Archive for the ‘Bonheur en petite monnaie’ Category

La Vache Chanceuse

C’était, de très loin, mon fast-food préféré, et pourtant je n’y avais jamais mis les pieds. Et maintenant, il est fermé…collegeluckycow

L’auteur de ce petit bijou de comic strip anglophone, Mark Pett, a décidé de mettre fin à la série après cinq ans de parutions quotidiennes.

Il y racontait la vie quotidienne d’un magasin franchisé "Lucky Cow", avec une palette de personnages, dont le directeur du magasin, sa fille, Clare, adolescente accro aux sms et flemmarde, à qui la technologie a donné des modes de pensée étranges  et l’inoubliable Neil, un candide lycéen drogué aux bonbons.Lucky_Cow_27May2006_ascent_of_man

Y était gentiment raillé le mode de vie qui consiste, en gros, à manger des hamburgers en regardant des programmes abrutissants à la télé. Lucky Cow, pour préserver son fonds de commerce, est justement un restaurant qui promeut ce mode de vie. A qui doit-on le premier restaurant spatial ("Lucky Cow, le seul restaurant où on vous garantit que vous ne prendrez pas de poids!!"), l’invention géniale du tapis de course à moteur (c’est bien moins fatigant), et autres manifestations dmarathoncowe la philosophie de couch potato ? On y trouvait aussi quelques coups de dents, sur un ton faussement naïf, au système économique américain, par exemple à travers le sort des employés des magasins de la franchise : "Qui a dit que vous étiez un loser parce que vous aviez  quitté le lycée avant le Bac ? Rejoignez nos équipes Lucky Cow : c’est l’aventure assurée : sans assprocrastinationurance santé, c’est tous les jours le grand frisson, vous êtes sur la corde raide en permanence!". Quant aux grands pontes de la direction de l’entreprise internationale qu’est Lucky Cow, ce sont des industriels cyniques et sans scrupules, qui prennent des décisions arbitraires et vivent au-dessus des lois. On y trouve même quelques caricatures politiques et quelques bons sentiments.

Cet humour absurde mais inspiré de la vraie vie (l’auteur a travaillé un mois dans un Macdo avant de commencer la série), j’adore. Il faudrait vous en montrer plein d’autres, il faudrait vous raconter le jour où un gang de bikers philosophes (les Hegel’s Angels) ont failli se bastonner avec des bikers partisans de Descartes ("I stink, therefore I am"). Comment Clare tire enfin parti de sa manie de passer son temps à écrire des sms (en gagnant une partie de "pouces de fer" à la manière d’un bras de fer).

Seulement voilà, c’est terminé. Je m’étonnais de ne plus voir paraître de planches depuis deux jocashcowurs : un petit tour sur le site officiel de Mark Pett m’a confirmé ce que je n’osais pas imaginer. Moi, il va falloir que je me dégote les albums, je crois. Et vous, vous les connaissiez ?

P.S. : oui, je sais, il faudrait que je fasse une traduction rapide des BD que je copie ici…Qui en veut une ?

« Je suis tombé sur votre blog par hasard »

… m’écrit un visiteur.martineJeho

Chez Les Perles du Chat, cela voudrait dire que le visiteur cherchait à l’origine une photo de sa copine de lycée nue ou une adresse msn de femme, ou encore quelqu’un qui l’aide à réaliser son rêve de devenir acteur porno. (pour ceux qui se poseraient la question : je lui ai rendu visite pour la première fois via un lien d’un autre blog que je lisais régulièrement). Par la suite, évidemment, on devient totalement amnésique sur la question, et on est venu "par hasard".

Une partie de mes visiteurs recherche des informations sur l’allaitement long ou la baisse de lactation.  D’autres ont des requêtes beaucoup moins catholiques, et qui valent parfois leur pesant de cacahuètes. Bref, je n’ai pas pu résister à la tentation d’aller vérifier quel était ce "hasard".

Ce garçon n’était effectivement pas venu chez moi par hasard. Sauf que, c’est dingue, sa recherche était tout à fait avouable. Il m’expliquait dans son message être étudiant en thèse de médecine, et faire des recherches sur un problème de santé auquel j’avais fait allusion au détour d’une phrase. Incroyable mais vrai : sa recherche portait bien sur le problème en question. Qui n’avait rien de croustillant et ne fait l’objet d’aucun fantasme libidineux, à ma connaissance. ramoray1 Mais alors, pourquoi avoir parlé de "hasard" alors que c’est une recherche tout ce qu’il y a de plus honorable et respectable qui l’a amené sur mes pages ? Non seulement honorable, mais pleine de détermination puisqu’il n’était arrivé sur mon blog qu’au bout de plusieurs dizaines de pages de Google. Donc qu’il contacte des centaines de personnes dans le cadre de sa recherche. Autant annoncer la couleur dès le départ, non ?

