Je n’aime pas les gens sympa

Ralphy brossait récemment le portrait d’un « type sympa : » (titre autodécerné) : un garçon qui doit se marier prochainement et dont la fiancée, enceinte, était donc « hors d’usage » (sic). Il en profitait pour passer des annonces sur son blog afin de pouvoir tout de même « se calmer » (sic) : Read the rest of this entry »

J’veux un Mac

Est-ce cet avertissement dans Itunes « vous n’avez plus assez de mémoire pour enregistrer cette chanson, veuillez virer quelques fichiers » ? Enfin, quelque chose d’approchant.

….Picasa qui m’avertit aussi qu’il ne peut plus fonctionner « de manière optimale » avec le peu de mémoire qui reste ?

…..MSN qui marche encore mais dans la version 7.0 seulement ? (Visiblement, c’est la seule compatible avec ma version de Windows).

…..Est-ce le jeune type qui joue le rôle du Mac, tout mignon, tranquille et positif, dans les pubs « Getamac » ?

…..Est-ce que ce sont certains membres de mon entourage, jouant sans scrupule sous mon nez, avec une  aisance insolente, avec leurs joujous, tous dénommés Mactruc ou Ibidule?

Je succombe au lavage de cerveau. Je veux un nouvel ordi, et plus précisément un Mac. Il paraît que des nouveaux vont sortir à la rentrée. On a parlé de juin, puis de juillet, puis de septembre, et maintenant de décembre. En tout cas, malgré sa bravitude, mon vieux coucou a fait son temps. J’attendrai ce qu’il faut pour pouvoir crâner un tout petit peu avec mon nouveau joujou, moi aussi. Enfin, pendant un mois ou deux, s’entend, les choses évoluent vite avec ces doudous là.

En attendant, c’est le système D. J’ai dérivé le fichier de téléchargement par défaut de mon navigateur sur mon tout nouveau disque dur externe, devenu espace de stockage et non de sauvegarde (pour que ça soit une sauvegarde, il m’en faudrait un deuxième). A chaque fois que j’ai besoin d’installer quelque chose sur le disque existant, je fais un peu de ménage avant. Bref, c’est la pénurie.

J’attendrai.

Les Chemins de la Gloire

brillante_weblog_premioOn ne sait jamais par quels chemins de hasard et de destin la vie vous emmène vers la gloire. Moi, par exemple, ce sont mes histoires de poisson rouge.… enfin, mon honnêteté intellectuelle légendaire m’obligerait à dire : "l’enfer permanent vécu chez moi par mes poissons rouges, disparaissant les uns après les autres faute de soins", bref, ce sont mes poissons (donc je rappelle tout de même que je n’ai pas réussi à en éliminer un seul lors de mes dernières vacances) qui m’ont valu d’être repérée par la toute-puissante prêtresse de la blogosphère, Alyssa, pour être distinguée comme "Brillante Weblog Premio 2008" (sic, même si je me demande un peu ce que le premio signifie là dedans).

Seule contrepartie à cette distinction complètement méconnue suprême : désigner à mon tour 7 victimes lauréats qui devront à leur tour passer le flambeau.

Ensuite,

1. Les gagnants “doivent” mettre le logo sur leur blog. 2. Afficher le lien de la personne qui le leur décerne. 3. Désigner 7 autres blogs qui méritent également ce prix. 4. Indiquer les liens de ces blogs sur leur propre blog. 5. Laisser un message sur le blog des primés pour les avertir.

Hé, mais sur le principe, ça ressemblerait à …

Enfin, le mécanisme ressemble à s’y méprendre à…..

Oui, bon, c’est une chaîne. 

Sur le principe, j’aime bien les chaînes, mais surtout quand elles permettent de me donner une idée d’article d’insérer une valeur ajoutée à mon billet . Et celle-ci, il faut le dire, ne colle pas tout à fait à ce critère.

En même temps, il n’y a pas si longtemps, j’ai eu droit à un taggage mémorable des Perles du Chat pour un portrait chinois obsessionnel, bourré de questions indiscrètes, et jusqu’à ce jour, je n’ai pas ébauché l’ombre de ce  geste auguste du doigt du bloggeur se rapprochant d’une touche de son clavier pour y répondre. Donc je me sens un peu morveuse, là, à trouver des prétextes pour ne pas répondre aux chaînes.

