Les frontières du célibat

Un jour, on est célibataire et on n’arrive pas à trouver un seul homme qui convienne, même sur Parship ; et du jour au lendemain, on en a rencontré deux.

Et c’est là que ça se complique. Comment choisir avec qui tenter quelque chose ?

Et surtout, à partir de quel stade doit-on arrêter de sortir avec d’autres personnes ?

Impossible de savoir à l’avance avec qui ça se passerait le mieux, ou le moins mal. Je les connais encore trop mal. Un premier rendez-vous, c’est très peu et ça ne veut pas dire grand-chose. En même temps, c’est déjà quelque chose, surtout si l’autre est d’accord pour se revoir. Disons le tout net : la tentative de bisou vous pend au nez dès le deuxième rencard, et à mes yeux, ça, ça a une signification.

Je sais que tout cela dépend des gens. Pour Crystale, par exemple, on peut très bien sortir et  coucher à droite et à gauche comme bon nous semble, tout est permis tant que l’on ne s’est pas expressément dit que jusqu’à nouvel ordre, on s’appartient l’un à l’autre. Pas question par exemple de se gâcher la vie pour un pauvre type qui ne se donne pas assez de mal pour vous voir assez souvent. On les laisse se battre, et le plus acharné a gagné le droit de vous voir (et plus si affinités) pour ce soir.

Au fond, il n’y aurait rien de vraiment mal à aller plus loin avec les deux, d’ailleurs je pense que beaucoup d’hommes dans le même cas ne s’en priveraient pas. C’est même un homme, K,  qui me le suggère. Mais si je veux être cohérente, cela suppose tout de même de fixer à l’avance les règles du jeu, de les tenir au courant qu’on a ce mode de vie là et qu’on assume. Rien n’indique qu’ils seraient tous les deux partants, et à mon avis ce ne serait pas le cas. Et puis ne nous voilons pas la face : j’ai déjà eu du mal par le passé à trouver des petits créneaux dans mon emploi du temps pour un amoureux, alors arriverais-je bien à suivre en en ayant deux ? Et mon petit coeur tiendrait-il le coup, à se partager entre deux débuts d’histoire ? Je ne crois pas.

Donc il fallait faire un choix, éliminer a priori une relation potentielle, sans la connaître, pour en explorer une qui n’a pas forcément plus de chances d’aller plus loin.

Et vous, à partir de quel stade d’un début de relation estimez-vous qu’on doit arrêter de voir d’autres personnes ?

8 commentaires

  1. Natacha dit :

    Comme on disait pas loin de chez moi : Wer die Wahl hat, hat die Qual.

    Et j’avoue que ça me manque des règles du jeu explicites. Un exemple extrême, mais qui a été le début de cette réflexion chez moi, est que je me suis rendue compte que je n’aurais pas de problème vis-à-vis de ma conscience à faire des choses extrêment osées entre filles, je le ressentirais comme aussi anodin vis-à-vis d’un partenaire amoureux qu’une partie de tarot ; mais la crainte qu’il ne le perçoive pas du tout comme ça suffirait à m’arrêter.

    Je ne sais pas dans quelle mesure le dernier paragraphe du billet est une vraie question, mais je vais quand même y répondre. En ce qui me concerne, je serais très « pro-life » envers les relations amoureuses : je refuserais de prendre le moindre risque d’en tuer une, même si elle est encore microscopique et n’existe que depuis 5 minutes. Mais c’est peut-être juste parce que j’en ai été trop longtemps affammée et que je n’ai encore jamais eu à faire ce choix.

    Par contre ce conservatisme en relation amoureuses est compensé par une sévère sélectivité avant la « conception » : il me faudrait bien plus qu’une rencontre ou que quelques échanges textuels pour la laisser exister. Ainsi je ne m’imagine pas utiliser un site de rencontre sans commencer par y tisser des relations humaines « de base », qui seraient le cas échéant promues en relations amoureuses.