"Je voulais dire au hasard de mes recherches" m’a t’il répondu.

A force de côtoyer des bizarreries du net, on en vient à avoir des doutes sur tout, même sur un brave étudiant en médecine…

Bureau fantôme

Les ambiances de bureau de jours de très grand creux, c’est quand même spécial.

villefant_me2On est une poignée de chanceux à être de corvée de garde. Au début, on se croirait dans un bureau fantôme. Les couloirs sont déserté lorsqu’on arrive. On commence à travailler tout seul, sans voir personne. On ne croise personne en allant chercher son petit café. C’est le silence.

Il y a du travail, oui, mais assez peu, et bien sûr tous les chefs sont partis, tout en assurant une présence virtuelle (téléphonique ou par mail) depuis leur plage de sable fin ou leur piste rouge. On peut rattraper en toute quiétude des trucs qui traînaient et qu’on n’a pas eu le temps de faire depuis des lustres.

On peut écouter de la musique (oui, d’habitude, ça passe mal). C’est un peu encore les vacances, en somme.

Petit à petit, la résistance s’organise. A force d’attendre et de faire le tour des bureaux, on trouve deux pelées et un tondu rescapés, prêts à partager leurs impressions et à parler (bien sûr) de leurs projets de réveillons ou de leurs cadeaux de Noël. Ca papote un peu, oui.

Puis il y a les traîtres, les lâcheurs, ceux qui laissent tomber ce qui reste d’équipage en cours de route et qui rentrent chez eux : "Je te souhaite un bon réveillon, moi je n’étais là ce matin que pour rattraper quelques heures".

Et vous, travaillez-vous dans une entreprise fantôme certains jours de l’année?

Charming

Le Prince Charmant est arrivé chez moi. Juste au moment où je m’y attendais le moins. Le cheveu blond et soyeux, tout en armure. Aucun doute, c’était bien lui.

En un clin d’oeil, je l’ai monté, sans même consulter la notice : il suffisait d’assembler la partie supérieure à la partie inférieure.

Prince_CharmingLas ! Mes bouts de chou s’en sont très vite emparé, l’ont resectionné en deux, et l’ont enfermé dans une bouteille d’eau minérale vide, juste pour jouer. Et il ne s’est même pas défendu. Voilà ce que c’est que de sortir d’un oeuf K*** et de mesurer quatre centimètres. Pauvre Prince Charming de Shrek.

On a les Prince Charmant qu’on peut.

L’encombrant

Des années que je le côtoyais sans pouvoir le supporter. Et maintenant, il est parti. Je m’était presque habituée à lui, mais maintenant qu’il se retrouve sur le trottoir, à attendre le camion qui va l’emporter, mon soulagement est réel et la sensation de libération, presque palpable. Je lui avais trouvé un remplaçant depuis peu, mais l’atmosphère était devenue irrespirable avec les deux qui se côtoyaient dans la même pièce.

Il a fallu tout d’abord le démembrer. Pinces et clés alènes, il m’a fallu de l’aide pour en venir à bout mais il s’est bientôt retrouvé découpé en plusieurs morceaux suffisamment peu encombrants pour pouvoir être descendu sans mal par les escaliers.

C’est surtout Lex à qui il plaisait, mais il n’a pas voulu l’emmener avec lui quand il est parti vivre ailleurs. Je me souviens de la première fois que je l’ai vu, avec sa taille ridiculement haute, sa dégaine d’un autre siècle, son habillement de cuir vert.  Je ne voulais pas de lui, c’est Lex qui a insisté pour qu’on le ramène à la maison. Au fil du temps, il est devenu plus moche encore, lorsque le chat de mon frère l’a déchiqueté à coups de griffes et que mon chat s’est mis à l’utiliser régulièrement comme litière. J’ai dû utiliser un flacon entier de Féb***e pour tenter d’enlever l’odeur des coussins et je lavais la housse parfois tous les jours. Que de souvenirs odorants.

homer5Mais voilà, maintenant j’ai un autre canapé. Un beau cadeau d’anniversaire (surtout que c’est moi qui l’ai choisi). Et comme c’était enfin le jour des encombrants, (et surtout que pour une fois j’y pensais à temps. D’habitude, c’est deux jours après), ce souvenir pesant du passé et de ma vie avec Lex a enfin disparu de mon salon. Ouf.

Prochaine étape : que Lex déménage enfin tout le barda qui traîne encore chez moi depuis qu’il n’habite plus ici. J’ai hâte.

