Allaitement au long cours, le pourquoi (niveau 1 : les raisons altruistes)

Je récidive…. pardon à vous les nullipares, on va encore être très loin de vos préoccupations.

On va commencer par le plus facile, le plus évident, le plus couramment admis. Les portes ouvertes qu’on va enfoncer, les arguments qu’on lit partout.

Pour un tout petit bébé, les avantages du lait maternel sont très nombreux. Certes, aucun enfant ne souffrira d’être nourri au lait industriel, mais le lait maternel est par bien des aspects adapté à notre espèce et au début du développement du petit enfant. Par exemple (dites moi si je me trompe) :

  • Le lait maternel est particulièrement digeste, bien plus que le lait industriel : il se digère très vite, et ne risque pas de rendre l’enfant obèse. C’est au contraire un facteur de non-obésité de l’enfant.
  • Pas, ou très peu, d’aérophagie quand un enfant tète. Evidemment, ça veut dire qu’il n’y a pas le rituel du "petit rototo" après une tétée. Il va falloir s’y habituer.
  • Le lait est stérile (sauf dans certains cas très rares), sain, à la bonne température, et en général en quantité qui s’adapte directement aux besoins de l’enfant (sinon, on peut aussi intervenir, mais c’est une autre histoire).
  • son pH fait en sorte de zigouiller la plupart des méchantes bactéries qui veulent du mal aux intestins de l’enfant, et d’encourager le développement de celles qui sont désireuses de protéger le même petit intestin. Résultat : moins de gastros.
  • Pour peu que vous et votre bébé attrapiez la même crève, de petits anticorps, ainsi que des cellules stimulant l’immunité, vont se glisser dans votre lait pour éviter à votre bébé d’en souffrir trop gravement. Testé, approuvé et vérifié.
  • Les protéines de lait de femme, contrairement aux protéines de lait de vache, ne représentent pas de risque d’allergie pour un bébé. Au contraire, le lait maternel a des propriétés antiallergiques,
  • la composition du lait varie au fur et à mesure de la tétée : il devient plus nourrissant et plus gras en fin de tétée. Ainsi, un enfant qui a juste soif est désaltéré en début de tétée, alors que celui qui a faim tétera un peu plus longtemps pour être rassasié.
  • Plusieurs effets du lait maternel sont supposés, mais pas toujours prouvés : amélioration de l’acuité visuelle, meilleur développement cérébral, action antitumorale, meilleur développemetn psychomoteur…
  • j’en oublie sûrement plein. Plein.Et d’autres que moi en parlent très bien.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis pas une fanatique non plus. Je sais bien qu’un enfant ne se portera pas mal d’avoir été nourri au lait industriel, et je suis persuadée qu’une femme dont ce n’est pas "le truc" a tout intérêt à suivre son instinct si elle préfère donner des bib’s. 

Simplement, il y a des raisons objectives, pratiques, pour le faire, des "pour" objectifs à mettre en avant si on hésite sur la décision à prendre pour un nouveau-né.

C’est moins vrai pour la suite et c’est là que ça se complique….

(à suivre!)

La clé d’un lapsus

Lundi, début d’après-midi. J’ai un peu de mal à émerger du week-end. J’attrape dans mon sac la clé magnétique qui me sert à circuler entre les étages, afin de descendre au standard. J’arrive à l’étage voulu, passe la clé devant le voyant qui doit me le faire ouvrir. Rien ne se passe. Est-ce que je l’aurais mal passée ? Nouvel essai. Rien. C’est alors que je regarde la clé de plus près. Enfin. C’est la clé magnétique de chez moi. Elle n’est même pas de la bonne couleur.

Il y a des fois, mon inconscient n’est pas très subtil quand il veut me faire comprendre qu’il aimerait mieux être à la maison.

P.S : Merci à ma chère collègue qui a eu le bon goût d’arriver juste derrière moi pour m’ouvrir la porte.

La tierce

Par où commencer ? Comment te dire les choses en te parlant vrai, mais sans te heurter ? Tu es si jeune encore. Et pourtant, c’est important de trouver les mots justes, de t’expliquer les choses.

Viens par là mon petit, il va falloir qu’on ait une petite discussion tous les deux. Enfin, c’est surtout moi qui vais parler en fait. Toi, t’as pas intérêt à l’ouvrir parce que tu commences à me les briser sévère.

Voilà.