    Donc dans ta situation, j’irai « courir après » les deux candidats, leur faire comprendre qu’il n’est pas encore question de relation amoureuse (mais je ne sais pas à quel point c’est paradoxal pour une relation issue de site de rencontre). Optionnellement, suivant l’humeur, le caractère, les circonstances ou quoi que ce soit d’autres, j’indiquerais ou non qu’il y a un autre candidat avec qui je tisse une relation non-exclusive et non-amoureuse. Ensuite advienne que pourra. Ça fait peut-être un peu renard au raisin, mais j’ai tendance à penser que quelqu’un qui n’est pas capable d’entrer doucement dans une relation amoureuse ne m’apportera pas ce que j’attends d’une telle relation.

    Cela dit, je décris ça de façon très posée, et je ne suis pas sûre du tout que je gèrerais vraiment ça comme ça si j’étais à six mois de torrents de larmes post-rupture (comme l’année dernière).

  2. K dit :

    Je ne vais pas parler de moi, je suis étrange.
    Mais j’ai l’impression que mes congénères estiment que le début d’une relation passe par un rapprochement physique, parfois un baiser suffit, parfois il faut un peu plus. Ce n’est qu’à partir de ce moment là, que la relation débute et qu’il est jugé opportun d’arrêter de voir d’autres personnes.
    Mais pourquoi ne pas les voir un peu plus avant de faire ton choix ? Le second rendez vous est-il forcément lié au baiser ? Si vous ne vous embrassez pas au second rendez vous, cela signifie t-il quelquechose pour la suite de la relation ?

  3. Cinn dit :

    En réalité, je ne pense pas qu’il y ait de règles du jeu universelles, hormis peut-être celle d’essayer ne pas induire l’autre en erreur, ni dans un sens ni dans l’autre : d’être à peu près clair sur ce qu’on fait soi-même.

    Est-ce que j’ai tort de penser que beaucoup d’hommes peuvent voir un baiser (ou même une nuit) comme « aussi anodin qu’une partie de tarot »? Je n’en sais rien. Je me suis plutôt fiée à la manière dont moi, je ressentais les choses (embrasser, c’est tromper!)

    Non, le second rendez-vous n’est pas forcément lié au baiser, cela ne présage pas non plus de la suite de la relation (heureusement!). J’ai juste l’impression que c’est souvent le moment où l’homme tente quelque chose dans ce contexte là (très différent de celui où on se connaît déjà avant, où on a lié une vraie « relation humaine » avant). C’était donc le moment où je risquais d’être « au pied du mur » (….à mes yeux du moins).

    K, j’aimerais bien avoir aussi ta propre version des choses, même si elle est « étrange ».

  4. Natacha dit :

    Tiens on dirait que ma pensée a été plus vite que mes doigts et qu’il manque des morceaux dans ce que j’ai écrit dans le commentaire précédent, donc je préciser quelques petits points :

    Concernant les règles du jeu explicites, je me doute bien que ce n’est pas les mêmes pour tout le monde, ce que je voulais dire c’est qu’elles me manque dans mon jeu à moi. Mon copain et moi avons tous les deux beaucoup de mal à communiquer, et beaucoup de choses, dont la question de ces règles du jeu, sont encore dans le non-dit. J’aimerais tellement être de lancer et d’entretenir une conversation sur ce sujet (et quelques autres)…

    Quant à ce qui est « aussi anodin qu’une partie de tarot », c’est justement ce qui me semble devoir être défini dans le cadre de ces règles du jeu sur lesquelles on se met d’accord. L’exemple que j’ai présenté avait pour but de mettre en avant la différence de traitement suivant le sexe d’un hypothétique partenaire hors-couple. Pour moi aussi, embrasser c’est tromper : si j’embrassais un autre homme, ou si je le voyais embrasser une autre fille, je le prendrais de la même façon qu’un adultère objectif en bonne et dûe forme. Et même certains regards seraient pour moi tromper, même si ça ne marche qu’avec les regards que j’envois moi-même et dont je connais exactement la teneur.