Je dois tout d’abord dire que le choix est vraiment difficile, parce que des blogs que je suis assidûment, il n’y en a pas que sept. Donc attention, il va y avoir du favoritisme et du piston pour se distinguer du lot

Ce préambule établi, je refile donc la patate chaude remets donc mes trophées à :

1) Natacha, parce que c’est ma copine et que j’aimerais bien qu’elle relance son blog "créatif" pour de bon, lorsqu’elle reviendra de son voyage au bout du monde et que son emploi du temps de ministre le lui permettra,

2) Les Perles du Chat, pour me faire pardonner par Ralphy d’avoir royalement ignoré son tag. (mais il faut dire pour ma défense qu’il aurait fallu que je réponde à des questions du genre : "si vous étiez Clara Morgane avec votre cerveau actuel?", alors que je n’ai qu’une idée assez floue de qui il s’agit),

3) et 4) Tom et Jerry, parce que quand même, c’est la rentrée, et qu’ils n’ont plus rien ajouté à leur succulent blog depuis le 22 juillet, alors j’aimerais bien un signe qu’ils sont encore en vie (c’est l’été, donc j’ai a priori exclu l’hypothèse d’une hypothermie foudroyante suite à la panne de leur nouvelle chaudière. Ca doit être la faute aux vacances).

5) le Sushi Dépressif, parce que sa manie de précieux son choix littéraire de parler de sa personne à la troisième du singulier donne une classe indéniable aux phrases les plus ordinaires. Le Sushi ne dit pas "L’autre jour, je me suis incrusté chez mon pote Untel", il dit "Récemment, le Sushi fit un pèlerinage auprès d’une personne chère". Je n’invente rien.

6) Mère Indigne, parce qu’elle me fait hurler de rire presque à tous les coups,

7) à 10) : Jennifer et ses copines, parce que le fait qu’elles soient en coblogation leur donnera un gros dilemme : qui des quatre aura le privilège de répondre à cette chaîne, et selon quelles préférences ? Les siennes ou celles issues d’un vote collectif ?

Mission accomplie !

 

Entre deux eaux

TintinCa y est, ma dernière heure est arrivée. J’ai peur. J’étouffe, je vais me noyer. Comment ce type peut-il ne pas voir que je suis au bord du malaise, à quelques minutes de l’asphyxie ? Si ce masque ne réduisait pas de manière insupportable mon champ de vision, je pense que je verrais ma vie défiler devant moi. Au secours ! Mais qu’est-ce qu’il fabrique, à nouer ou dénouer quelque chose sur mon ventre ? Peut-être qu’il me rajoute encore des poids en plomb ? A l’aide !…

Après un baptême aérien, je m’étais fait offrir un baptême sous-marin : ce qui devait être mes premiers pas (enfin, mes premières brasses?) en plongée.

Tout avait plutôt bien commencé. Un bateau d’une dizaine de personnes candidates au baptême, la plupart en dessous de 12 ans, sauf deux personnes : ma cousine Théano et moi, qui en avons le triple  le double  un peu plus. On pouvait presque s’attendre à ce que, pour faire le décompte des présents, le moniteur dise quelque chose comme "Donc, on a bien Kévin, Enzo, Chloé, Hugo, Léa, Lucas, Madame Cinn et Madame Théano?"

J’enfile pour la première fois une combinaison de plongée.

Il y a deux manières de considérer ce vêtement là.

1) soit on admire son côté lisse et aérodynamique, et on songe, émue, que l’on va être semblable à un dauphin, lisse et marine,

2) soit on se dit que ce machin gluant et étroit est une insulte à toutes les femmes de plus de 45 kilos. C’est étroit, ça serre, et c’est très moulant. On a l’impression d’enfiler une méduse, ou un tentacule de poulpe. Heureusement, c’est noir, ce qui, en principe, amincit. Maigre consolation. Il ne manquerait plus qu’il y ait des barres horizontales, tiens ! Que cela soit dit : une combinaison de plongée, ça doit être le vêtement le moins glamour de la terre.

Nous emportons nos palmes (Théano a de si petits pieds qu’elle a failli se faire attribuer des palmes Harry Potter) et surtout les bouteilles d’air comprimé et l’espèce de gros harnais qui sert à le porter, avec tout les accessoires (des trucs aux noms exotiques, comme "détendeur" ou "gilet stabilisateur"). Stabilisateur, mon oeil. En tout cas, c’est très lourd.

Le bateau nous emmène vers une sorte de petite crique où nous allons plonger en eau peu profonde, au bord du rocher. Tout se passe bien jusqu’à ce que je me retrouve dans l’eau, ceinturée de plomb.

Le moniteur me ligote m’attache au gilet évoqué plus haut. C’est lourd.

