Mouchards

La nuit tombe lentement. Sous la lune ronde, la voiture file sur l’autoroute vers la fin d’un week-end. Il conduit d’une main, tient de l’autre la mienne. Bercée par la route, je somnole presque. De la journée passée ne subsistent plus que des grains de sable restés collés à mes pieds. Obstinément, des grains de poussière de vacances.

Ouikende de rêve, deuxième

Résumé des épisodes précédents : partie en week-end prolongé avec un grand brun dont le génie pour sniffer des bornes Wi-Fi lui permet de donner quelques bribes de nouvelles à ses lecteurs adorés, Cinn avait néanmoins complètement oublié (ou, pour être tout à fait honnête : sciemment omis) de signaler son absence à Lex, qui menait de son côté, et pour quelques jours encore, la double vie de père et d’actif, jonglant entre les exigences de sa nounou et celles de son employeur. Y’a pas de raison qu’on soit toujours les seules à en baver non plus, non mais alors sans blague!…

C’était compter sans l’automobiliste qui a déboîté brusquement, sans prêter attention au fait qu’il envoyait voler à terre Lex et son scooter… avant de continuer sa route sans demander son reste. Lex est tombé tête la première sur le bitume, a roulé sur le sol et a perdu conscience.

Arrêt sur image. Grandbrun et moi sommes donc en "vacances" depuis un peu moins de vingt-quatre heures. Message téléphonique. Oui, Lex est vivant et conscient (sinon, il n’aurait pas pu laisser de message, soyez un peu logique, quoi!), mais il est à l’hôpital, attendant qu’on daigne s’occuper de son cas. Ca tombe mal, il avait un gros travail à finir aujourd’hui. Quant aux enfants, ils sont chez la nounou. Il me tiendra au courant pour me dire si je dois prendre la relève ce soir avec les enfants : "Je ne sais pas si tu as prévu quelque chose ce soir, enfin, je ne veux pas gâcher ta soirée…".

La soirée ?….  Si je reviens chez moi, c’est juste trois jours de congé, sans doute les seuls avant un bon moment, qui vont voler en éclats. Mais pour l’instant, lui ne le sait pas.

Lex attend son scanner. Oui, il me tiendra au courant des résultats.

Quelques heures plus tard, les résultats arrivent. Tout va bien a priori.

On a dit a priori. Car les médecins sont prudents dans ces cas là et n’excluent pas la thèse de la micro-hémorragie invisible au scanner qui va se réveiller sournoisement quelques heures après. Théoriquement, Lex ne doit donc pas rester seul pendant les prochaines 24 heures. Heureusement, il a prévenu ses amis les plus proches… et moi :

"… Si je dois aller à l’hôpital pendant la nuit, je te préviendrai"…

Ce qui serait tout à fait logique si j’étais effectivement chez moi… sauf que je suis à deux heures de route, et non plus à cinq minutes. Dilemne. Prendre le pari que tout irait bien, le laisser dans l’ignorance ? Impensable. J’aurai l’air de quoi après, s’il se passe quelque chose ?

Il a donc fallu que je révèle à Lex que je n’étais pas chez moi, avec la conséquence que cela entraînait : car pour Lex, mon absence (car je ne lui ai rien dit d’autre) ne pouvait signifier qu’une chose : il y avait quelqu’un d’autre dans ma vie. Pour lui, cela a dû faire beaucoup de choses à gérer d’un coup… et ses appels se sont multipliés dans l’après-midi (ma messagerie a été saturée le soir). Sérénité,guéguerre ? Impossible de savoir comment il va réagir à cette idée dans les semaines qui vont venir.

Si j’ai l’impression d’avoir ouvert une petite boîte de Pandore, du moins Lex avait-il cette fois les éléments suffisants pour évaluer plus clairement la situation immédiate. Il a été convenu que je ne viendrais qu’en cas de problème cette nuit-là, et non en préventif. Il lui suffirait de laisser les enfants en transit chez la voisine pendant deux heures. Ouf.

Les vacances pouvaient continuer.

Ou plutôt auraient pu continuer, sans une autre farce du "destin" : "Allô, rappelle-moi tout de suite, c’est très urgent!".

