Votez pour moi…

Exclusif ! Voilà un scoop de choc, une info surprenante, un tournant où l’on ne m’attendait pas.

Je suis une future élue. Enfin, bon, au moins une future candidate. C’est presque sûr.

A peine arrivée chez eux, ils ont dû sentir en moi, instantanément, l’étoffe de la leadeuse, de la lobbieuse potentielle, de la créature au charisme puissant qui allait enfin pouvoir les représenter correctement. Toujours est-il que moins d’une heure après être arrivée parmi eux, ils m’ont quasiment suppliée d’être candidate pour les représenter aux prochaines élections. Enfin, heu, à peu près, quoi. Une demi-heure plus tard, une autre personne, certainement subjuguée par mon magnétisme personnel, me demandait si c’était bien moi la tête de liste.

Tout a commencé innocemment.

Je me suis juste invitée à leur Assemblée Générale, un peu parce que j’ai vu de la lumière (enfin… une affichette), un peu (mais alors très peu) par désoeuvrement, et surtout pour connaître un peu mieux comment que ça se passe, la vie de ma collectivité, et pis pour voir du monde. En plus, ça me faisait une sortie. Quand je vous dis que je mène une vie de dingue.

L’accueil a été immédiat et excellent. On m’a parlé de la cause, de la tâche à effectuer, des intérêts supérieurs qui nous guidaient, du manque tragique de vocations. Du fardeau si léger que représente, en définitive, l’aide que l’on me demande. Comment résister à l’appel du devoir?

Voilà ce que c’est, les syndicats de parents d’élève, quand ils repèrent une comme moi. Les parents de maternelle, paraît-ils, ne sont pas sensibilisés au fait que la petite section, c’est déjà le début de la scolarité, c’est déjà important, il faut déjà se mobiliser. Donc, quand ils en repèrent une, ils ne la laissent pas filer comme ça. J’ai donc de bonnes chances d’être candidate aux prochaines élections pour le Conseil d’Ecole.

Est-ce que ça veut dire que je vais me mettre à représenter aussi ceux qui veulent que leur enfant saute trois classes à deux ans et demi, qui paniquent si ils ne voient pas toutes les semaines progresser le "cahier d’acquisition des compétences" (une vaste blague destinée à rassurer les parents, à ce qu’il paraît), qui voudraient que leur enfant apprenne dès la moyenne section l’anglais, l’allemand et le chinois ? Peut-être. Pas trop, j’espère. Si j’en juge par ce que j’ai pu entendre, les actions menées restent raisonnables, basiques. Dans l’intérêt des petits. J’adhère.

Peut-être même que je vais finir par apprendre quelques trucs par ci-par là. L’ouvrir, par exemple. Il serait temps.

Leave a comment

Les commentaires sont fermés.