Les sensations que j’éprouve me décontenancent. Je suis tout de suite essoufflée, je nage en ayant l’impression que je ne maîtrise absolument pas ce gros corps ainsi équipé. Je me sens engoncée dans une carapace qui m’alourdit et que je n’arrive pas à maintenir à la surface. Je parviens à respirer dans l’embout, mais cela me semble encore plus pénible que de respirer à l’air libre. J’ai une sensation de panique que je ne parviens pas à éliminer, directement liée à cette sensation d’étouffer et de ne rien maîtriser.

Bilan : j’ai un peu nagé sous l’eau. Une minute, peut-être, au lieu de vingt. Et j’ai très vite demandé à remonter sur le bateau. Une fois débarrassée, j’ai nagé autour du bateau, retrouvant des "vraies" sensations de nage.

Mais nooon, m’expliquera ma mère plus tard (200 plongées à son actif), l’essentiel est en fait de se laisser aller. pas d’essayer de se maintenir en surface. Ça ira mieux la prochaine fois.

Il faut vraiment une prochaine fois?….

La fin de l’allaitement long et le délai entre deux tétées

En juillet, je suis partie en vacances pour une grosse semaine, sans les enfants. J’ai oublié mon tire-lait.

D’habitude, quand je pars pour plus de deux jours, je l’emmène. Le but est de tirer un peu de lait, de temps en temps, pour maintenir la lactation. J’ai découvert que la lactation se poursuivait quand je ne tirais rien pendant deux ou trois jours, donc j’en profite pour espacer les séances. C’est vrai, c’est désagréable et contraignant, ce bidule.

Mais oublier le bidule ne pouvait signifier qu’une seule chose : j’étais, inconsciemment, d’accord pour ne plus stimuler ma lactation.

Ça a été une réelle tristesse. Je suis certaine qu’en arrêtant maintenant l’allaitement long, Laura n’en souffrira pas, mais pour moi cette idée que plus jamais je ne la réveillerai en douceur, plus jamais je ne l’apaiserai de cette manière, était un deuil à faire.

Pourtant, au bout de cinq jours, j’ai eu la curiosité de refaire l’essai. J’avais encore du lait.

On me l’a rappelé depuis : plus longtemps on poursuit l’allaitement long, plus on peut le poursuivre ou le reprendre selon les nécessités. Il y a des sociétés où les grand-mères offrent un allaitement « de compassion ». (Non ! Je ne compte pas allaiter mes futurs petits-enfants!).

Je pouvais donc continuer, en fait.

Avec une contrainte en moins, puisque je sais maintenant qu’il suffit de très peu de tétées pour ne pas complètement perdre une lactation « en veilleuse ».

Laura, en me revoyant à la fin de ladite semaine, a très rapidement demandé le sein.

Courtisée

Quelle sensation merveilleuse, se sentir à nouveau objet de désir et de convoitise. Etre submergée par leurs coups de fil. Se préparer pour un rendez-vous, frétillante, impatiente : vont-ils me plaire ? Vais-je leur plaire?…

Ma demande de DIF pour bilan de compétences ayant été refusée, j’ai décidé de "surveiller un peu le marché", comme me l’a formulé mon interlocutrice (je vous parle d’elle dans un instant). Pour, éventuellement, quitter l’entreprise où je travaille, celle où j’ai des remarques agréables de mon chef mais où j’ai parfois l’impression de me sentir un peu à l’étroit dans mes fonctions (oui, dans mon salaire aussi, c’est vrai).

Profitant d’une après-midi où il n’y avait personne pour chatter avec moi, j’ai remis à jour mon CV sur Streumon.fr. Finalement, il y a au moins un avantage à n’avoir pas bougé depuis plusieurs années : il n’y avait qu’un chiffre à changer par ci par là (mon ancienneté). (Oui, je sais, quelque part, c’est un constat déprimant).

Environ trois heures après la manipulation (Oui Monsieur. Oui Madame. Trois heures), le téléphone sonne.

Lherbe & Pluverte a un poste à me proposer. Pourrait-on se rencontrer pour un entretien ?

Mais certes. Justement, j’ai un créneau demain. Rendez-vous est pris.

Je me présente le jour J (donc 24 heures après mon retour sur Streumon.fr), dans un état d’esprit intermédiaire entre 1) la reprise de réflexe : c’est un entretien d’embauche, des années que je n’ai plus fait ça, mais il faut se stresser un peu. S’agit de se vendre. 2) Une touche de dédramatisation : Je n’ai rien à perdre, j’ai déjà un travail où je peux rester un peu plus longtemps. Il n’y a donc pas d’enjeu, je ne peux être que gagnante. On se calme, donc. 3) Oui mais quand même, ça peut être intéressant. On se stimule. 4) Hein, quoi ? Il s’agit de quitter Chef Bien Aimé ? Mince alors, j’ai vraiment besoin de ça ? Autant en finir vite.