Lex : 2, Ouikende dolce vita : 1.

Ses clés…! il avait perdu ses clés. Il les avait cherchées partout, rien n’y a fait : elles avaient dû tomber de son blouson tandis qu’il était traîné sur le goudron après sa chute. Or, il m’en avait confié les doubles (clés de voiture et de son appartement). La suite ? C’était le serrurier ou moi. Sauf que le serrurier ne l’aurait pas aidé à récupérer l’usage de la voiture.

Ils sont combien au monde, les hommes prêts à faire six heures de trajet pour faire économiser à l’ex de leur amoureuse le prix d’un serrurier, et ce après que l’ex en question leur a pourri leur après-midi en appelant environ une fois toutes les demi-heures, ceux prêts à faire tout ça sans dire pis que pendre (du moins pas à haute voix) de la personne en question ? Ceux dont les bras ouverts, au retour, juste après minuit, sont capables de faire oublier en un instant les fatigues de la journée ?

Lex : 2 ; Week-end dolce vita : 25.

Un partout

C’est moi ou quoi ? Il y a des week-ends en amoureux qui prennent un tour inhabituel.

Est-ce que c’était vraiment un week-end, techniquement ? Le débat se pose. En tout cas l’occasion était magnifique. Quelques jours de congés pris il y a bien longtemps, prévus à l’origine pour emmener les enfants respirer l’air marin. Un changement de planning, voulu par Lex, a abouti à ce que les enfants restent avec lui pendant cette presque semaine de congés (quand on est en week-end le mardi soir, c’est presque un congé non?).

Il se trouve aussi que Grandbrun (c’est lui qui a choisi son pseudo, hein, alors on se tait), de son côté, se trouvait également en congés et dépourvu de sa descendance pendant ces quelques jours. Configuration astrale incroyable, inespérée, quasi-miraculeuse, donc, qu’il aurait été criminel de ne pas mettre à profit pour mettre les voiles (sens figuré) vers un joli petit port (au sens propre), à deux ou trois petites heures de route.

Nous avons formé une équipe très efficace. Grandbrun sur son blanc destrier au volant, Cinn piquant du nez sans complexe en copilote aussi zélé qu’infaillible. 

Les heures qui suivirent furent l’occasion de merveilleuses découvertes l’un sur l’autre, toutes ces petites choses que l’on apprend lorsque l’on passe un peu de temps avec quelqu’un. Je suis donc en mesure d’annoncer publiquement que le Grandbrun possède de nombreuses fonctions utilisables dans des situations les plus diverses.

– électricien hors pair : en arrivant dans la chambre d’hôtel qui nous était réservée (coquette, spacieuse, un coup de coeur à saisir), nous avons dû constater que rien ne se passait quand on appuyait sur l’interrupteur principal de la pièce. Qu’à cela ne tienne ! Grandbrun a presque immédiatement perçu, d’une manière sans doute intuitive et mystérieuse, qu’il suffisait d’asséner un coup énergique sur le côté de la lampe pour mettre fin au faux contact. Que la lumière soit! Et la lumière fut.

– calorifère : on est peut-être théoriquement en pleine canicule, mais la proximité de la mer (ça ne peut être que ça) faisait qu’il faisait un peu frisquet dans le joli petit restaurant-avec-vue-sur-le-port-ultra-ravissante où nous nous sommes restaurés le soir même. Car le petit restaurant était certes romantique au possible, mais on y aimait l’air du large au point de garder les fenêtres ouvertes jusqu’à une heure avancée de la soirée… Fort heureusement, à elles seules, les mains toutes chaudes de Grandbrun autour de celles de Cinn ont su réchauffer la petite chose bleuâtre et frigorifiée qu’elle était devenue. Nota : pour imaginer correctement la scène, il n’est pas inutile de préciser que Cinn portait un blouson par dessus son pull, tandis que Grandbrun portait une légère chemise d’été, manches courtes, deux boutons négligemment ouverts.