Je sais bien que ton papa et toi avez une relation particulière, privilégiée. Tous ces jeux que vous partagez, toutes ces photos prises ensemble, ces souvenirs que tu gardes si précieusement, ces constructions et projets de toutes sortes. Je sais que tu l’aides même parfois pour son travail malgré ton jeune âge, ne le nie pas. Que tu sers souvent de messager quand ses amis ont quelque chose à lui dire. C’est bien simple : tu as appris tout jeune à le suivre partout, tu es de presque toutes ses sorties.

Je crois qu’il est fier de toi. D’ailleurs, moi aussi je me suis habituée à toi et j’ai appris à t’apprécier.

Encore une fois, tous ces moments de bonheur, ces contacts privilégiés, je ne veux pas les remettre en cause, même si tu me perçois peut-être comme une intruse qui débarque dans ton existence et qui essaye de te piquer ta place de préféré.

Et ben voilà, en fait c’est un peu vrai : il va falloir apprendre à me laisser un peu de place. Ton papa, je ne le vois pas souvent, alors que toi, c’est presque tous les jours. Alors il faudrait que tu comprennes que parfois, il faut que tu te tiennes à l’écart pour nous laisser un peu d’intimité tous les deux, un peu d’espace. Il y a un temps pour tout. Il est bon pour l’un et pour l’autre que nous passions du temps ensemble, sans toi. Bref, il va falloir que tu nous lâches un peu la grappe.

Que tu nous accompagnes pendant les repas, passe encore : tu te tiens bien, tu es très sage. Mais je pense que tu es assez grand pour dormir tout seul, et pas au pied de notre lit.

Mince, quoi, tu ne peux pas apprendre à t’occuper un peu tout seul, avec tout ce qu’il t’a appris ? Non ?…. Non mais c’est inouï cette dépendance continuelle à un plus grand ! Pauvre tache !!  Incapable de s’occuper de soi ! A te voir, à ta tête de petit bonhomme lisse et irréprochable, on te donnerait le bon Dieu sans confession, on te prendrait pour un petit génie, mais en fait tu es un pauvre minable incapable de se distraire tout seul ! Trois baffes, oui ! …

Et bien c’est pas grave, figure-toi, si tu veux tout savoir, ça m’est complètement indifférent ce que tu en penses. On te laissera tout seul dans un coin, et tu attendras qu’on revienne te détacher du mur. Un point c’est tout. Chtalalak, bien fait.

C’est quand même pas un ordinateur portable qui va faire la loi, non ?

 

(Oui, je sais, il y a une toute petite dose de mauvaise foi dans cette note. On pourrait même dire que c’est l’hôpital qui se fiche de la charité. Et après ?…)

Polichinelle

Il y a des parents de personnes majeures, vaccinées, adultes, quoi, qui sont un peu intrusifs dans la vie de leurs enfants. Et que fais-tu par ci, et comment vont les amours par là, et tu devrais faire quelque chose pour ta culotte de cheval (pauvre Cordélia), et il serait temps de faire des enfants à ton âge, tu ne crois pas, et qu’est-ce que c’est que cette orientation professionnelle, ce n’est pas sérieux, tu ferais mieux de faire ci ou ça ? Etc. etc.

Pas les miens.

Parfois ils devinent, et je sais qu’ils devinent. Ils posent peu de questions, parfois me tendent des perches que je n’attrape pas.

Moi : "Dis Maman, Pourrais-tu garder Raphaël mercredi ? Lex prend les enfants le soir et je vais me prendre une journée. Elle : Ah, tu vas aller au sport le matin, c’est ça ? Moi : Non."

Et elle n’insiste pas.

Plus tard, j’ai déposé Raphaël chez eux depuis peu :

Moi : "Allô Papa, merci de ton message ! [blablabla] Lui (curieux) : ... Mais, j’entends du bruit, là, tu es dans un train ? Moi : Oui. (mon train habituel, mais là n’est pas la question). Lui : Ah ? Et tu vas loin ? Moi (brève hésitation. C’est quoi, loin ?) : Non".

Et il n’insiste pas.

Le soir :

Elle (après m’avoir donné des nouvelles des enfants, peut-être étourdiment) : "Tu as passé une bonne journée ? Moi : Oui. Elle : Et tu es rentrée chez toi, là ? Moi (gaiement) : Non, pas encore. Demain. Elle : … Euh bon, je t’appelle donc sur ton portable s’il y a quelque chose"

Il y a quelqu’un dans ma vie, c’est un secret de polichinelle. Et eux font presque semblant de ne pas le voir. Admirables.

Vous êtes beaucoup à avoir les mêmes ?