L’accueil est royal chez Lherbe & Pluverte.L’ambiance est feutrée et design à la fois. Un jeune homme (un stagiaire?) m’escorte jusqu’à la Salle de Réunion, me propose un café, et me souhaite courtoisement "une bonne réunion" (sic)

La Salle de Réunion est pleine de Matériel de Réunion sophistiqué. Deux immenses écrans plats. Un clavier vertical (pourquoi vertical?!). Des trucs qui ressemblent à des téléphones, mais qui ne doivent pas en être. Des bloc-notes aux armes de Lherbe & Pluverte. Des stylos aux armes de Lherbe & Pluverte. Et, top du top, nec plus ultra du nec plus ultra : des bonbons aux armes de Lherbe & Pluverte. des bonbons! Pourquoi pas des mouchoirs en papier publicitaires ?

Dame. On soigne sa communication, ici.

Sarah arrive avec à peine 10 minutes de retard et présente de brèves excuses. (Message personnel à ma gynéco, si elle me lit : T’as vu ça ? La classe, hein? Pas comme certains qui n’ont aucun scrupule à faire poireauter systématiquement leurs patientes pendant une heure. Prends-en de la graine, vieille sorcière malpolie. Fin du message personnel).

On discute, donc. C’est le principe. …… Mais c’est qu’il a l’air pas mal, ce job. …….. Intéressant et tout. ……. Purée, qu’il a l’air bien ce job. …….verte Ils ont une mutuelle. Et des tickets restos. Et une cafète. ……. Ne t’emballe pas, ma fille. Il peut y avoir loin de la coupe aux lèvres, et de la publicité à la réalité. …….. Même ma future chef a l’air bien. …… Une salle de sport?! Ils ont une salle de sport !!!!!! Il me faut ce job! ……

La suite la semaine prochaine. La suite des évènements, pardon, du process, c’est que je rencontre ma future chef ("froide au premier abord, mais c’est parce qu’elle est exigeante et rigoureuse". Ça me plaît.). On verra bien.

En attendant, j’ai rallumé mon portable au sortir de l’entretien. Surprise ! Renaud, du cabinet Onveuvoue-Desbauchers, m’a laissé un message : il voudrait me rencontrer pour "faire le point sur ma carrière". Petit coquinou, va.

Objet de tous les désirs, je vous dis.

NDE

Inanimé, l’oeil fixe, ils flottaient silencieusement sur l’eau trouble. Une puanteur nauséabonde, une odeur de pourriture et de décomposition. J’ai cru voir deux cadavres.

J’avais tout juste posé mon sac à l’entrée avant de vérifier l’état de santé de mes poissons rouges. Je savais que l’eau ne serait pas tout à fait pure, vous pensez, après une semaine. La voisine est venue tous les jours mais m’avait prévenue : elle n’aime pas toucher aux poissons pour nettoyer le bocal. Elle m’avait laissé un petit mot très gentil pour me dire qu’elle avait changé une partie de l’eau, mais pensait qu’il faudrait nettoyer l’aquarium entièrement. Si c’est pas un euphémisme, ça… Un seul poisson avait encore l’air de nager normalement, les deux autres flottaient comme des cadavres de noyés.

Puis j’ai vu qu’ils bougeaient. Faiblement, mais ils bougeaient. Leur bouche se dilatait et se rétractait, comme en une ultime respiration, une agonie dont je me suis demandé depuis combien de temps elle durait.

Rongée par la culpabilité, je les ai mis dans la baignoire remplie d’eau. Le plus gros des poissons n’a pas réagi, mais le plus petit s’est ranimé et s’est mis à nager.

Je l’ai cru perdu.

Il réagissait un peu quand je le touchais, mais le sinistre flottement reprenait aussitôt.

Il lui a fallu encore un bon quart d’heure pour se remettre à bouger normalement, une fois l’eau remplie.

Impressionnant. Heu, quelles séquelles, docteur ?

Heureusement que je n’ai pas fait de carrière médicale ou vétérinaire. Je ne m’en tirerais peut-être pas aussi bien à chaque fois.

Portes ouvertes (ou fermées)

J’étais donc décidée à confier mes poissons pour les vacances, ou à charger quelqu’un de venir les nourrir.