– de plus en plus fort, voire unique au monde. Mesdames et Messieurs, Grandbrun a un mystérieux talent, un flair surnaturel pour repérer les endroits où il y a le Wi-Fi. Sans même déplier le portable dont il ne se sépare que difficilement et sous la torture, il lui suffit d’humer l’air pour déclarer qu’il en sent un pas très loin, par là. Ou (avec une grimace de dépit) : "Oh… une clé WEP. Il va juste me falloir un peu plus de temps alors…".

Tout allait donc pour le mieux jusqu’à un message téléphonique de Lex, tombé de nulle part :

"J’ai eu un accident…."

Week-end de dolce vita : 1 ; Lex : 1

Just Whistle

Il y a des fois où la vie semble couler de source. Où il on dirait qu’il vous suffit de siffler, de claquer des doigts ou de dire "supercalifragilisticexpialidocious", pour que la chance vous sourie, que tous les feux passent au vert dès que vous approchez, que la dernière baguette de la boulangerie soit pour vous, et tutti quanti.Bewitched_Wallpaper

Vous passez devant un cinéma avec l’idée de repérer l’horaire d’un film pour dans l’après-midi. Tiens ! Celui que vous vouliez voir est précisément sur le point de commencer. Là, dans dix minutes. Le temps de prendre votre place, et vous aurez échappé à toutes les pubs.

Vous entrez dans la salle de cinéma bondée. Vous êtes deux, mais les seules places disponibles sont isolées et systématiquement à quatre rangs de distance les unes des autres. Vous vous demandez si cela va être aussi divertissant de suivre le film toute seule dans votre coin et d’attendre la fin de la séance pour faire le debriefing qui s’imposera avec le grand brun qui vous accompagne.  Et voilà que ledit brun repère un quidam assis entre deux sièges vides, dans un recoin de la salle qui vous avait complètement échappé. Le quidam aurait-il la gentillesse de… ?… et voilà comment on se retrouve à occuper les deux dernières places mitoyennes de la salle pour regarder "Ratatouille" (excellentissime, "Ratatouille", d’ailleurs).

Un peu plus tard, vous déjeunez au snack-bar voisin. Vous ne prenez que deux menus, mais le vendeur, avec un sourire, et sans la moindre raison rationnelle de vous faire une fleur, vous tamponne d’office tous les espaces restant sur votre carte de fidélité.

marypoppinsA moi Sainte Marie Poppins ! Les enchanteurs ne sont pas loin…

Le coeur et la cam

"Salut. Y’a personne qui fait des chaud sur msn ?"

Ainsi s’est annoncé, aux petites heures de la nuit, un nouvel arrivant sur le Minichat des Perles du Chat de Ralphy. Pour la petite histoire, ce garçon s’est impatienté et a lancé un "ouou" à la cantonnade la minute d’après. Dix minutes plus tard, la chance lui souriait : la belle Claire-Morgane répondait à son appel. En vain : le Roméo nocturne était reparti.

Roméo n’était ni le premier ni le dernier à chercher sur un chat une jeune fille (ou plutôt une femme quelle qu’elle soit) prête à partager une webcam chaude sur une simple invitation.

Son originalité, au jeune Roméo, ce qui le rend profondément humain et touchant, c’est qu’il avait renoncé au légendaire anonymat du net et qu’il avait laissé l’adresse de son skyblog en guise de signature.

Skyblog où, surprise !  Roméo explique en termes choisis à une jeune fille qu’elle est l’objet de sa tendre inclination : Je lui laisse la parole, à mi-chemin entre la pâmoison et la jalousie envers la petite veinarde : "tu peux pas svoir à quelspoint jtm tres bcp fort tes vraiment trop belle […] respais à chouchou ses une fille qui a trop la classe [… ] tes une fille qui cartonne tous de cher tous […] chouchou ses une femme de feu […] j’esper que jamais personne te face du malle […] tes comme ma grande soeur [!]" sans oublier les promesses d’avenir : "tkt pas avec moi tsras la plus heureux on fras tous ce que tu vx". Bref, un vrai héros romantique.

Oui mais… Chouchou est-elle au courant des investigations nocturnes de son amoureux transi ? Quelque chose me dit que non, et même que dans l’esprit de Roméo, Chouchou et Claire-Morgane appartiennent à des mondes différents, à des segments de vie si distincts qu’il ne portera aucun tort à Chouchou en essayant de convaincre Claire-Morgane de lui accorder un petit moment coquin.