Rognures de temps

Mais qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi j’escarpine, pourquoi mes talons cliquètent sur le bitume, pourquoi je m’oblige à guetter mon équilibre à chaque pas, pourquoi mes oreilles guettent le grondement imminent du train ? Pourquoi le type qui promène son chien me regarde comme une bête curieuse ? Pourquoi je crains vaguement pour les petits bouts de caoutchouc qui protègent mes bouts de talons (vais-je encore enrichir mon cordonnier? Les filles qui me lisent, vous savez de quoi je parle !). Pourquoi cela arrive si souvent?

Parce que les puéricultrices de la crèche ont trois minutes de retard pour ouvrir boutique, et qu’elles ne répondent pas tout de suite à l’interphone. Feignasses ! Parce que je rate d’un poil un feu vert, et que le feu rouge qui suit est le plus long de mon trajet. Parce que j’atterris derrière un camion poubelle. Ou un type qui cherche à se garer et qui roule donc au ralenti. Détour autour du pâté de maisons. Etc.

Parce que tous ces choses et ces gens, tout normaux qu’ils sont, ont grignoté, petit à petit, le peu de marge que j’ai pour rejoindre mon train… et que je n’aime pas être en retard. Oui, ma raison le sait, ce ne sera pas la fin du monde si c’est le cas mais ça ne fait rien.

Deux pâtés de maison et demi, presque trois.

Logiquement, je vais le rater. Peut-être d’un poil, et ce sera d’autant plus frustrant. Je pourrais lâcher prise, l’enjeu est si minime. Alors pourquoi je cours ?

Parce que ça ne coûte rien d’essayer quand même, tout simplement.

Et aussi, parce que rien ne vaut ce train qui, finalement, arrive juste en même temps que moi sur le quai, et que je prends malgré tout. Fière comme tout.

Colère d’ange

Ma chérie, ça ne va pas aller du tout. On n’y croit pas une seconde. Je vois bien que tu fais des efforts, mais tu n’es tout simplement pas faite pour le rôle. Désolée, il va falloir trouver autre chose pour te faire entendre. Cette méthode là, ça n’ira jamais.

Il faudrait que la lippe boudeuse que tu sors ressemble un peu moins à une petite cerise rouge. Que tes yeux soient moins grands quand tu fronces les sourcils. Que ta main qui frappe la table rageusement, soit un peu plus qu’une minuscule menotte croquignolette qu’on sent à peine. Que tu tempêtes au lieu de babiller.

On dirait un bisounours qui se fâche. Ou alors un petit chaton, mignon comme sur les images où on les voit jouer avec une pelote de laine ou  en compagnie d’un chiot tout aussi craquant, vous voyez ? Et bien imaginez ce chaton là en train d’essayer de sortir un rugissement à faire trembler la savane. Ca ne colle pas, c’est tout. La colère ne sied pas aux poupées.

Oui, ma puce, j’aurais dû te gronder d’être en train de faire un caprice, mais je ne suis pas arrivée à retenir un rire attendri. Oh, je l’ai vu, ton regard un peu inquiet de ne pas m’impressionner. Tu cherchais quoi inventer pour faire comprendre que tu étais folle de rage, quoi faire pour que je te prenne au sérieux.

Je pense que la première règle à adopter serait de te concentrer un peu plus. De ne pas te laisser distraire lorsque ta mère t’invite à un jeu tellement régressif que c’en est pitoyable, de ne pas partir d’un rire émerveillé alors qu’il y a quinze secondes, tu étais encore furieuse. De la détermination, voire un soupçon de mépris, tu serais sur le bon chemin.

L’adolescence est encore loin, Dieu merci.

Téléphone rose

Avec l’avènement des webcams chaudes et des blogs consacrés au sexe, le téléphone rose doit être devenu complètement obsolète. Tous, sauf le mien.

Certains déboires téléphoniques m’avaient laissé entrevoir qu’il était peut-être temps de changer de téléphone.

J’ai une utilisation assez basique de mes téléphones portables. Un téléphone, ça sert à téléphoner. Quant aux divers accessoires greffables sur un portable, ils me font souvent l’effet de joujoux pour adulte dont la fonction est moins utilitaire que dans la tentative d’épatage de galerie intempestif. Donc, je m’en passe en général très bien. telephonerose

Evidemment, ils me gagnent petit à petit. Je crois qu’il a fallu qu’on me colle deux mois de SMS gratuits avec mon abonnement pour que j’y prenne goût. Pareillement, j’ai fini par me rendre compte que ça serait bien pratique d’avoir un appareil photo sur le portable, puisque je ne compte plus les fois où j’ai eu envie de prendre une photo alors que l’occasion ne se prêtait pas, a priori, à emmener un appareil dans mes affaires le matin. Et là, j’ai souscrit à un abonnement d’essai à des MMS gratuits pendant deux mois, moi qui n’en ai jamais envoyé un de ma vie. Cela me rappelle quelque chose. Vais-je finir par souscrire, vous croyez ?