L’engin tout dur de mon voisin

"Cet après-midi je me suis faite le voisin, c’est vraiment un dieu du sexe. Avec un super-gros engin, c’est formidable de s’empaler dessus, vivement la prochaine fois. Des photos de moi nue (ainsi que mon msn) en cliquant ici (et puis aussi l’histoire de mon aventure avec mon voisin bien membré". Voilà que Natacha se met à faire dans le racoleur et le croustillant pour faire la promo de son blog. Sans s’en cacher d’ailleurs : "Je ne suis pas sûre de bien maîtriser, mais c’est bien comme ça qu’on dit ici « venez sur mon site, il y a un nouvel article, ça faisait longtemps », non ". Il est grand temps que je réagisse. Que je me reprenne. Que je m’y mette, moi aussi, sinon je ne vais plus avoir un seul lecteur, je vais tomber dans les oubliettes du web : tout le monde sera parti lire les jeunettes qui racontent (ou pas) comment elles se font leur voisin. Ou bien comment elles torturent des petits jeunes. sauteurAlors voilà, faut que je vous raconte. Mon voisin aussi en a un long. Très long, et très dur. Et il n’hésite pas à s’en servir. Il me l’a raconté après.  Que de passion cachée chez cet homme qui lorsque je le croise, a ce regard bleu si tranquille. Quelle vigueur pour un homme de son âge ! Je lui inspire de telles pensées que le désir brutal lui vient de s’en emparer, de le dresser dans toute sa longueur, et de frapper le plafond avec. Un coup, un autre, encore un autre. Et les jours où les enfants ne font pas de bruit, je pense qu’il s’en sert juste pour balayer, comme tout le monde. Voilà ! Je n’ai plus qu’à surveiller mes stats, tout devrait rentrer dans l’ordre.

La visiteuse du soir

Tout était calme dans la maison lorsqu’elle a sonné à la porte. Normalement, quand quelqu’un vient sonner ou tocquer à cette heure-ci, et à l’improviste, c’est un voisin. Et un voisin, chez moi, ça ne vient pas à l’improviste apporter des fleurs. Ca vient râler.

Bon, ce n’est quand même pas arrivé souvent : une fois parce que Raphaël faisait un gros caprice à une heure du matin, et que le voisin demandait vertement qu’il arrête de crier (bon, moi j’étais en train de passer une des pires nuits de ma vie, j’étais debout depuis plus d’une heure, et moi aussi j’aurais bien aimé qu’il arrête, alors je n’ai pas pu lui donner satisfaction tout de suite). Une autre fois, vers l’heure du dîner, une voisine qui me faisait remarquer que ma poussette double n’était pas rangée dans le garage à vélo comme il le faudrait, c’était sans doute parce que je n’avais pas la clé? (non, c’était parce que même une poussette simple, c’était dur à passer dans ce garage là). Bref, une visite d’un voisin, c’est souvent des choses désagréables en perspective (bon, là, certains se demandent si je suis vraiment une bonne voisine. Nan, nan, c’est pas moi, c’est la faute des autres, comme d’hab. Je tombe toujours sur des voisins grinchons).

Oui, mais là, tout était super calme. Les deux schtroumpfs s’apprêtaient à se coucher, j’étais en train de leur lire "T’choupi a peur de l’orage". Ca ne fait pas de bruit, de raconter "T’choupi". Bon, c’est vrai que dans celui là, il y a des bruitages : le tonnerre et les éclairs qui font tacatam boumboum. Mais c’est quand même pas avec ma frêle voix que j’ai pu déranger mes voisins à l’oreille si fine, si ? Si ?

C’est pas possible ! Pourquoi moi ? Qu’est-ce qu’on me veut encore?

Je pose le livre. J’ouvre la porte. C’est bien la voisine. Celle du dessus.

Sauf qu’elle a une attitude bizarre pour quelqu’un qui vient se plaindre du bruit : elle ne me regarde pas, elle baisse même un peu la tête.

Et elle fait un pas en avant pour entrer chez moi.

Je la regarde et comprends en même temps qu’elle ce qui est en train de se passer. Elle lève la tête, toute gênée : "Oh, je me suis trompée d’étage…."

Au bout d’un an et demi, je pense que la glace est rompue entre nous…

Mode mod-all

1770Vous les puristes, vous qui ne jurez que par la dernière mode, ou, si possible, la prochaine. Vous qui tenez pour des ploucs ceux qui gardent leur mobilier d’il y a dix ans, qui affublez vos enfants de fringues griffées pour qu’ils puissent s’intégrer plus facilement à la maternelle. J’ai besoin d’un avis.

J’avais trouvé cette jupe, qui me plaisait bien. Un peu évasée à la base, plutôt fine en haut des jambes. Elle était un peu large au niveau de la taille, mais me plaisait quand même suffisamment pour que je retourne au magasin pour l’acheter, quelques jours après l’avoir essayée.