Webcamer, est-ce tromper ?

Certes, dans une webcam chaude, l’autre n’est pas grand chose de plus qu’un objet sur lequel un jeu sexuel est projeté. Un peu comme un film X, mais en plus interactif. Rien à voir avec la jeune femme pour qui il a des sentiments.

Il n’empêche que ce jeu-là se passe avec une partenaire qui existe en réalité, avec une "femme IRL", avec un autre être humain. Le "virtuel" n’est qu’une illusion. A la différence du fantasme, la personne "virtuelle" est de chair, de sang, et de neurorécepteurs. Que cet humain-là ait dans l’affaire le rôle d’un objet ne change pas grand chose à mes yeux : il s’agit quand même d’une femme (ou d’un homme, dans l’hypothèse inverse, évidemment). Une personne mariée qui a une aventure réelle, mais sans sentiments, avec une autre personne, est infidèle, quand bien même l’autre n’a été qu’un corps pour cette personne. Pourquoi en irait-il différemment d’une personne qui a une relation sexuelle, fût-elle virtuelle, avec une autre ?

A mes yeux, un rapport virtuel est donc une infidélité.

Avec un seul avantage : l’absence quasi-totale de risque de contagion vénérienne.

Qu’en pensez-vous ?    

« Victor, nettoyeur »

rubberballIl semble que la cavale de mon poisson rouge ait tourné court.

Je l’imaginais profitant de sa toute nouvelle liberté, où certes la pureté de l’eau laisserait un peu à désirer, mais où nul bocal n’entraverait ses mouvements et où il ferait des tas de découvertes passionnantes. Ce serait une vie libre et sauvage, telle que le Seigneur l’a souhaitée pour un petit ostéichthyen. Incidemment, je me disais que l’étendue de sa capacité de concentration limiterait l’intérêt de ces expériences, mais il semble que la "mémoire de poisson rouge" de 3 secondes ne soit qu’une légende. Bref, la belle vie.

poisson_route

Hélas, trois fois hélas. Une odeur de poisson pas frais s’est mise à s’échapper du lavabo.

Sans vouloir tirer de conclusions hâtives, je pense que c’est mauvais signe.

Cela pourrait être un début d’indice que le tuyau qui relie le trop-plein à l’évacuation d’eau principale doit en fait se rétrécir avant d’atteindre celle-ci (on ne peut pas le voir de l’extérieur). Donc que la bestiole aurait connu, à peine libre, une mort muette par asphyxie.

Paix à son âme. Et maintenant, je fais quoi pour l’odeur ?

J’ai administré à mon trop-plein un petit gobelet de liquide destiné à "éliminer les résidus et supprimer les mauvaises odeurs" des canalisations. Ca m’a paru tout indiqué. 

Le cadavre du poisson devrait donc sous peu être dissous par  l’acide qui, soit dit en passant, est "à base de produits naturels" et à "95% biodégradable" (je dis ça pour  tenter de rentrer dans les bonnes grâces de mes commentateurs brigittebardotiens,  ce qui au vu des réactions au dernier billet, n’est pas gagné).victornettoyeur

Appelez-moi : Victor, nettoyeur.

Photo dédicace

Les voleurs d’image sont partout.

Cette fois-ci, c’était dans le train. Seule du carré de quatre places assises, je rentre d’une soirée agréable en l’honneur de l’anniversaire d’une jolie lionne. Comme j’ai mon Ipod sur les oreilles, ma perception de ce qui m’entoure est un peu… assourdie, et la compréhension de ce qui m’entoure, ralentie.

C’était un groupe de cinq ou six touristes asiatiques des deux sexes. L’un d’eux, un petit monsieur, la soixantaine bien sonnée, avise la place qui est à côté de moi. Il a l’air très réjoui. J’ai l’impression étrange qu’il veut être assis à côté de moi, et pas seulement être assis. Je repousse cette impression absurde. Il s’assied.