La première voisine, une dame presque âgée et très gentille, n’était pas chez elle.

En face, un couple âgé. Je sonne.

Lui (derrière la porte) : "Y’a quelqu’un qui a sonné"

Remue-ménage à l’intérieur.

Lui (vers la porte) : "C’est qui ?"

Moi (d’une voix claire) : "C’est votre voisine!"

Un temps.

Lui (derrière la porte) : "J’entends rien!!"

Moi (devant la porte) : "’C’est votre voisine du troisième !!"

Remue ménage à l’intérieur.

Lui (derrière la porte, à sa femme) : "Y’a quelqu’un à la porte, mais j’entends rien à c’qui dit"

Un temps.

Je sonne à nouveau.

Lui (derrière la porte) : "C’est qui?"

Moi (devant la porte) : ‘VOTRE VOISINE !!"

Lui  (derrière la porte, résigné et bougon) : "J’entends rien!"

Un temps.

Rien ne se passe.

Personne n’ouvre.

J’ai décidé d’abandonner. C’est officiel, je fais peur aux petits vieux.

La voisine du rez-de-chaussée :

  • m’a ouvert immédiatement,
  • était jeune et souriante,
  • a regretté de ne pas pouvoir prendre les poissons, parce qu’elle a un chat prédateur de poissons rouges,
  • (du coup, on a parlé chats quelques minutes),
  • mais a suggéré de venir les nourrir.
  • a évoqué l’idée de petites boulettes de nourriture pour poissons spéciale, qu’il était un peu tard pour acheter mais qui pouvaient être consommées sur plusieurs jours sans dommage,
  • bref, était adorable.

Une même cage d’escalier, deux mondes différents.

Je lui ai confié mes clés…

La mission

J’ai fait quelque chose qui ne me ressemble pas. C’est amusant, cette expression : constater qu’il y a des choses qu’on a tendance à faire ou à ne pas faire, et décider (ou non) de passer outre, parce que les choses qui nous ressemblent ne sont pas forcément les meilleures.

Donc.

Je ne sais pas quel traumatisme d’enfance fait que je n’aime pas que des inconnus entrent chez moi en mon absence, mais c’est comme ça. Oui, même une simple femme de ménage.

Évidemment, c’est ridicule. Des tas de gens ont des femmes de ménage et s’en portent très bien. Il y a même des gens qui échangent leurs maisons pendant les vacances, et personne ne pique les affaires de personne, et personne ne fouille dans les affaires personnelles de personne. Des tas d’inconnus sont dignes de confiance. Oui, mais allez expliquer ça à la Cinn irrationnelle qui croit Raphaël quand il lui raconte une histoire saugrenue sur la baby-sitter.

Avant de repartir en vacances voir mes enfants (cet été, mes enfants sont chez mes parents), j’ai confié ma clé à une voisine que je connais à peine.

Pour le commun des mortels : un acte plus qu’anodin.

Pour moi : un grand saut dans l’inconnu.

Après avoir cogité longtemps, m’être dit que sans ça, mes poissons mourraient peut-être de faim, m’être dit que ce n’était sûrement pas si terrible, m’être dit qu’après tout il était temps que je fasse l’essai, que cela me ferait du bien, que c’était l’occasion de créer des liens entre voisins, qu’il ne se passerait rien de fâcheux, oui, bon, que les chances que quelque chose de fâcheux se passe était minimes, que mes poissons pourraient bien survivre une semaine sans manger (….et je vous passe le reste des cogitations), je me suis donc mise en quête d’un(e) voisin(e) complaisant(e) qui pourrait prendre mes poissons.

A suivre…

Arroseuse

Mes pauvres petites plantes, que j’ai abandonnées en pleine canicule pendant tout un ouikende. Ne vous inquiétez pas, je suis là maintenant, je pense à vous. Tenez, j’attrape le rrros n’arrosoir (houlàlà, il vente beaucoup sur mon balcon, c’est tempête ce soir), je vais le remplir tout plein, et vous allez avoir du glouglou à boire.

Voilà, ça y est, le robinet de la baignoire remplit l’arrosoir. Le niveau monte régulièrement. De l’eau bien fraîche pour mes petites plan-plantes, avec une nappe d’écume blanche. Voilà, l’arrosoir est plein. Tiens, maintenant que le robinet s’est arrêté de gronder, y’a comme un bruit dehors?

Je rejoins le balcon, en traînant mon arrosoir.

Il y a un énorme orage.

Mes plantes sont en train de se faire copieusement inonder.

Je dois vivre dans un Tex Avery.