    Mais ma version de la tromperie (ou plutôt, des actions que je pourrais commettre et qui, indépendemment de l’avis de mon partenaire sur la question, suffiraient à me donner l’impression de l’avoir trompé), c’est uniquement lorsque des sentiments sont impliqués, et c’est là que le sexe du partenaire intervient : les relations sexuelles (au sens très large, donc bisous compris) que je peux imaginer avoir avec un homme sont toutes chargées sentimentalement, parce que sans ça me semble juste dégoûtant ; alors qu’avec une femme au contraire je n’arrive pas à y imaginer de charge sentimentale, ce serait juste une sorte de « masturbation multijoueurs » qui me semble compatible avec une vie de couple à côté, exactement comme la version monojoueur (qui me semble plus communément admise en couple).

    Ça rapporte combien de points « étrange » d’être comme ça ?

    Et là je me demande si avec tout ça je n’ai pas trop déballé de « moi » dans un blog censé être centré sur « toi », n’hésite pas à censurer tout ou une partie de tout ça si ça te semble inconvenant, je comprendrai tout-à-fait.

  5. Cinn dit :

    Je n’ai pas censuré ton intervention. Pourquoi les commentaires seraient-ils tous centrés sur moi, d’abord ? C’est beaucoup plus intéressant comme ça (mais tu vas en faire fantasmer quelques-uns avec ton « mode multijoueurs » :) ).

    Tiens, c’est étrange, il me semble que tromper quelqu’un avec un homme ou une femme devrait avoir quasiment la même signification, à charge affective égale. Je n’avais pas pensé à ce côté là.

    L’ennui, c’est que ces règles du jeu, on ne les a normalement pas définies au bout de si peu de temps. On les connaît pour soi, mais pas pour l’autre. Il a peut-être une vision proche, mais peut-être pas. En toute logique, ça devrait être plus facile d’en discuter une fois que la relation est établie, non?

    Parce que lancer au deuxième rendez-vous un « Dis, tu le prendrais comment, si on sortait ensemble et si j’avais envie de coucher avec une autre femme ? », ça risque de ne pas être compris du tout comme un posage de règles du jeu. ;)

  6. Roman Age dit :

    Cinn, les règles sont différentes pour chacun, et effectivement, en discuter avant le début de la relation n’est pas approprié (pourquoi? C’est comme ça). Il faut que tu appliques tes règles à toi, il se peut qu’elles soient différentes de l’autre personne, mais au moins tu respectes tes principes.
    Embrasser, est-ce tromper? Pour moi, oui, et pour beaucoup je pense que c’est le cas.
    Etant donné qu’un second rendez-vous avec l’un ou l’autre implique de fortes chances de s’embrasser, il me semblerait difficile de concilier un rendez-vous avec le second après un rendez-vous avec le premier. Sauf s’il n y a pas eu de baiser, dans ce cas tu aurais encore la possibilité de choisir, mais cette situation ne pourrait pas s’éterniser, car même sans s’être embrassés, dans une relation qui semble bien partie pour s’engager, voir quelqu’un d’autre (même sans s’embrasser) en même temps serait très mal vu. C’est je pense le cas pour la mojorité des personnes, pas pour tout le monde certe.
    Peut-être que le fait que ces rencontres se font dans le cadre d’un site de rencontres peut plus facilement autoriser deux débuts de relations en même temps, mais encore une fois sans franchir l’étape du baiser (à mon avis). Et comme le baiser arrive normalement au deuxième rendez-vous, ça laisse peu de temps.
    Bonne chance!

  7. Cinn dit :

    Entièrement d’accord….

  8. Martin dit :

    J’avoue avoir quelque peu perdu mes repères, ces temps-ci, en matière d’exclusivité. J’aurais préféré te dire qu’en principe, je considère une relation comme exclusive par défaut, mais cela ne semble pas si évident pour tous, et il est vrai qu’on peut difficilement parler d’exclusivité, ni même de « relation » après un ou deux rendez-vous à peine… quoi que ? Non, vraiment, je n’en sais rien. :-|

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