En tout cas, s’il y a un avantage à ne pas changer de téléphone trop souvent, c’est que lorsque vous vous y mettez, tout a changé. Vous vous rendez compte que non, les amis qui vous ont montré leurs téléphones ne s’étaient pas ruinés en achetant les modèles les plus snobs. C’est simplement que maintenant, les modèles de base sont comme ça aussi, et un appareil qui va sur internet, prend des vidéos en 3D, vous rappelle vos rendez-vous tout en préparant le café et en vous proposant vos chansons préférées, est désormais à portée de votre bourse. En extrapolant un peu, j’imagine que les appareils les plus sophistiqués font aussi aspirateur, valise d’appoint et ont une fonction "appel par télépathie". Non ?

C’est un peu comme retourner au cinéma après cinquante ans d’absence, et découvrir d’un coup que maintenant, les films ont non seulement du son mais aussi de la couleur et des animations sophistiquées. On n’en demandait pas tant. Bref, on est bluffée.

Il y a de mauvaises surprises aussi. Vlatipa que Nokia ne fait plus les mêmes chargeurs qu’avant. Tant pis pour eux, moi qui leur étais restée fidèle les dernières fois à cause de cela. J’ai cédé aux sirènes d’un joli Samsung couleur "coral pink" avec lequel, si je le voulais, je pourrais regarder la télé sur Internet, écouter de la musique, etc etc.

J’ai trouvé en revanche que le magasin était tout à fait insuffisamment équipé pour la visite de jeunes enfants. Certes, on y trouvait une table garnie d’un tas de jouets (enfin, de téléphones factices quoi), mais les sièges qui l’entouraient étaient des sortes de tabourets de bar à un seul pied, beaucoup trop hauts pour qu’ils puissent y accéder seuls. Par bonheur, la table n’étant pas fixe mais tournant sur elle-même, mes demi-clones ont très vite eu l’idée de la faire tourner assez rapidement, ce qui a provoqué une éjection sauvage des téléphones. Limite, limite, niveau sécurité, donc, ces boutiques.

C’est sans doute pour se faire pardonner que la vendeuse, lorsque j’ai eu tout signé, tout payé, et que mon nouveau jouet fut enfin en ma possession, ma carte SIM calée dans ses entrailles, est allée chercher dans sa réserve deux téléphones de démonstration pour les offrir à mes demi-clones.

Ils ont passé plein d’appels avec depuis (la plupart à leur papa). De futurs clients, certainement?

 

Volatil

"Et bien moi, quand je serai mort, j’aimerais bien être une mouette" a dit Raphaël.

mouette

Mais où est-il donc allé pêcher que ce serait possible ? Il a parfois des raisonnements secrets que j’ignore ; mais d’où a bien pu partir celui-ci ?

Impair en nombre impair

Ca s’est joué à une minute près.

J’avais déjà mis un peu d’ordre sur mon bureau et éteint ma machine. Debout, sac à l’épaule, j’étais en train de souhaiter une bonne soirée à mes collègues, lorsque le téléphone a sonné.

Un coup d’oeil à mon cadran : Cela ne ressemble pas aux numéros des quelques clients qui connaissent ma ligne directe. Cela ressemble un peu au numéro professionnel de Lex, à qui j’ai pourtant demandé d’utiliser plutôt mon portable. Dans le doute, je décroche.

"Vous êtes Madame Tsouinn ?

Quand la première chose qu’on vous sort au téléphone, c’est votre nom tout écorché, en général c’est mauvais signe. Cela sent la liste téléphonique revendue à la sauvette, le spam téléphonique, et cela m’irrite. Mais là, je ne suis pas chez moi…. quel client est donc en possession d’une version fantaisiste de mon nom ?

Heu, oui, enfin, Cinn – Ah oui, le nom était mal écrit sur le papier… C’est le fleuriste Machin, nous avons des fleurs à vous livrer, pouvons-nous venir maintenant ? – … Mais je ne suis pas chez moi… – Mais vous êtes bien rue XXX ? – Heuu, oui, mais je suis sur le départ… – Je suis juste à côté, c’est de la part de Monsieur Yex ?"…

Des fleurs, là, maintenant, tout de suite ? Et de la part de Lex ?! Il me fait livrer un bouquet, là, juste quand je suis sur le départ ? C’est quoi ces manipulations foireuses ? Non mais il exagère ! Je vais en faire quoi, maintenant, de ce gros truc, dans les transports ?… (quoi, quoi, comment ça je ne suis jamais contente?).

