enfants ne sont jamais là en même temps (épidémies de rhino-pharyngite à répétition, varicelles et autres cataclysmes parentaux, sans parler des vacances prises hors saison).
Donc l’école ne fonctionne bien que quand tout le monde n’est pas là.
C’est d’une logique imparable. Il faut adapter le fonctionnement d’une structure au risque d’absentéisme des uns et des autres. Donc, si vous trouvez qu’un organisme public quelconque souffre d’un fort taux d’absentéisme de ses effectifs, rassurez-vous : il devrait très vite faire l’objet d’un recrutement massif.
(nota : renseignements pris, la logique de comptage bancal est exactement la même pour des élèves de lycée, donc ça sent le prétexte).
(tout ça pour dire aussi que ça me paraît ridicule. Tant qu’à faire les radins, pourquoi ne pas dire directement qu’on a le droit de mettre 33 enfants dans une classe ? Il y a là sûrement des enjeux qui me sont inconnus).
Le monde est beau.
J’ai un aveu à vous faire. Celui sans qui je serais peut-être homosexuelle à l’heure qu’il est, vient de mourir. Bon, d’accord, sur la fin, il n’était pas très sympathique. Non, vraiment pas. Ultraconservateur et ultralibéral. Antisémite. Homophobe. Président du lobby des armes à feu. Raciste. Il y a plus avenant, comme profil. On est tenté de mettre une partie de tout ça sur le compte de sa maladie d’Alzheimer ? Ce n’est certes pas donné à tout le monde de bien vieillir, mais là… brrrr… Oui mais voilà : Rendons à Charlton ce qui est à Charlton. Avant lui, je préférais les filles. Ne me demandez pas quel âge j’avais, mais c’est au beau milieu de "Ben Hur" que je me suis littéralement rendue compte, non sans une certaine surprise, que oui, un garçon, ça pouvait aussi être agréable à regarder. Merci Charlton ?
Dans une situation de détresse, le premier réflexe de Laura est de rechercher un sauveur ou une sauveuse.
venu exploser par terre.
presses et de quoi faire un pansement rudimentaire. Non sans l’impression fugitive, au choix, d’être en train de faire disparaître les preuves d’un crime atroce. Ou d’être en train d’opérer un truc à moitié mort.
Vous connaissez un seul enfant de maternelle capable de jouer aux Pokémon, vous ? Le jeu est très complexe : il y a autant de règles que de cartes différentes. Plus de 150 cartes dans la série initiale, sans compter les nombreuses séries supplémentaires : "Forces Cachées", "Légendes Oubliées", "Gardiens de Cristal" "Fantômes Holon", et j’en passe. et la pochette annonce qu’il convient aux enfants "à partir de 10 ans".
J’ai interrogé l’animatrice du centre de loisirs, en fait parce qu’il m’était venu un doute : les cartes étaient peut-être interdites à l’école ?


ez.