Et là, surprise ! Une femme plus jeune du groupe pointe vers nous deux l’objectif d’un appreil photo. Un peu gênée, je m’écarte légèrement (il me vient même furtivement à l’esprit de proposer de prendre moi-même une photo d’eux sur leur appareil). Mais l’ombre du doute parano qui a commencé à m’envahir est confirmée :

" On peut prendre une photo avec vous ?" " Pourquoi faire ?!" est ma première réaction – interloquée et à chaud ! Mais trop tard. L’image est visiblement déjà dans la boîte.

J’aurais sûrement joué le jeu avec plaisir si on m’avait donné la raison de ce petit jeu ("vous ressemblez tellement à Bernadette Chirac/Paris Hilton, je veux faire une surprise à ma femme" ?), mais là, me mettre devant le fait accompli d’une photo où je devais figurer sans savoir pourquoi, c’était incompréhensible et donc embarrassant.

Et très incorrect aussi, non ?

Du coup, je devais avoir une tête de dix pieds de long sur la photo. Tant pis, ce n’est pas encore aujourd’hui que je deviendrai une star en Asie.

Jouer la fille de… l’eau

Et si je vous disais que mon poisson rouge s’est échappé ?

Plus exactement, le plus petit des poissons rouges de mes enfants.

Il a tout simplement profité du moment où je m’apprétais à nettoyer le bocal, maintenant mes deux protégés dans un lavabo plein d’eau fraîche. Très plein d’eau fraîche. Au point d’atteindre le trop-plein. J’ai vu le petit poisson se courber, et hop ! il a disparu, accompagnant le petit filet d’eau qui se déversait vers l’inconnu.

Stupéfaite, j’étais.

Il ne m’a fallu qu’un instant pour décider de démonter le siphon, au cas où le poisson aurait été coincé dedans (comment supporter cette idée?). Dégager fébrilement le placard. Préparer une cuvette. Dévisser. Une vie était en jeu, parbleu!…. mais peine perdue, point de poisson.

Donc, jusqu’à preuve du contraire, il mène, à l’heure qu’il est, une vie de liberté dans les égoûts de ma ville.

Vous croyez qu’il va survivre ?

(Nota : penser à racheter un identique avant le retour de vacances des enfants).

Quand ça veut pas…

– Bon, je t’invite… – ça mouline… – Tu me vois, là ? – Non ! – Mais pourquoi t’as refusé mon invitation ? – Je n’ai pas refusé, c’est Emèsène qui plante ! Bon, je t’invite. – Je te réinvite. – Saperlotte, du coup ça plante, on ne peut pas lancer plusieurs invits en même temps. – Ah, ça y est, je te vois. Tu me vois ? – Non.

Plus tard :

– Ah, je comprends, c’est parce que j’ai un M**, ce n’est pas compatible avec Emèsène sur P*. .. euh… tu n’aurais pas Yaouh par hasard ? Ca devrait marcher avec Yaouh. – Euh… je vais voir, il me semble que j’avais une adresse ?!…

Beaucoup plus tard :

– Mon mot de passe ! Saperlipopette, j’ai oublié mon mot de passe Yaouh… Damnède.

Encore plus tard :

– Bon, ça y est, j’ai récupéré mon mot de passe, je t’ai ajouté… mais je ne te vois pas connecté, c’est normal ? – Attends, j’arrive. – Ah, ça y est, je te vois connecté. Je fais comment, là ? – Bon, j’affiche ma webcam. – Ah, voilà, j’ai vu une fenêtre s’ouvrir ? C’est toi là ? Je te vois. Et pour moi, ça se passe où ?

Pus tard :

-Aaahhh oui, c’est ça, il suffisait d’aller chercher l’option d’affichage de webcam dans la fenêtre de dialogue. Il fallait y penser. Je clique. Cristi, où est passée la tienne ?… Ah, ça y est, je me vois aussi. – Tu m’entends ? – Le son est très haché, je t’entends d’assez loin. Pas grave, il reste les fenêtres de chat. Argh ! Les fenêtres ont encore disparu. Je les restaure… voilààà… Mais ça grouille de fenêtres sur cet écran, c’est pas pratique du tout ! Dès que je clique ailleurs, tout disparaît et il faut que je ramène chaque fenêtre une à une pour continuer à discuter ! Sapristi !"