"Tu l’as achetée récemment, ta jupe? Parce que j’en cherche justement une comme ça, et il n’y en a jamais…"

Certes, certes, je suis flattée. Je suis tombée sur une rareté. Hé hé. En plus, j’ai pris une des dernières. Comment je me débrouille trop bien.

"… C’était très à la mode il y a 40 ans, et du coup, on n’en trouve plus".

Palsangué, j’ai comme un doute, là. Car la personne qui s’exprime ainsi n’est autre que ma mère. Et d’habitude, je ne flashe pas sur les mêmes fringues qu’elle.1820

Je me soucie finalement assez peu de la mode. Quand la mode me plaît, je la suis (un peu). Quand ça ne me plaît pas, je ne gaspille pas mes sousous durement gagnés à m’affubler d’oripeaux qui ne m’agréent point. Mais il y a des limites. Suivre (un peu) la mode des années 60 mettrait-il en péril cet équilibre entre la nécessité de ne pas trop détonner et celle de suivre son propre goût ?

Oui, mais justement, une mode d’il y a 40 ans ça peut revenir.

Alors, suis-je une plouc absolue, ou une avant-gardiste brillante qui suis déjà le prochain retour de mode?…

Du coup, je suis retournée au magasin pour lui reprendre la même, à sa taille. Ma maman et moi, on a la même jupe, et j’assume….

En réponse à une pensée du 13 novembre

Une séance de shopping a été immortalisée ici. shopping Je réclame un droit de réponse.

Moi : Tu veux qu’on aille voir un autre magasin ou celui là te va? C’est marrant, y’a des gens, y z’ont besoin de voir tous les magasins possibles et imaginables avant de faire leur choix pour un truc. Y peuvent y passer des heures. Moi, je vois un truc qui me plaît, ben en général je prends et basta.

Elle (avec un charmant sourire) : Cela s’appelle une évaluation singulière.

Une classification analytique des méthodes de shopping. On aura tout vu.

Ca m’apprendra à faire copine avec une enseignante, tiens !

(Le pire, c’est que j’ai demandé plus d’explications)

J’voudrais pas gréver (témoignage anonyme)

Les grèves, c’est horrible. Cela oblige à une vie de dingue. Avez-vous lu le témoignage émouvant d’Alyssa ? La malheureuse risque de se faire lyncher à chaque fois qu’elle déclare à autrui qu’elle habite à trois minutes à pied de son boulot.

Je souffre un calvaire, moi aussi.

Je dois aller au travail à pied. Vingt, voire vingt-cinq minutes de martyre : j’ai troqué mes escarpins contre des chaussures de sport qui certes, me donnent l’impression d’avoir chaussé des chaussons tout doux et me donneraient volontiers envie de prolonger la promenade, mais qui ne vont pas du tout, mais alors pas du tout, avec le reste de ma tenue. Esthétiquement parlant, c’est une véritable ordalie, disons-le haut et fort.Je suis ri-di-cule. Un scandale.

Hier soir, chez mon hôtesse, il a été décidé de commander des sushis, comme ça, arbitrairement, juste parce que j’étais là et que j’adore ça. Pour fêter ça, qu’elle a dit. Et bien vous n’allez pas me croire, mais ils étaient en retard. Au bout d’une heure, nous attendions toujours alors que la livraison devait prétendûment prendre trois quarts d’heure. C’est inadmissible.

En plus, j’ai été victime d’une tentative d’empoisonnement. Ce matin, au petit déj. Si, si. Innocemment, mon hôtesse me donne le choix entre trois variétés de confiture. Pour m’amadouer, elle me propose même de faire réchauffer un petit pain tout frais pour le tartiner. Le moment venu, je mords donc sans méfiance dans la tartine. Horreur ! Une odeur de moisissure m’envahit la bouche. Traîtresse de moississure qui s’est incrustée profondément au coeur de la confiote au lieu de rester à la surface…. c’est un complot. Voilà ce que c’est que de ne pas se renseigner sur la date de dernière utilisation du pot. J’ai donc dû me rabattre sur des céréales aux fruits rouges. Un vrai supplice.

Un point étonnant tout de même : c’en est fini, pour un temps, de mes nuits d’insomnie à être sollicitée par mes demi-clones. J’ai dormi des heures et des heures de suite, sur un convertible agrémenté d’une couette toute douce. Des heures, je vous dis !

Mes tourments ne sont pas terminés. Ce soir, mon hôtesse m’emmène faire un peu de course à pied. Vous vous rendez compte ? Après une journée de boulot ! C’est atroce.

J’espère qu’elle ne va pas déménager trop vite….