Ce qui est curieux, c’est que ça n’a pas dérangé mes demi-clones. Raphaël a écouté religieusement les histoires que je lui y ai lues, et malgré quelques questions, il suit visiblement la majeure partie de l’intrigue. Par exemple, dans "Barbe-Bleue", aussitôt la clé du fameux cabinet confiée à Madame Barbe-Bleue et le mari d’icelle parti en voyage d’affaires, a fusé la question "Et alors, est-ce qu’elle est allée voir dans le cabinet?". Il s’est aussi très vite identifié aux Cavaliers qui pourfendent Barbe-Bleue à la fin, et n’a posé aucune question à ce jour sur le fait que l’un d’eux est un "dragon". Le contenu des contes change aussi pas mal. Je sais bien que les "contes du temps passé" de Perrault ont connu plusieurs versions, avant et après lui, mais il y aurait beaucoup à dire sur les différences entre sa version des histoires, et celle qui est restée. On nous cache tout. J’ai redécouvert que quand la Belle au Bois Dormant se réveille après ses cent ans de sommeil, on est à peu près à la moitié de l’histoire. Elle n’a pas un début de vie maritale facile, la Belle au Bois Dormant. Il faut voir, après, ses démêlés avec sa belle-mère qui veut lui manger ses enfants (Jour et Aurore), accommodés à la Sauce-Robert. Un autre exemple. Là où ma version du "Petit Chaperon Rouge" (illustrée et avec des mots simples, et qui n’explique même pas pourquoi le loup ne mange pas immédiatement la petite fille dès qu’il la rencontre dans les bois, ce qui serait quand même plus logique pour un loup qui n’a pas mangé depuis trois jours), le début de l’entrevue entre le PCR et le loup déguisé en mère-grand se passe ainsi, vous savez, juste avant "Oh, comme vous avez de longs bras":
Version édulcorée : "Comment allez-vous, Grand-Mère? interrogea t’elle. -Mon enfant, je suis bien faible, et j’ai très froid ! chuchota le loup. Approche-toi un peu de moi. Le Petit Chaperon Rouge obéit et avança." Dans la version de Perrault, c’est beaucoup plus…euh, comment dire? "Le Loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : -Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi". Le Petit Chaperon Rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère Grand était faite en son déshabillé, et lui dit…" Disons qu’on voit transparaître beaucoup plus nettement la morale finale et l’avertissement aux jeunes filles sur les bad boys mielleux. Il y a aussi beaucoup d’humour. Le Prince qui réveille la Belle au Bois Dormant, par exemple, se garde bien de lui dire qu’elle est habillée comme sa grand-mère (on n’y pense pas assez, mais ils ont cent ans de différence d’âge, ces tourtereaux-là). Une fois la nuit de noces venues, il est précisé qu’ "ils ne dormirent pas beaucoup, la Princesse n’en avait pas besoin". Il y a aussi l’ogre du Petit Poucet qui fait des jeux de mots, en demandant à sa femme d’ "habiller" les petits garçons qu’il croit avoir tués, alors que sa femme croit qu’il veut qu’elle les vêtisse. Je crois que mon passage préféré reste celui où Riquet à la Houppe, qui est très laid, devient le plus beau prince du monde après que sa princesse a accepté de l’épouser.
Perrault émet tout de suite des doutes sur la version classique de l’histoire. Il suggère plutôt que c’est la princesse qui est tombée amoureuse de lui et qui le voit plus beau qu’avant : "… [qu’elle] ne vit plus la difformité de son corps ni la laideur de son visage, que sa bosse ne lui sembla plus que le bon air d’un homme qui fait le gros dos, et qu’au lieu que jusqu’alors elle l’avait vu boiter effroyablement, elle ne lui trouva plus qu’un certain air penché qui la charmait ; ils disent encore que ses yeux, qui étaient louches, ne lui en parurent que plus brillants, que leur dérèglement passa dans son esprit pour la marque d’un violent excès d’amour, et qu’enfin son gros nez rouge eut pour elle quelque chose de Martial et d’Héroïque". Mignon, non? 
Tout est parti de la visite chez Tata (oui, la même qu’hier). Tata vit en célibataire, mais est néanmoins extrêmement bien équipée pour une visite de neveux/nièces en bas âge. Mention spéciale pour sa batterie de jeux éducatifs (ordinateur portable, fontaine japonaise zen conçue sans aucun doute pour que les enfants s’exercent à empiler les petits galets dans les tubes en bambou, lampe ronde fascinante qui change de couleur dans le noir) et pour son canapé aux nombreux coussins assortis.
Et puis est enfin arrivé l’interne, un jeune homme qui, pour une fois, ressemblait à un médecin urgentiste. A savoir qu’il avait l’air totalement, complètement endormi. L’air de quelqu’un qu’on a tiré du lit de force à trois heures du matin et qui n’a pas encore eu son café. L’air de quelqu’un qui termine une garde de week-end et qui n’a pas dormi depuis 50 heures. L’air de Droopy qui aurait pris un sédatif.