La fleuriste insiste, plaide, supplie presque. Elle peut être là dans un quart d’heure. Cinq minutes. Deux minutes, le temps de l’emballer. Bien sûr, pour elle, c’est aussi un travail à terminer. J’accepte de l’attendre en bas de l’immeuble à ma sortie (imminente).

Un quart d’heure plus tard, je suis dans mon train, tenant contre moi un joli bouquet rond, et odorant aussi, car il est décoré de feuilles de cassis. Rouge sombre et vert menthe, enveloppé de papier vert pâle, noué par une cordelette. Du cassis. Sniffe, sniffe. Cette senteur. Ils ont bien fait les choses. Comment ont-ils fait pour savoir que l’odeur me rappellerait le jardin de la maison où j’ai grandi ?IMGP1941bis

Je suis touchée, évidemment. Lex m’a offert une seule fois des roses…  mais des roses virtuelles, alors que nous n’étions qu’amis. En termes plus terre-à-terre, une simple image. Au premier plan, des roses blanches. Juste derrière, des rouges.

Cette fois-ci, une enveloppe épinglée au bouquet contient une carte toute simple  : "Merci".

Chatotaf

"Quand on commence à chatter au travail… c’est fini!" m’avait prévenu un ami perdu de vue depuis. Lui, non seulement il surfait et chattait à tout va depuis son travail (ce qui à l’époque, il n’y a pas si longtemps, me paraissait impensable), mais il avait convaincu ses supérieurs de réorganiser l’aménagement du bureau d’une manière bien plus ergonomique… mais qui avait surtout pour résultat, comme par hasard, que les écrans d’ordinateurs de la pièce ne faisaient plus face à la porte d’entrée. Allez savoir pourquoi.

Pour moi, les choses ont bien changé. Je ne suis pas dépendante du chat, mais vivre une journée de travail sans des "récréations" Internet m’est difficile. Je suis en partie dépendante du net (en partie seulement, car m’en passer pendant les vacances ne me gêne finalement pas tant que ça), y compris pendant mes heures de travail. Et cela, ce n’est sain pour personne, ni loyal.

Pendant très longtemps, cela n’a posé aucun problème. J’avais souvent l’impression de lambiner, de perdre un temps incroyable. Je rendais mon travail un peu penaude… pour me voir féliciter de ma rapidité ! Mais je crois que ces derniers temps, j’ai perdu trop de temps dans ces "pauses". A améliorer.

Le hic, c’est que je me rends compte que la dépendance n’est pas la seule cause de mon envie de faire autre chose que travailler. Je me retrouve comme pendant l’essentiel de ma scolarité, lorsque je passais mon temps à gribouiller de petits dessins en écoutant d’une oreille l’école/les cours : mon travail m’ennuie.

Bien sûr, il y a mes collègues (tous sympas), un supérieur direct sans lequel je pense que je ne serais pas restée tant c’est une crème, mes voisines de bureau (les plus géniales du monde), les locaux (magnifiques), le matériel (toujours récent), et même les horaires (réguliers, donc faciles à gérer pour une mère de famille)….. Oui, mais mon travail en lui-même s’est mis à m’ennuyer prodigieusement, parfois au point de me mener au bord de la répulsion. Je n’ai la plupart du temps pas besoin de me concentrer sur mon travail pour le faire correctement. Certes, parfois c’est plus intéressant : il y a des recherches à faire, des trucs à bidouiller, à expliquer, à résoudre. Un petit compte-rendu à faire. Quasiment toutes des choses qui ne font même pas à proprement parler partie de l’objet de mon contrat de travail. Mais l’essentiel de mes tâches m’endort intellectuellement.

Est-ce pour cela que je supporte de moins en moins mes autres conditions de travail ? Je suis dans l’impossibilité matérielle d’organiser mon travail, je peux avoir à jongler entre plusieurs tâches sur un coup de sifflet en fonction des urgences (mais ce n’est pas moi qui en décide), quitter un travail sur un appel pour préparer un café ou régler un point de bureautique. Les formations ou évolutions qui miroitent, mais qui n’aboutissent jamais sur rien. Le travail donné comme à une machine, sans l’arrière-plan qui me permettrait de le comprendre.  Etre flexible est une chose, être un jouet, une autre.

Reste à savoir comment m’extraire de là.