(quelques drag and drop plus tard)

– J’abandonne ! On ne pourrait pas passer au téléphone ?

Plus tard :

(numéro composé) ….. (mip, mip !): pas de réseau.

Un éteignage-rallumage du portable plus tard :

(numéro composé) ….. (mip, mip !) : refus catégorique du téléphone d’aller plus loin. (in petto : Promis juré, demain j’achète un autre téléphone et je ****** cette daube de ***** à la benne).

Au bout de dix ou vingt "mip,mip!" :

drrriiiing ! driiiiinnng ! (alleluia!)

– Allô ? Allô, tu m’entends?……. Tu ne m’entends pas ?… Bon, je raccroche et je rappelle.

Beaucoup plus tard :

Driiiing ! Driiiing ! -Allô ?…………… (mip, mip !) (grrrrrrrrrrr!)

Encore plus tard :

– Allô ? Ah, tu m’entends ? Ca marche !! Super !!! ça marche !!! Bon, alors, comment ça va ?… Allô ?…..  (mip, mip!)

Quelques instants plus tard :

clic, clic clic… (mip, mip!)

Un peu plus tard :

– Allô ? Ca marche ? Oui ? Comment ça, tu tombais sur mon répondeur à chaque fois que tu appelais ?… Bon, en tout cas, là, ça a l’air de fonctionner. (blablablablabla…)

5 minutes plus tard (par SMS) :

"Bon, on se rappellera à un moment où on est sûrs que ça marche, sinon c’est juste frustrant". " Mais je ne vois pas ce que tu veux dire ! On est restés quasiment 2 minutes 30 en communication, on a explosé notre record!" "Yesssssssssssss !"

Silicone bébé

Avertissement : le contenu de ce billet est susceptible de troubler la sensibilité de certains.

Pardon d’avance donc aux nullipares (que, à moins d’avoir des projets familiaux imminents, seront aussi intéressés par ce billet qu’un cul-de jatte par le passionnant débat "randonnée : faut-il marcher avec un bâton, deux, ou pas du tout ?") et aux conseillers de tous poil ayant une dent contre l’allaitement long, puisqu’il faut l’appeler par son nom. Je risque de vous ennuyer mortellement, revenez donc pour le prochain billet.

Je reviendrai peut-être un jour sur le pourquoi (pour moi) et le comment (le côté pratique) de l’alllaitement au long cours. Toujours est-il qu’après avoir allaité, co-allaité, et même fait des dons de lait à un lactarium, je reste sur mon projet d’allaiter Laura jusqu’à ses deux ans (mais non… pas exclusivement… elle mange des tas d’autres choses, comme tout le monde!).

Ce projet là risque d’être fâcheusement compromis par le fait que je viens d’être séparée de Laura pour les vacances, sans savoir si je vais la revoir avant la rentrée. Car en un mot, le seul impératif pour poursuivre la lactation, c’est… de poursuivre les tétées. Oui, mais me direz-vous, comment poursuivre les tétées s’il n’y a pas de bébé ?

Mais est-il acceptable qu’un détail aussi accessoire que l’absence de bébé, vienne contrecarrer mes projets ?  (Oui, je sais, je peux être assez têtue parfois).

J’ai donc ressorti mon vieil ami le tire-lait. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une petite pompe qui permet d’imiter plus ou moins fidèlement la succion du bébé afin de simuler une tétée. Seulement, voilà, ce n’est pas si simple… car ça a beau ressembler, ça n’a pas la même efficacité que l’original.

La première fois, il m’a fallu une bonne vingtaine de minutes pour amorcer le processus. Pomper, sans que rien ne vienne, encore et encore, le temps que le corps reconnaisse le bébé silicone et réagisse en conséquence. Dix ou quinze minutes plus tard, j’avais "prélevé" 60 mL. Si je compare avec les premiers mois, avec son bon 180 mL, plusieurs fois par jour, c’est peu. (Hé oui.. un des avantages -si on veut- de ce bidule, c’est qu’on peut mesurer, compter, statistiquer, voire psychoter, pour peu qu’on soit une maman débutante pas sûre d’elle).

Ca ne fait rien. Je tente le pari. Une fois par jour. Trois semaines.

On verra bien si ça marche.